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LA BÊTE NOIRE

A Pierre Quillard»

« Dieu le j:êre inspirateur,

c Dieu le fils soutien de l'œuvre,

< Dieu le Saint Esprit sanctificateur,

» Le curé de la joaroisse, gérant manœuvre,

» Son ange gordien, trésorier-quêteur, »

(La Choix, 8 février 1893).

On prête à M"' Lockroy un mot — un regret — que j'espère authentique :

« — Si Victor Hugo était là... ! »

Oui, certainement, il s'occuperait moins

de la marine, et davantage de ce qui passe sur la terre ferme.

— Si Victor Hugo était là !...

C'est bien simple, il serait avec nous, et de son vers de feu, une fois de plus, il marquerait la Bête noire.

— Le cléricalisme^ voilà Vennemi ! — il est temps de le répéter, à Theure où la pensée libre subit le formidable assaut de la Bête noire.

Car il n'y a pas d'erreur possible.

L'antisémitisme, c'est le cléricalisme.

Nous assistons à une croisade masquée, contre la Révolution, de toute l'Eglise qui fît l'Inquisition, la Saint-Barthélémy, toutes les guerres religieuses.

Et c'est une monstrueuse guerre d'argent. En effet, à la fortune des Juifs, on ne peut opposer que la richesse des congrégations.

Si les cléricaux s'élèvent si fort contre la loi d'accroissement, ce n'est pas pour le maigre impôt dont on les charge,

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mais à cause de la publicité donnée par renregistrement à leurs énormes trésors.

Ah ! pour des gens assurés de réternité de l'au-delà, ils ne négligent pas les jouissances d'ici-bas.

Depuis quelques années» ils nagent dans le paradis.

Ils ont regagné, par Drumont, le ter-, rain que la République leur avait fait perdre.

Aussi, lui sont-ils reconnaissants, — et j'ai, sous lés yeux, des livres à l'usage de la jeunesse, dans lesquels on renvoie les enfants à la lecture de la France Juive ^ de la Fin dun monde, de la Dernière bataille^ avec l'approbation du cardinal Desprez, archevêque de Toulouse, de l'abbé Fages,^ vicaire général de Tarchevèché de Paris, de Mgr Coste, évéque de Mende, de l'évêque de Rodez, de l'évèque de Saint- Flour, etc., etc.

Cependant, 1*^8 frv.x^ '•elles de province

'— et celle de Paris, quotidienne — ne demeurent pas inactives.

L'imprimerie de la rue François ?', sous la direction du Père Bailly, sans trêve, sans morte-saison, compose Tinjure et la diffamation à l'adresse des ennemis de la religion :

Ponr attirer les sots qui donnent tdte-béche Dans tous les yils panneaux du mensonge immortel. Vous avez adossé le tréteau de Bobèche Aux saintes pierres de l'autel.

Vous vous croyez le droit, trempant dans l'eau bénite Cette griffe qui sort de votre abject pourpoint. De dire : Je suis saint, ange, vierge, et jésuite, J'insulte les passants et je ne me bats point.

Regardez, le voilà ! son journal frénétique Plaît aux dévuts et semble écrit par des bandits. n fait des fausses-clefs dans l'arrière -boutique Pour la porte du Paradis*

Des miracles du jour, il colle les affiches; Il rédige l'absurde en articles de foi ; Piiaiisien hideux, iî trinque avoc les riches, !i}t dit au pauvre : ami, viens jeûner avec mol

Tout jeune, il contemplait, sani gite et sans talise. Les sous-diacres coi fiés d'un feutre en lampion ; Vidocq le rencontra priant dans une église.

Et, l'ayant tu loucher, en fit un espion !...

Le mot d'ordre de la Croix est celui-ci»

dans un récent numéro :

H Prêtres et fidèles, prions plus que jamais^ sans oublier Vaction. »

L'action se traduit par un appel perma* nent à la caisse.

Gomme le Figaro publie la Petite Correspondance des Rlles et de leurs amants, la Croix opère la relape des messes.

