EN MARGE D'UNE RONDE
Fillettes, qui tourniez des rondes dans la rue, La saison revenue, allez encore au bois Couper les lauriers verts en une moisson drue. « La Belle que voici » viendra, comme autrefois. Ramasser leur dépouille en sa robe légère. Et toutes vous irez, en vous tenant les mains Et dansant au soleil — pour rire et pour nous plaire Vers les tombeaux sacrés qui bordent les chemins. Le sol tressaillira de joie à votre ronde. Et les adolescents, qui sont morts en guerriers. Préféreront aux fleurs des verdoyants lauriers Vos pas harmonieux effleurant l'herbe blonde.