‹ Sous les lauriersChapitre 3 sur 24 · DÉSIRÉ NISARD · texte numérisé non relu

DÉSIRÉ NISARD

décadence ? Allons-nous subir la seule didaile irréparable, celle qui livrerait à d'autres notre maitiise intellectuelle? Et l'historien n'a pas de peine à nous communiquer l'anxiété' qui le persécute. Elle hante chacun de nous, depuis notre première lecture sur le déclin de la Grèce et de Rome, depuis le premier regard que nous avons jeté sur les mutations du langage et des idées dans notre temps. Après les affres du doute religieux, il n'en est pas de plus poignantes que celles de ce doute patriotique. On peut leur appliquer ce que Pascal disait des autres : « 11 « ne s'agit pas ici de l'intérêt léger de quelque « ])ersonne étrangère; ils'agit de nous-mêmes et « de notre tout... C'estune chose qui nous importe « si fort, qui nous touche si profondément, qu'il « faut avoir perdu tout sentiment pour être « dans l'indifférence de savoir ce qui en est. » — N'espérons pas nous dérober au problème ; il empoisonne toutes les joies de la pensée; il allriste jusqu'au sourire que nous apportent les eulants; on ne le résout pas en constatant que l'arlicle-Paris, même celui du libraire, se place encore avantageusement au dehors ; et je ne crois pas (|uil faille cacher nos craintes par fausse lion le. Les jdaies cachées son! niorlclles,

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on n'a cliance do los iïiiérir qu'en y plongeant la sonde. Mais peut-être trouverons-nous des raisons de nous rassurer en nous penchant, avec M. Nisard, sur ce qui fui le thème constant de ses méditations.

Nourri des lettres grecques et latines, il cherchait de préférence les analogies de ce côté ; et il s'etTrayait à bon droit en observant dans ridiome, dans la pensée, dans la poésie de ses contemporains, des lois de déformation toutes sembhibles à celles qu'il avait relevées sur la })ente des déchéances antiques. Mais si l'histoire doit reproduire éternellement les mêmes dessins sur de nouveaux canevas, nous ne savons jamais où il lui plaira de choisir son modèle. Le biographe d'Erasme était familier avec le xvi^ siècle ; celte époque lui aura fourni d'autres rapprochements qui ont dCi souvent le consoler. Des éléments multiples concoururent alors à une refonte totale de l'esprit humain. On peut les ranger sous quatre chefs principaux. Votre mémoire me devance et les énumère : la révélation de notre globe et de sa vraie place dans l'univers, depuis Colomb jus-^ qu'à Galilée; les grandes inventions, qui appliquent l'activité de l'homme i\ de nouveaux

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ol)jels avec de nouvelles forces ; la rénovation radicale de la pensée et du langage, par la découverte des lettres, des philosophies, des langues de l'antiquité païenne; enlin la n'vohilion religieuse qui émancipe le sens individuel. Après la longue période nécessaire à la combinaison de ces diverses influences, Descartes vint, et, comme l'a montré M. Msard dans son excellente étude sur ce grand homme, il dégagea de ces matières en fusion ce qui allait être l'esprit moderne; la France It' reçut de ses mains pour l'imposer au monde. De l'alliage refroidi et tout prêt pour les applications |)lastiques, elle tira Tincompaiable création littéraire du siècle de Louis XIY.

Si telle est dans ses traits essentiels, et autant (juOn peut l'esquisser en quelques lignes, la ligure de la Renaissance, qui ne serait frappé, Messieurs, d'en retrouver dans It's cent dernières années une image fidèle, l)i(Mi (|ue démesurément amplifiée? Une fois de plus, l'esprit humain est refondu et dilaté par (les acquisitions du même ordre. Non seuleniiiil l'homme a achevé la conquête superficicjli' du globe, — il ne lui rcsiail plus beaucoup à faire, — ^lai^ il la uiiilié. rassemblé

dans sa main, façonné en quelque sorte à sa convenance ; il en a rapproché les régions extrêmes, changeant ainsi dans les intelligences les plus paresseuses les mesures habituelles du temps et de l'espace, modifiant par là même tous les points de comparaison, et. par conséquence directe, toutes les idées. Les grandes inventions... rassurez-vous, je ne médite pas un développement sur le métier à la Jacquart ; mais que sont les trouvailles de la Renaissance, en regard de notre mainmise sur les forces secrètes de la nature, en regard de ces merveilles qui réalisent les rêves de lalchimiste et du magicien ? Elles ont fait naître en nous une confiance illimitée dans le prodige toujours possible par des moyens rationnels, elles nous inspirent une audace royale, fondée sur l'espérance de vaincre la plupart des fatalités matérielles dont nos devanciers étaient esclaves.