On offre « un cadeau au Saint-Père pour ses noces de diamant ». Et, pour démontrer, sans doute, que le clergé ne s'ingère pas dans la politique, on imprime des amorces comme ceci :

c Le comité de la bonne presse de Millau se charge de faire acquitter six messes ; trop heureux de contribuer dans la mesure de ses faibles ressources à conî^nler le Saint Père. »

«Je célébrerai cinq messes pendant le mois de février. Puisse votre appel être entendu et bien accueilli par tous les fidèles de France et attirer sur notre patrie tes bénédictions du ciel à l'approche des élections. »

« Nous continuons à publier au Supplément la suite de la liste complète des souscripteurs. »

Cependant, tout auteur dramatique subit un prélèvement injusiiciable, sur les recettes ; cela s'appelle le droit des pau^ vres.

Cependant, tout journal qui promet des primes, une loterie, à ses lecteurs, est poursuivi, et on lui interdit toute tentative de ce genre.

Seule, plus que par Dieu, la Croix est protégée par nos gouvernants : elle peut délivrer à ses abonnés de l'eau bénite, sans payer d'entrées ; des dispenses et des indulgences, sans contrôle du fisc.

D^ailleurs, pourquoi sénateurs et dépu-

tés n*auraient-îls pas été touchés de Tinfluenza déprimante que ron a pu constater en littérature et en art?

Dans raffaissement des esprits, ne venons-nous pas d'être spectateurs d'une morbide renaissance du scepticisme. NV t-on pas proclamé la faillite de la science, à son aurore — alors qu'il fallait proclamer la faillite de la prière, impuissante désormais à bercer l'univers !...

Tout de même, dans les livres et les tableaux décadents, le lys a fleuri, l'encens a fumé devant le vitrail gothique — et les rouleuses de Montmartre copièrent les vierges de Memling !

Et ce fut la mode, chez les démocrates parvenus, de confier leurs enfants aux établissements cléricaux, fournisseurs de l'armée, de la flotte et des grande» administrations : 1 autre jour, en récréation, dans un pensionnat religieux, on brûlait un mannequin représentant le capitaine Dreyfus : la ronde des gamins, tournant

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autour de cet au-to-da-fé, sous l'œil des prêtres, était mené par le fils d'un bon député radical.

La Bête noire !

Gela n'existe que dans Timagination de quelques francs-maçons idiots» prend-on l'habitude de répondre 1

Toute licence aux curés et à la Société de Jésus donc l

Qu'ils raflent l'or de la France, qu'ils ruinent renseignement laïque, qu'ils égorgent les Juifs I

A bas les Juifs — tous cosmopolites.

Vivent les Jésuites — sans-patrie» de par leur institution même 1

C'est bizarre !

Mais quel besoin avez-vous de comprendre — puisque nos représentants, républicains, vous affirment que les choses vont bien ainsi.

Vous et moi ne comprenons rien à ce recul de l'opinion, à cette marche en avant de la Bè te i.oire ?

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Qu'importe !

Eux savent ce que c'est 1

Vous jugez qu'ils ont déchaîné une guerre de religions ?

Pas du tout.

En langage parlementaire, ça s'appelle :

la politique d'apaisement.

nOMMAGE A ZOLA

A Ernest la /nmeise.

La chance permet que je puisse apporter â Emile Zola, à travers Tinfamie courante — galopante — de ces dernières ^semaines, de nouveaux et précieux témoignages de sympathie et d'admiration, latents jusqu'à présent, et qui veulent se ïnanifester indubitablement aujourd'hui.

Encore une protestation « d'Intellectuels ? »

Gela suffît à la ridiculiser, par avance, aux regards des Arthur Humbert et des Alphonse Meyer. Mais, continuons à croire

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que cela gêne plutôt ces sorties de bagne et d'alcôve louche, l'ancien Père Duchéne et le vieux bon à tout faire des noceuses de l'Empire.

Les intellectuels, que Maurice Barrés, en partance pour l'Afrique électorale, diminue de moitié pour donner part entière au compère Judet magnifié, « grand écrivain national », les demi-intellectuels ne ise troublent pas si vite.

Us ne s'arrêtent pas aux injonctions des assommeurs de la rue, des brigades de l'officier de paix, G. Thiébaut, ou des chefs de claque comme M* Jules Auffray, secrétaire de M. de Mackau, qui assurait à Du Paty de Clam des places pour ses cohortes en civil: ainsi, l'on expédiait des officiers cour huer Labori, par ordre ; pour huer ^ola, par ordre ; pour intimider le Jury par ordre, — et avaient-ils des ordres, aussi ? pour menacer les assistants d'un autre avis « de leur passer un sabre à travers le corps ? »

D'ailleurs, ne nous plaignons pas trop de ces façons policières ; elles ont excité des esprits indifférents, poussé à réfléchir des milliers de citoyens qui voulaient se tenir en dehors de ces débats forcenés.

