‹ Sous le masque de "William Shakespeare": William Stanley, VIe Comte de DerbyChapitre 27 sur 43 · Scène 1" de l'acte IV, dans la foret des Ardennes · texte numérisé non relu

Scène 1" de l'acte IV, dans la foret des Ardennes

Jacqi;es. — Cela est vrai, et j'aime mieux être ainsi que d'humeur joyeuse.

lîosAi.iNDE. — Ceux qui sont à rexlréuiilé de l'une ou l'autre humeur sont des gens abominables et s'exposent plus que les ivrognes à la censure publique.

Jacques. — Morbleu ! il est bon d'être triste et de ne rien dire.

IlosALiNor. — Alors il est bon d'être un poteau.

Jacql'iïs. — .le n'ai ni la mélancolie du savant qui vient d'émulation, ni celle du musicien qui vient de caprice, ni celle du courtisan qui vient tl'orgueil, ni celle du soldat qui vient d'ambition, ni celle de l'homme de loi qui est politique, ni celle des femmes qui n'est que mièvrerie, ni celle des amants qui est toutes les autres ensemble. La mienne est une mélancolie qui m'estpropre, composée d'une foule d'essences extraites d'une foule d'objets; ce sont les spectacles variés contemplés durant mes voj/ages qui, ruminés sans cesse par ma pensée, m'enveloppent dans une tristesse très originale.

lîosALiNDE. — Un voyageur ! ma foi vous avez grande raison d'être triste. Je crains que vous n^tyez vendu vos propres terres, pour voir celles des autres '.Avoir beaucoup vu et ne rien posséder, c'est avoir de riches yeux et de pauvres mains,

jACQt i\s. — Oui, j'i/ ai gaffiic mon expérience.

RosAi.iNDiî. — iîlt votre expérience vous rend triste: j'aimerais mieux avoir une folie qui me rendît joyeux (ju'une expérience qui me rendît triste ; et voyager pour cela encore !

l'entre Or l an do.

Orlando. — Bonjour et bonheur, chère Rosalinde! Jacqies. — Ah bien ! si vous parlez en vers blancs, Dieu soit avec vous !

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