VENDANGES
Les beaux adolescents pénètrent dans la vigne, Linos aux bras velus, Nylène au col de cygne, M5n:tile, Thalétas, et vingt autres encor. Front nu, des pampres verts ceignant leurs cheveux d'or. Le matin rit d'amour ; une flûte lointaine Joue un hymne léger en l'honneur de Silène, La terre en est émue, et les adolescents, Qui mêlent aux chansons de flûte leurs accents. Coupent les raisins bleus aux pentes de Corinthe, Un rire aigu s'élève : « O ce Linos !... » Etreinte Dans les deux bras velus ardents à la saisir, Et sentant sur sa joue un souffle de désir, ■ Nylène, délicate, en mordant se déUvre.
On applaudit. Linos, que cette lutte enivre. Rejoint la jeune fille et, d'un coup rude et prompt, La saisit par la taille et lui maintient le front. Oheveux épars, Nylène est comme une Bacchante. Et le faune Linos prend des grains d'alicante. Les écrase, et barbouille, avec leur sang vermeil, La face de Nylène étendue au soleil.