Mais, passons, que je vous dise mon affaire.

L'autre soir, dans une réunion intime, on discutait sur la manière de rendre hommage à Zola, pour sa courageuse et superbe campagne ; il se produisit les idées les plus diverses : quelqu'un flt observer raisonnablement que le fait d'une manifestation d'ensemble ne devait pas empêcher les initiatives particulières : c'était la sagesse même : s'accorder tous sur une manière de nous solidariser avec le Maître ^ et ne point se priver, ensuite, d'agir chacun à sa guise.

Je Tai fait> pour ma part — et je ne doute pas que le résultat ne soit sensible à Emile Zola.

Des journaux comme V Eclair^ le Gaulois^

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le Figaro, VEcho de Paris^ le Journal — les feuilles du Syndicat Esterhazy — ont mené la campagne la plus perfide, la plus vile contre Emile Zola.

Est-ce que la masse des poètes et des romanciers, façade honnête et pure derrière laquelle s'abritent les propriétaires et commanditaires de ces papiers, est-ce que la majorité des écrivains français pouvait se ruer ainsi — comme un seul homme, contre un seul homme, — sur Thomme de lettres glorieux, devenu le défenseur sublime de nos libertés, et de nos traditiofns révolutionnaires I

Non.

Et pourtant, c*est ce que les Sabatier»

les Périvier, les Meyer. les Simond, les Xau ont tenté de faire croire, ont réussi à faire croire à la foule.

On a remplacé, momentanément, par des rédacteurs du Ministère de la guerre, — et de la Préfecture — les chroniqueurs ^t les conteurs habituels.

Pourcjboi toute cette élite ne s'est-elle pas insurgée ?

Eh, parce qu'elle est liée par des traités, et la nécessité de vivre ; parce que nous n'avons pas entre nous la cohésion qui permettrait la grève !

Il faudrait la mine aux mineurs — les journaux eMx journalistes : nous ne sommes que des/oMma/eerA-, à la merci du directeur qui passe, de ses fils et de ses maîtresses ; fils de famille ou parvenus, financiers, tripoteurs^ on ne sait quoi !

nous tous, quel avilissement I

Toute la rédaction littéraire de Y Echo de Paris s'est tue — d'impuissance, étranglée par les Simond.

D'un coup de téléphone, on a commandé, aux Baûer, aux Descaves, aux Anatole France, aux Séverine, le silence.

Nos confrères, Edouard Conte, Giaston Stiegler ont refusé de faire le Palais, en de telles conditions. On a servi du Lepelletier et du Bonnamour. ; ;

Il faut que le public apprenne toutes ces choses dans le détail.

Il faut, par exemple, que les lecteurs du Figaro f sachent que Périvier a étouffé les indignations des Albert Bataille, des Jules Huret — et rendu muet Emmanuel Arène — pour donner la parole à un Maurice Talmeyr-la Frousse — de lâcheté proverbiale — qui écrivait en 1880, ceci:

a II y a, dans la magistrature, des ma»

« gistrats qui, au lieu de n'avoir souci que (( de soumettre équitablement aux lois tous « les intérêts particuliers^quels qu'ils soient, « n*ont souci que de soumettre les lois à c< certains intérêts particuliers et n'occu- « peut ainsi un poste dans les tribunaux « que pour y protéger certains justiciables.

« Où vont, le plus souvent, prendre leur c mot d'ordre, ces juges qui devraient « rendre la justice au nom du peuple et qui « la rendent contre le peuple ?

« Ils vont la prendre chez les jésuites.

«Il y a, dans Tarmée, des officiers, pour

« qui le véritable chef n'est ni le colonel, « ni le général, ni le ministre qui les com- A mande, mais le prêtre qui les confesse; « dont la véritable patrie est Rome ; dont le a véritable ennemi est la République, et qui ( vivent pour deux grandes guerres : la « guerre qui rendrait sa couronne à la Pa- «rpauté, et la guerre qui noierait dans le c sang la Démocratie.

« De quelles écoles, presque toujours, € ces officiers sont-ils les élèves ?

« Ils sont élèves des jésuites.

