‹ Sous le clair regard d'AthénéChapitre 21 sur 47 · LE SILENCE · texte numérisé non relu

LE SILENCE

Nuit légère d'argent lumineux et de gel.

Où le silence seul emplit la solitude.

Et c'est une beauté particulière et rude

Qui fait près de Watteau surgir le vieux BreugheL

Implacable beau soir fleuri d'étoiles blanches,

Tu déroutes le cœur et blesses la raison.

Ici, l'on s'est battu : contemple la moisson

Des jeunes preux couchés comme de vertes branches^

Ils étaient le printemps de l'année et la fleur Dont le calice est lourd de semence féconde ; Trop purs pour s'attarder aux étables du monde. Ils ont mieux fait que vivre, ils sont morts à l'honneur.

N'est-il rien en cela, nature, qui t'attriste ? Tes astres seraient-ils frappés de cécité ? Je jette un cri d'horreur à ta froide beauté Où le silence seul obstinément persiste.

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