UNE NUIT
Hommes et femmes sur la route, Ainsi qu'un convoi d'émigrants, Passent. 0 mon enfance, écoute Ce qu'ils te disent en passant !
Ils te disent: « Il vente ; il neige ; Il n'y a plus rien à manger. »
Déjà leur lugubre cortège S'efface dans l'obscurité...
Ne les blâme pas, s'ils te cachent D'où ils viennent et où ils vont, Bien qu'il faille, hélas ! que tu saches Et qu'ils sont nés et qu'ils mourront.