UN AMI M'A ÉCRIT
Nous avons accepté la mort, et la voici
Tout simplement, qui vient dans cette salle blanche
Où mon corps se gangrène et mon sang se noircit.
Des cloches au lointain bourdonnent. C'est dimanche.
Au jardin, par la porte entr 'ouverte, je vois
Des bouquets d'arbres blancs que la brise secoue
Et du lierre grimpant à la grille de bois.
Une ronde légère et bruyante dénoue
Et renoue, en chantant des refrains ingénus.
De lumineux enfants dont les mollets sont nus.
C'est juste. Nous passons, notre tâche finie. Le jour s'orne pour moi de paix et d'harmonie. Et je rends grâce au ciel d'égayer mon trépas De lumière chantante et de jeunesse douce. Adieu, ce que j'aimais ! Je glisse, sans secousse. Vers le fleuve éternel d'où l'on ne revient pas.