Armé de ces connaissances nouvelles et de procédés d'expérimentation rigoureux, notre siècle a institué une enquête méthodique sur les conditions de la vie dans l'homme et dans le monde. 11 en est sorti de vastes systèmes ; ils ont pénétré tous les esprits, ceux

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même qui se croiLMit les plus rebelles à des piincijies donl ils acceptent les applications quotidiennes. .le ne veux me rappeler aujouid'Iiui (|u'une seule de ces grandes synthèses, parce ([u'elle est née chez nous, parce que 1 homme dont elle porte le nom nous \aut le respect de l'Europe. D'après son système... mais je dis mal, sa prudence et sa modestie repoussent ce mot; d'après sa théorie, les infiniment petits sont les maîtres et les organisateurs incessants de l'univers ; la vie, simultanément détruite et refaite par eux, est le prix des biilailles formidables que se livrent en nous ces armi'cs insisibles. Si, comme je le crois, le bienfait est niaiipie de vérité, celte doctrine est vraie ; elle guérit les corps en éclairant les intelligences ; à mesure qu'elle se dévoile, sa lumière rayonne une chaleur salutaire. Il a Ijien afï'ermi sa gloire, celui qui a su l'établir siii- les esprits et sur les co'urs, sui- ladmiralion (le ceux qui pensent «d sur la bénédiction • le <cii\ (|iii soullVenl. .le cherchais tout à I heure une délinilion du génie français ; elle est trouvée : c'est le génie qui se fait charité. Merci de me l'avoir donnée. iMonsieur Pasteur. Le fait capital du xvi*^ siècle, la rein-

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venlion de ranliquité, a son pendant à notre époque dans la substitution croissante des sources étrangères aux sources classiques. Depuis la première traduction de Shakspeare, depuis Tapparilion du livre de M"'" de Staël sur r Allemagne, jusqu'aux années où nous avons appris dans les originaux les littératures et les philosophies du reste de TEurope, l'esprit de notre race a recommencé l'épreuve qu il avait subie à la Renaissance. M. Nisard, qui s'in- (juiétait de cette nouvelle mue, avait applaudi à l'ancienne; alors, assure-t-il, la pensée et la langue se retrempaient à leurs sources naturelles. Passe pour la langue : mais la pensée? Quand l'àme du moyen âge, uniquement formée dans la Bible, s'abandonna à l'esprit grec, le saut l'ut plus liasardeux et plus brusque, de la Somme de saint Thomas dans la Somme de Rabelais, quil ne l'a été du monde de Voltaire dans le monde de Gœthe et de Hegel. — Périlleuse ou non, l'expérience se poursuit et rien ne pourra rarrèlcr. Elle précipite une ruine d'oîi sortira linconnu. Pour beaucoup d'observateurs attentifs, le latin se meurt ; il va disparaître peu à peu de l'éducation du grand nombre, remplacé par l'élude pratique des

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idiomes étrangers. Cette discipline première qui l'iu'onne l'intelligence, quelques délicats la demanderont seuls, dans (piuiante ans, aux maîtres de la Grèce et de Home ; la masse active qui sera la nation ne recevra plus ce patrimoine qu'indirectement, par les héritiers de l'antiquité', nos écrivains du xvn'' siècle. Plusieui's (l'entre nous verront grandir à leur foyer des jjetits-enlants nourris d'un autre lait, qui nous comprendront mal et que nous ne com- |ii('ndrons plus. Scission douloureuse et que nul n'aurait souhaitée! mais l'histoire ne s'attarde j)as à caresser nos laihlesses ; l'histoire hroie des conirs en marchant. In moment \ieu(lra où notre langui; devra appremli'e à se maintenir sans le secours de son vieux tuteur, où elle devra trouver en elle-même des ressoinres pour les accroissements et le change iuévitahles. Oue de mots, tro|) chargés de sens antérieurs, ne se ])rètenl plus à exprimer les nuances actuelles de notic pens(''e, et |»rrp(''lu<'nt des malentendus d'où naissent les vaines (liierelles !

Par exemple, tout le vocahulaire de notie l^''volulion. Car nous avons encore i'e<i i\i' coniMiun avec le xvT' siècle, une lliNoliiliuii

politique, sociale, — et religieuse, puisqu'elle a promulgué des dogmes. M. Nisard lui a consacré un ensemble d'études où il fait avec son habituelle sagacité la part des résultats permanents et des chimères transitoires. Cette secousse profonde compte pour beaucoup dans le renouvellement des esprits ; mais il est permis de croire qu'on en a exagéré l'importance, au détriment des autres causes. Les diètes de Worms etd'Augsbourg tiennent autant de place dans l'histoire du mouvement humain que les États généraux et la Convention. Cependant on balance entre les diverses manifestations de la Renaissance, quand il faut dater l'ère moderne. Ainsi l'historien hésitera sur le fait qui doit inaugurer l'ère oii nous sommes ; rien ne prouve qu'il choisira la prise d'un vieux donjon, plutôt que la mise en marche de la première chaudière à vapeur, la pose du premier fd télégraphique. Un précurseur qui n'a pas sa juste part de gloire, Joseph de Montgolfier, écrivait en 1785 : « Dans cent ans, le monde aura été changé par deux choses ; l'électricité et les comptes-courants. » Nous dirions aujourd'hui : le crédit. A quelques pas d'ici, nous avons invité les peuples à juger l'œuvre des cent ans; ils viennent admirer

