‹ Sous le clair regard d'AthénéChapitre 23 sur 47 · UN AMI M'A ÉCRIT · texte numérisé non relu

UN AMI M'A ÉCRIT

Nous avons accepté la mort, et la voici

Tout simplement, qui vient dans cette salle blanche

Où mon corps se gangrène et mon sang se noircit.

Des cloches au lointain bourdonnent. C'est dimanche.

Au jardin, par la porte entr 'ouverte, je vois

Des bouquets d'arbres blancs que la brise secoue

Et du lierre grimpant à la grille de bois.

Une ronde légère et bruyante dénoue

Et renoue, en chantant des refrains ingénus.

De lumineux enfants dont les mollets sont nus.

C'est juste. Nous passons, notre tâche finie. Le jour s'orne pour moi de paix et d'harmonie. Et je rends grâce au ciel d'égayer mon trépas De lumière chantante et de jeunesse douce. Adieu, ce que j'aimais ! Je glisse, sans secousse. Vers le fleuve éternel d'où l'on ne revient pas.

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