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PEINES d'amour perdues 97
Nérac, où Catherine et sa fille séjournèrent plus longtemps que dans aucune autre ville de Guyenne ou de Gascogne. (Vêtait là cjue la reine-mère avait résolu de livrer au roi de Navarre et à ses partisans une vraie bataille de diplomatie et de galanterie pour dompter les indépendances huguenotes. Ne prétendait elle pas que les lenteurs des négociations n'avaient pour cause que le désir de voir plus longtemps ses filles? Tous les jeunes seigneurs protestants étaient affolés par ces alVriolantes dompteuses de cœurs qui avaient, dit Brantôme, leur libre arbitre pour être religieuses aussi bien de Vénus que de Diane. « L'amour, écrit Sully, qui, jeune alors, apprenait dos pas de danse à 1 école de Catherine de Bourbon, l'amour était devenu la chose la plus sérieuse de tous les courtisans. Le mélange des deux cours... produisait l'effet qu'on en devait attendre. On se livra au plaisir, aux festins et aux fêtes galantes, ne nous amusant tous qu'à rire, danser et courir la bague *. »
Ainsi s'éconla le printemps de 1570, Catherine circulant de ville en ville, le roi et la reine de Navarre ayant leur q'iartier général à Nérac. « La cour de Navarre, dit encore Sully, parlant du même moment, y fut un temps fort douce et plaisante. On n'y parlait que d'amour et des plaisirs et passe-temps qui en dépendent. » — « La reine de Navarre, raconte à son tour d'Aubigné, eut bientôt dérouillé les esprits et fait rouiller les armes. Elle apprit au roi son mari qu'un cavalier