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comment notre *;ran(Ieur, si cruellemeiilatlL'i nie, est encore soutenue par le génie des savants, des artistes, par Fluimble et noble main de l'ouvrier de rranre. Dans ce palais du travail, le siècle montre sa véritable réussite, Tedort superbe qui nous rend si fiers d'être ses fils ; il témoigne là que xMontgolfier avait bien prévu. Où témoigne-t-il que les s])éculations de Jean- Jacques, appliquées par ses disciples, avaient sagement engagé l'avenir ? — L'avenir! il sourira peut-être de nos furieuses disputes sur les conséquences de la Révolution, alors que ces conséquences lui apparaîtront si diflérentes des espérances initiales! Mais, quel que soit son jugement sur ce point particulier de lllistoirc, j'ai la confiance ({u il placera parmi les époques de renaissance, et non parmi les époques de déclin, celle qui amena poui- Tliomme et pour le monde d'iiussi prodigieuses transformations. Nous attendons encore le cartésianisme ([ui reconstruira avec ce chaos. Nous n avons jusipiici (|iie le |Mi^ilivisine ; il tâtonne poiii' y refaire un peu dOrdi-e dans les ténèbres, he mornes et puissants ouvriers ont accompli dans tout le cliamj» des connaissances, diiranl ces années inteiniédiaires, le ti'avail de la lierse

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entre les semailles et la moisson. Us ont maîtrisé les jeunes intelligences et réformé tous les jugements, en histoire, en politique, en littérature. Je craindrais d'encourir les nobles foudres du s|)iritualisme, si je plaidais les circonstances atténuantes, non point pour la doctrine positiviste, — elle n'existe pas, — mais pour Fétat d'esprit qui emprunte ce nom. Cependant, ce serait plaider ])our la jeunesse, arrêtée un instant dans cette im})asse. Qui de nous connaît les voies cachées de la Providence, les chemins détournés par où elle retire les hommes de l'erreur? A côté des statues de la Victoire ailée, les Grecs accordaient un bas-relief à la Victoire aptère, une victoire sans ailes. C'est l'image du positivisme. 11 a réussi là où les armées régulières avaient échoué ; elles avaient attaqué de front la place révolutionnaire, idéal contre idéal, sans rien gagner ; le positivisme, qui sortait de la place dégarnie, Fa tournée, et il a fait brèche. Aujourd'hui, j)Our une minute, il semble triompher, sur la table rase où il a réduit en poudre les idoles et les dogmes, salutaires ou funestes : solvit sedum in favïllà. Interrogeons les maîtres les plus perspicaces des générations nouvelles : elles arrivent, indif-

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éreiiles ù nos partis pris ; elles meUeiil ducord défenseurs et adversaires de la Révolution, n y voyant autre chose, en y voyant moins (jue e qu'ils axaient vu, et c'est Tunique moyen de e mettre d'accord. A la piété attardée qui élèbre un centenaire, à la haine irréconciiahle qui ré[)ond par une malédiction, elles oncèdent volontiers l'absoute; mais bientôt, lies voudront plus, elles voudront un baptême, lientot, lasses de l'étape dans le vide, elles uront besoin de croire, dainier. d'agir, ce qui st une môme chose ; elles aj)partien(lronl au remier qui les groupera en leur taisant sentir action d'un aimant. Ce mot dit tout, si vrailent, comme l'avançait le comte de Maistre, L's mots ont en eux une vie mystérieuse, (jui éborde leur acception précise.

Pauvre jeunesse ! Comme certains porraits du xvi*^ siècle, elle regarde le monde avec es yeux tristes, des yeux où ne passent que des lioses qui meurent. L'éclair s'y rallumera. Ne oyons pas trop iinpiifls. |»um- ces générations, le leur positivisme, de leur réalisme, de leur tessimisme : si elles n'en gardent quelad(''liance les formules creuses et le goût des vérib's soldes, ce passage dans l'ombre ne leur aura pas

nui. Qu'est-ce qu'une ombre? La preuve du soleil. L'ùme humaine est toujours en travail d'une ])oésie et d'une foi ; après les grands écroulements, l'heure revient vite où l'on entend murmurer et se répondre

... les voix éternelles De CCS filles de Dieu qui s'appellent entre elles.