«Il y a ainsi, dans la société, une société « qui n'admet pas de lois communes et ne € vit pas de la vie commune..., une société c aux yeux de laquelle Voltaire, qui a dé- « fendu Calas, est un monstre, et Pie V,qui ca.fondé Tlnquisilion, est un saint..., une a société qui, dans un siècle où toutes les a voix autorisées ont parlé en faveur du « respect de la vie humaine, a la nostalgie « des Saint-Barthélémy ; une société pour « qui Fesorit humain est coupable de ne pas

« se tordre dans îel^achitisme catholique. »

Voilà le chef d'équipe de Périvier — voilà rimpeccable défenseur de Tarmée et de la religion, — voilà l'auteur des Propos indépendants;- au Figaro !

Ah ! que de tristes confidences, çà et là, j^i reçu de nos camarades ligottés par les directeurs vendus, en quête de fonds secrets et de croix !

Mais, voici, tout de même, qu'il m'est venu un peu d'appui et de réconfort — du Journal.

C'était trop violent — aussi.

Notre directeur, Fernand Xau, qui, tout d'abord, s'était précipité chez Zola pour le supplier de donner au /o2/ma/ plutôt qu'au Figaro — à n'importe quel pîix, ses lettres sur l'affaire Dreyfus ; Pernand Xau, qui a publié le contrat de mariage et les lettres d'Estherazy, pour démontrer que l'écriture du Hulan était celle du bordereau? Fernand Xau, tout d'un coup, change de face griffonne sur Zola, son collaborateur, quel-

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ques lignes stupéfiantes : il n'est plus avec Zola!

Pour une fois que vous étiez en bonne compagnie, mon cher Xau ! !

Et, après ces quelques lignes, ce sont des articles, dans le GilBlas^ dansle/otfr* nal — où Xau, désavouant, réprimandant, conseillant, corrigeant Emile Zola, aggrave son attitude de palinodie et d'inconscience.

J'attendais, contre cette aberration, la protestation immédiate de tout ce qui a un nom au Journal.

Je l'ai, aujourd'hui.

C'est l'hommage que j'apporte à Emile .

Zola.

J'avais écrit à mes maîtres, et camarades du Journal.

« Ne pensez-vous pas qu'il serait décent de ne pas nous associer à Xau dans sa campagne contre Emile Zola, notre Maître, collaborateur et ami ? Je vous demande donc de signer l'adresse ci-jointe; Hommage à Emile Zola.

Le texte de Tadresse était :

Les soussignés prient Emile Zola (T agréer rassurance de toute leur sympathie et de f.oute leur admiration^ pour ses généreux efforts dans une cause où se trouvent engagées les destinées de la Liberté et de la Répu^ blique.

Il ne me reste qu'à publier les signatures que j*ai reçues :

Catulle Mondes.

Octave Mirbeau.

Gustave Gefîroy.

André Theuriet.

Jean Riehepin.

Alphonse Allais.

Tristan Bernard.

George Auriol.

Ernest La Jeunesse.

Maurice Donnay.

Eugène Lintilhac.

George Ohnet.

George Courteline.

Emile Bergerat.

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Paul Adam.

Auguste Marin.

M*"' J. Marni.

Séverine.

Maurice Montégut.

Michel Corday.

Hugues le Roux.

Marcel Prévost.

Maurice Leblanc.

Sans doute, les Pollonnais et les Drumont, et les Millevoye, et les Rochefort jugeront que ça n'a pas d'importance.

Des intellectuels 1

Quel triomphe pour Esterhazy ! Voilà où nous en sommes — à nous glorifier de la poignée de main des intellectuels !

Malgré tout, je ne suis pas mécontent de l'hommage que je puis transmettre à Emile Zola.

Le Maître s'en réjouira, d'autant plus que cet envoi comporte une signification plus haute, plus noble que celle d'un de

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voir vis-à-vis du grand écrivain, outragé, vilipendé ignoblement.

Cette adresse dénonce la révolte d'hommes las d'abdiquer leur cerveau au profit des marchands d'opinions, des fabricants de journaux.

Cela présage un réveil des écrivains, menacés dans leur liberté de penser et d'agir.

Avec des hommes libres, la presse peut redevenir indépendante.

J'en constate, tout heureux, un sûr indice, dans l'hommage des romanciers et des poètes du Journal à Emile Zola *.

