LE SILENCE
Nuit légère d'argent lumineux et de gel.
Où le silence seul emplit la solitude.
Et c'est une beauté particulière et rude
Qui fait près de Watteau surgir le vieux BreugheL
Implacable beau soir fleuri d'étoiles blanches,
Tu déroutes le cœur et blesses la raison.
Ici, l'on s'est battu : contemple la moisson
Des jeunes preux couchés comme de vertes branches^
Ils étaient le printemps de l'année et la fleur Dont le calice est lourd de semence féconde ; Trop purs pour s'attarder aux étables du monde. Ils ont mieux fait que vivre, ils sont morts à l'honneur.
N'est-il rien en cela, nature, qui t'attriste ? Tes astres seraient-ils frappés de cécité ? Je jette un cri d'horreur à ta froide beauté Où le silence seul obstinément persiste.