‹ Sous le masque de "William Shakespeare": William Stanley, VIe Comte de DerbyChapitre 32 sur 43 · Nous en indiquerons plus loin quelques-uns · texte numérisé non relu

Nous en indiquerons plus loin quelques-uns

2. Le Songe est, à certains éçards, une sorte d'hymne à la "uit; j'y ai compté plus de soixante passaj^es évoquant la lune et sa douce lumière, les étoiles et les sphères célestes et les jeux de lumière du ciel. Le charme des ombres, des heures nocturnes, de leurs parfums et de leur silence, comme aussi celu de l'aurore n'ont jamais été décrits avec plus d'amour. Cette féerie est la fête de la nuit en même temps que celle du clair (le lune. Celui qui l'a conçue était un fervent des spectacles de lu voûte étoilée.

;t. (]et étrange personnupe fut par la suite condamné à Lau- «astre, et mis au pihjri.

1 II s'agit seulement du G" livre ; les cinq livres précédents existent en manuscrit au Brilish Muséum. Ce {,Mund dépôt co»tient toute une série d'autres manuscrits de Dco (voy. Nat bogr,, t. XIV, p. 279,.

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de constater que Fange ou génie que Dee prétendait évoquer et qui tient une place essentielle dans toute cette étrange production s'appelait Uriel. Son nom revient constamment dans ce volume, où il apparaît comme l'agent principal des opérations magiques de John Dee. Gomment les critiques n'ont-ils pas signalé la singulière ressemblance de nom et d'attribution qui existe entre Ariel, l'esprit qu'évoque Prospero, et F Uriel du magicien anglais, contemporain de Shakespeare et familier du comte de Derby ? Uriel avait été, tout au début des opérations magiques de Dee, précédé par un autre ange ou génie appelé Anael. Peut-être y a-t-il eu combinaison des deux noms.

Le nom d'Ariel, qui est, on le sait, d'origine hébraïque, se trouve dans l'Ancien Testament au moins cinq fois *. J'ai étudié attentivement tous ces passages: il est impossible d'y découvrir le moindre rapport avec l'Ariel de La Tempête. Les rapprochements qui ont été faits avec le texte d'Isaïe ne comportent aucune vraisemblance. Constatation intéressante : le nom d'Ariel n'est nulle part donné à un ange ou à un démon. Par contre, ce qui doit

1. Les commentateurs que j'ai consultés ne citent qu'une seule mention. Furness, The Tempest, p. 6-7 en cite deux, d'après deux éditeurs différents. 11 y en a en idéalité cinq, que voici : Nombres XXVI, 17 ; 1 Parai. XI, 22 ; 1 Esd. VIII 16 ; /saie, XXIX, 1-7 ; Ezech. XLIIl, 15-16. Le rapprochement fait par Malone et d'autres avec le texte d'Isaïe est inadmissible; ilcomporteuneerreurdetraduction.il n'a jamais été question d'un esprit familier dans le texte d'Isaïe (verset 4) ; Ariel est un nom qui désigne Jérusalem dans ce passage, d'une façon d'ailleurs obscure. Voir la trad. d'Ed. Reuss.

retenir rattention, le nom d'Uriel, l'ange de John Dee, est appliqué à un anp^e dans le IV' livre d'Esdras où Dee l'a pris, et cet ang-ejCjui tient une place essentielle dans la première vision apocalyptique dont ce livre nous apporte le récit, remplit précisément le rôle d'intermédiaire entre la Divinité (Altissimus) et Esdras '. 11 lui révèle les secrets du Très-Haut. Uriel répond, en somme, à l'appel d'Esdras, comme l'ange qui porte le même nom répond aux évocations ou incantations magiques de John Dee, et Ariel à celles de Prospero. On peut se demander si l'auteur de La Tempête n'aurait pas tout simplement adopté ce même nom d'Uriel, en le transformant parle changement de la lettre initiale, afin d'éviter de mêler à une œuvre théâtrale, dont la magie formait le cadre, un nom authentique d'ange, bien connu de lecteurs de la Bible, si nombreux en Angleterre.

Ce fut vingt-cinq ans après La Tempête que le nom d'Ariel se trouva appliqué îi un ange, l'un des sept princes d'anges ou esprits qui président aux eaux sous Michel l'archi-prince, dans The kierarchy of thc blessed Angch de Thomas Heywood% ouvrage publié en 1G35 par un ancien

1. IV» 1. d 'Esdras, chap. IV à X; Uriel est nommé spécialement dans IV, 1, V, 20, X. 28, mais l'ange qui apparaît et qui parle dans les chapitres IV à Xcst toujours Uriel. Les livres III et IV d'Esdra3,qui figurent dans tant de manuscrits et d't^ditions de la Uible, avant le concile de Trente .n'ont pas été compris par ce concile parmi les livres canoniques, mais U-s Bibles latines, parues depuis, les donnent, en général, après l'Apocalypse. L'ange Uriel ligure dans le Mf/slère de la l'assion de Greban.

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