‹ Sous le clair regard d'AthénéChapitre 36 sur 47 · LINSTINOT DE LA VIE · texte numérisé non relu

LINSTINOT DE LA VIE

Aimez la vie, et que vos mains, chaque journée, La couronnent de verts et flexibles rameaux. C'est nous seuls qui faisons nos peines et nos maux ; Nous fanons en un soir les roses d'une année. Que de soldats tombés près de moi ! Chacun d'eux Tourna vers le pays lointain de son enfance Ses yeux las de souffrir et ses bras sans défense. Tous aimaient à revoir, au long des champs herbeux. De blonds maïs, un frais jardin luisant, des branches Versant une ombre verte aux briques des vieux murs. Et des femmes, filant, rire de leurs dents blanches A de beaux enfants nus qui mordent des fruits mûrs.

Ils entraient dans la mort, mais leur âme rebelle Se tendait vers la vie et, se réclamant d'elle, S'y rattachait, en un multiple et vain rameau. Comme une jeune vigne au tronc d'un vieil ormeau.

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