Montégut, Œuvres de Shakespeare, X, p
quelque rapport avec ce fait que l'île de Man avait été le principal enjeu des dissensions familiales qui venaient de se terminer, entre William, d'une part, et la comtesse douairière de Derby et ses lilles, de l'autre. Cette longue lutte, qu'avait enlin clôturée un arrangement favorable aux droits du comte, qui restait souverain de l'île de Man dont ses adversaires avaient voulu le déposséder, aboutissait ainsi, comme dans La Temprtc, à une réconciliation générale. Prospero oublie les torts de ses ennemis, comme William ceux des représentants féminins de la branche aînée, qui avaient failli compromettre par leurs revendications excessives le prestige et la situation extérieure du chef de la famille. Il rentre en possession de son duché, comme William recouvre les principaux droits et biens attachés au titre de comte de Derby et que la famille de son frère défunt avait ienté de lui enlever par toutes sortes de procédures. Si on ajoute cette ressemblance de situation à celles que nous avons déjà signalées, on conviendra que les points de repère s'ajoutent les uns aux autres et qu'ils nous conduisent tous vers une même et unique conclusion '.
1. Ce n'est point par hasard que La Tempêté figure en tôte de l'édition in-folio de Mà'l'i. C'est l'auteur lui même qui l'a fait figurer ainsi au seuil de la première édition collcclivc de ses œuvres. Il considérait cette admirable pièce comme etprimant la quintessence de sa pensée et, bien qu'elle fût sans doute sa dernière production, il voulut en faire comme une introduction à son œuvre, comme le programme, en quelque sorte, de sa conception de la vie et du monde. Qui ne voit là une intention très évidente ?