Les idées, un moment rabattues à terre pour faciliter la besogne du triage, se relèveront de leur mouvement instinctif, incom])ressible. Surtout, il ne faut pas les tirer en arrière, quand elles s'apprêtent à remonter devant nous, il faut craindre de contrarier leur essor naturel. L'humanité ne revient jamais par la même route aux gîtes qu'elle a quittés, elle y revient par un détour ; on ne la contraint pas à rebrousser chemin. Redisons à ces nouveaux venus une belle parole de M. Xisard : « Toute guerre qu'on fait au passé est une guerre civile. » Mais en leur demandant le respect et l'indulgence pour toutes les tentatives de l'ancienne France, y compris les plus récentes, laissons-les s'orienter vers celle de demain, l^n vain chacun dé nous leur ollrirail un lit dans les tombes sur lesquelles nous nous querellons ; c'est un

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berceau qu'ils cherchenl. Ils vont inaugurer un nouveau siècle, puisqu'il est convenu que depuis un mois nous avons cent ans. Ils peuvent, ils doivent y reconstruire, avec le grand travail du nôtre, un monument où le génie français enfermera une fois de plus les idées universelles, comme celui qu'avaient édifié nos aïeux du xvii^ siècle, avec les matériaux accumulés ])ar leurs pères du xvi^.

Messieurs, vous m'encourageriez au besoin à parler de la sorte; vos œuvres m'ont appris que nous devons à nos continuateurs des j)aroles despoir et non des menaces de décadence. Ainsi pensait le maître éminent qui ma suggéré ces considérations ; il terminait toujours par im acte de foi les livres où il avait exposé ses craintes judicieuses. Kn m'appelant dans votre Compagnie, vous m'en imposez la première règle, le souci vigilant des aspirations de la jeunesse. Quoi que puissent dire vos rares (li'li'acteurs, vous ave/ l'audience de la jeunesse. Sûre (le Irouver riiez vous, avec la tradition du passé, l'intelligence des transformations nécessaires, elle vous écoute à plus d'un titre. Elle reconnaît en vous les gardiens de notre langue ; elle accepte la magistrature intellectuelle que

VOUS exercez, magistrature populaire, chère à ce pays qui vous voit durer dans la ruine de tout. Enfin n'êtes-vous pas les exécuteurs testamentaires de votre fondateur, les dépositaires des pensées du grand Cardinal? Vous rappelez à tous qu'il faut se retourner vers lui pour prendre conseil, chaque fois que la route est incertaine, ïl trouva la ])atrie encore mal rassemblée, menacée sur toutes ses frontières par l'Espagnol, déchirée au dedans par un siècle de luttes civiles et religieuses, par les entreprises des partisans, par les prétentions des oligarchies. 11 comprit que le seul remède aux plaies du passé, aux périls du dehors, c'était l'unité, procurée à tout prix. Il l'eut à un si haut degré, cette passion française de l'unité, qu'après l'avoir refaite dans le gouvernement, il la voulut faire dans le langage et vous en confia le soin. Fidèles à son esprit, vous avez toujours justifié l'excellente définition que donnait de vous votre premier historien, l'illustre Pellisson quand il appelait ceux de l'Académie : « des ouvriers travaillant à l'exaltation delà France. )i Quelle devise eût mieux convenu au confrère que vous avez perdu? Elle résume toute sa vie, dépensée à exalter la France littéraire.

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Son enseignement provoqiK' aii\ discussions d'idées: en m'y abandonnant, j'ai cru rendre à l'esprit libéral de ses leçons Ihommage qu'il eût aimé'. Je n'ai pas assez dit le profond respect que j'emporte d'un commerce assidu avec ce bon, cet honnête serviteur des Lettres. Certain d'être voire interprète, j'en dt'pose le Irihiil an lover où il ;i laissé tout son cd'ui'. Le nom (le .\i-anl reste en des mains laborieuses; ils se sont mis plusieurs pour en a<'croitre l'éclat. Je devine qu'aujourd'hui leur sentiment rraleruel et lilial me demande de les oublier pour reporlci- loiil cet ('clat >ur l'absent, sui- l'aîné qui s'est enlin reposé, plein de jours et de services, [ifTejini dans les espérances éternelles. A l'heure où l écrivain doit jeter sur son œuvre un dernier re;L;ai'd d'épouvante, il a pu se rendre le plus rare el le plus enviable témoignage, celui d'avoir é'( lil (les livres durables, et de n'y avoir pas Iraci' une seule ligne qui le poursuivît là-bas comme un remords.

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