LES GLAIRES MAISONS
O les claires maisons de verts jardins encloses ! 0 soleil ! Le bonheur brille sur les toits roses. Il captive mes yeux qui n'ont, depuis deux mois, Vu la simplicité d'un accueil villageois. Une ronde d'enfants piétine l'herbe drue, Tous les murs sont encor debout dans la grand'rue. Au clocher l'angélus tinte ses derniers coups. Je vais au vent, le jour chante, le ciel est doux, L'eau verte d'im canal traîne sa nonchalance. O joie ! excès de joie ! ô pleurs ! divin silence !
Ai-je rêvé la guerre et mes nobles amis Ne sont-ils plus, là-bas, à jamais endormis? La mort autour de nous s'asseyait, familière, Et nous prenait, le soir, dans un baiser d'horreur. Aujourd'hui, c'est un bain d'eau vive et de lumière» Trop brusquement la vie a reconquis mon cœur. Elle bondit en moi, m'enivre, et j'aurais peur De sa force d'amour jusqu'alors inconnue. Si la nuit apaisante, au sourire indulgent. Ne répandait les fleurs de ses astres d'argent Sur le canal où dort l'eau frissonnante et nue.