A. Cette liste parue dans les Droits de Vhommê était apocryphe.

II suffisait de relever dans cette nomenclature îro« nique les noms des Theuriet, des Hugues Le Roux entre autres — pour s'en apercevoir...

L'adresse que mes collaborateurs au Journal n'ont pas signée — par la seule raison que je ne la leur ai pas proposée, de fantaisiste qu'elle se trouvait hier, se réalise aujourd'hui comme j'avais voulu.

Bt ce ne sont plus les Droits de l'Homme, e'sst U

JoumaX même de M. Fernand Xau, qui traiitinet cet hommages à Emile Zola.

Personne n'a signé — mais tous expédient à M. Fernand Xau la lettre qu'il fallait attendre d'écrivains indépendants :

De Catulle Mendés : « J'ai pour mon illustre con* frère et ami Emile Zola la plus vive admiration... »

On ne vous l'envoie pas dire, ô Xau !

De George» Ohneti « J'ignorais la protestation des Droits de l'Homme. Je ne l'ai pas signée par l'excellente raison que je ne savais pas qu'elle fût faite... »

De Maurice Montégut : « Tout en réservant mes opininions personnelles, en maintenant mon admiration pour Zola... etc. »

De Michel Cordayi « J'ai la plus grande admiration pour Emile Zola... »

D'Alphonse^ Allais : « J'ai mon idée sur tout ça... mais c'est mon affaire. »

D'Eugène Lintilhao : « Pour ou contre M. Emile 2o)a, ou tout autre, Je n'ai rien signé, rien écrit... Pénible m'a peut-être été le silence... »

De Tristan Bernard : « J'ai déjà affirmé et j'affirme* rai, chaque fois que j'en aurais l'occasion, la haute admiration que j'ai pour le talent et les généreux eiforts d'Emile Zola. »

D'Auguste Marin : » Si l'on m'avait demandé d'adresser le témoignage de mon admiration à Emile Zola, je l'aurais fait avec empressement. »

MM. Riehepin et Ernest La Jeunesse se contentent et répondre qu'ils n'ont pas signé.

Les sentiments de M, La Jeunesse sont publics ; il n'y

a qu'à voir son journal Ouste, dirigé contre les Forain et les Caran d*Ache du syndicat Esterhaxy.

D'autre part, il y a des silences éloquents et probants ; de Mirbeau, Oeffroy Séverine, Bergerat.

Et l'opinion de Maurioe Donnay n'est pas douteuse — à qui M. Xau a refusé un article sur Taffaire Dreyfus. Voilà un plébiscite dont M. Xau n*a pas à se montrer fier !

Et M. Xau n'ignore pas non plus la pensée de MM. Auriol, Courteline, Prévost, et de M»* Marni.

J*ai donc, jusqu'à présent, à retrancher seulement deux noms de ma liste imaginaire : ceux de Theuriet, de Le Roux.

M. Hugues Le Roux écrit : « M. Zola a des amis bien maladroits. Ils nous obligent à dire que l'on a très cyniquement abusé de nos noms... »

Il n'y a vraiment que M. Hugues Le Roux qui ait pu se méprendre sur nos intentions. Pense-t-il que personne ait pu croire à l'authencité de sa signature dans un do» cument sans autre profit immédiat que de se brouiller avec un journal puissant ! Allons donc ! Et le chérubin élyséen, l'officier de la Légion d'honneur de la promo tion qui compte Sabatier et Pollonnais dans ses chevaliers ose parler de c cynisme » à propos d'une simple fantaisie de chroniqueur.

C'est de l'audace de la part de M. Hugues Le Roux, sorti jadis du Figaro dans des conditions plutôt pénibles : M. Hugues Le Roux était parti pour l'Allemagne interviewer Bismarck : il publia le récit de son entrevue ~- qui fut démentie aussitôt. Jamais M, Le Roux n'avait été reçu par Bismark. C'était un faux. M. Henri

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des Hoaai, je crois, dénonça le scandale, dans le Matin, Et c'est ce monteur de coup qui traite de maladroits les amis de Zola I Nous estimons leur maladresse préférable au trop d*habileté de cet excellent confrère presque pas cynique.

Enfin pour conclure :

J'avais affirmé que la majeure partie de la rédaction littéraire du Journal réprouvait certaineméntles articles de M. Xau, inconvenants, vis-à-vis de Zola.

Il me semble que les lettres mômes publiées par le Journal ne laissent aucun doute là-dessu8«

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