‹ Sous le masque de "William Shakespeare": William Stanley, VIe Comte de DerbyChapitre 12 sur 43 · De Balz, o/). cit., p · texte numérisé non relu

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de la jouissance de mes maisons et châteaux de Nontron, Montignac et autres, la licence de mal faire et la témérité des turbulents accroît tous les jours pour entreprendre sur vos villes et places... »

Donc, la Guyenne ou Aquitaine est bien l'objet de toutes les difticultés pendantes. D'autre part, nous voyons que le roi de Navarre ne cesse de réclamer au roi de France le paiement des pensions qu'il a plu, dit-il, à ses prédécesseurs et à lui-même, d'ordonner sur ses finances et dont, quelque poursuite quil ait faite, il n'a que fort peu joui. Les affaires d'argent se mêlent ici intimement aux questions de juridiction.

Henri se trouvait dans la nécessité de recourir en même temps à Catherine de Médicis pouf échapper aux persécutions de Biron. Au mois d'août 1579, par exemple, le maréchal, sans l'agrément du roi de Navarre, mit des garnisons à Agen et à Villeneuve-sur-Lot, et força la petite cour à se réfugier à Lectoure, puis à Nérac. Déjà, en avril, les catholiques avaient surpris et saccagé la ville de Langon, qui se reposait sur la foi du traité de paix. Biron, accouru trop tard, n'avait trouvé rien de mieux que de faire combler les fossés et démolir les fortilications, en un mot de punir les victimes, dont les dépouilles furent transportées, à pleines barques, à Bordeaux. Henri se plaignait en vain au roi de France de ces dénis de justice. Il prenait patience, néanmoins, comptant ou affectant décompter sur la présence de la reine-mère, pour redresser tant de torts. C'est alors que le voyage de Catherine

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et de la reine de Navarre, sa fille, qui vivait à la cour de France depuis quel(|ue temps, fut résolu Le l""" septembre, Henri écrivait à Damville, en protestant contre les procédés abusifs de Biron : « J'espère que, à celte prochaine venue de la reine, il sera pourvu à une générale exécution de l'édit et à l'établissement d'une paix assurée. » Catherine en se décidant à accompagner sa fille, désirait « mettre fin aux troubles de Guyenne en allant examiner de sesyeux les forces des Réformés... ». Les deux reines espéraient réconcilier le roi de Navarre avec le représentant du roi de France dans hx province, le maréchal de Biron.

En dehors des négociations qui en constituaient le vrai motif, * le but apparent de ce voyage était, pour Catherine, de présider à la réunion de Marguerite avec le roi de Navarre. Henri ayant jugé que le séjour de sa femme en Guyenne et en Gascogne pourrait avoir quelque heureuse influence avait exprimé, par un message spécial, le désir de la revoir ' ».

Il ne saurait donc subsister aucun doute, après la démonstration présentée plus haut ; on a établi l'identité des deux voyages : celui de la princesse dans Peines d Amour et celui de Marguerite de Valois ; nous voyons maintenant avec certitude que le motif véritable de chaque voyage est le même. La résolution est amenée, d'un côté comme de l'autre, par la nécessité de clore les litiges pendants

1 De Hatz, op. cit.. p. J2i.

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entre les deux rois à l'occasion de l'Aquitaine. Nous sommes ici sur un terrain solide, réel, loin des hypothèses invraisemblables construites pour expliquer la pièce par un fait du commencement du xv° siècle, où l'Aquitaine ne joue aucun rôle et qui n'a absolument rien à démêler avec toute cette ambiance.

On connaît l'histoire de ce célèbre voyage. Les deux reines traversèrent la France avec une petite cour où l'on remarquait un groupe de jeunes femmes d'une élégance et d'une coquetterie extrêmes, baptisées du nom de dames d'honneur selon le cérémonial, et surnommées « l'escadron volant », parce que les souveraines les conduisaient partout où il s'agissait d'accroître, par leurs séductions, les ressources de la diplomatie '.

Elles furent reçues à Bordeaux par le maréchal de Biron, gouverneur de la ville et, en l'absence du roi de Navarre, lieutenant du roi en Guyenne, avec une grande magnificence. Il faut lire dans les chroniqueurs du temps le récit des étapes de cette promenade mémorable, jusqu'à l'arrivée à Nérac. Toutefois, les difficultés engendrées par les troubles de la province ne s'atténuèrent pas (incidents et prises de La Réole, Fleurance, Coutras, etc.).

« D'Auch, les deux reines allèrent s'établir à

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