‹ Sous les lilasChapitre 12 sur 26 · MON ROYAUME · texte numérisé non relu

MON ROYAUME

Je possède un petit i <>\;Him<'

Peuplé de pensées el Je sentiments ;

Et je trouve très-rude la tache

De le gouverner bien.

Car la tolère me tente et me trouble,

Une volonté capricieuse m'égare

El réguïsiue répand son ombre

Sur toutes mes paroles et sur tous mes actes.

Comment puis-je apprendre à me conduire, A être comme je le dois Un enfant honnête et sage;

Comment ne jamais me lasser de lâcher d'être bon ?

Comment puis-je éelairer mon àmc

D'une lumière qui dure autant ipie ma \ie :'

Comment apprendre à mon petit cœur

A chanter juste et doucement tout le jour?

Cher Pêrcl aide-moi par cet amour Qui bannit toute crainte!

Enseigne-moi à m'appnyer sur toi Et à sentir que tu es toujours auprès de moi; Qu'aucune tentation ne t'échappe, Ni aucun chagrin d'enfant.

• Puisque, avec une patience infinie Tu soulages et consoles de tout.

Je ne demande aucune couronne

Que celle que nous pouvons tous obtenir;

Je ne cherche à conquérir d'autre monde

Que celui qui est au dedans de moi.

Sois loi-même mon guide jusqu'à ce que,

Conduit par une tendre main, je trouve

En moi Ion royaume béni,

Et que j'ose en prendre le gouvernement.

— Et moi aussi, je l'aime, dit-il avec vivacité quand il eut fini ; je la comprends et je veux l'étudier. Je ne

■ conçois pas comment elle a pu dire tout cela si bien.

— Oh I répliqua Thorny, ma sœur sait tout faire; et un geste expressif affirma sa confiance illimitée dans les talents de Gélia.

— J'ai fait une fois des vers, dit Ben excite à s'epancher par la découverte du talent poétique de sa maîtresse. Bab et Betty ont dit que c'était numéro un, mais je ne le Crois pas.

— Récite-les, ordonna Thorny, ajoutant avec tact : quand il le faudrait pour sauver ma vie, je ne pourrais faire des vers; mais je les aime beaucoup. Ben obéit et récita ce qu'il avait composé, pour exprimer ses sentiments à l'égard de Ghevalita, et que ses petites amies pouvaient seules prendre pour des vers admirables^

— Fort bien, tu les diras aussi à Célia; elle aime à entendre vanter Lita. Vous devriez concourir pour un prix, elle, toi et ce petit Barlow, comme les poètes faisaient à Athènes. Je te conterai cela quelque jour, mais voyons, mets-toi à apprendre.

Encouragé par l'approbation de Thorny, Ben se mit à la besogne et bientôt il put réciter quatre lignes de Façon à satisfaire son juge et lui-même.

— A présent nous allons causer, dit le précepteur, et, l'un dans son hamac, l'autre faisant des pastourets sur l'épais tapis d'aiguilles de sapin, ils se racontèrent mille choses. Les récits de Ben étaient les plus animés, mais ceux de son jeune maître n'étaient pas sans intérêt, car il avait passé plusieurs années à l'étranger et il avait beaucoup à dire sur les divers pays qu'il avait visités.

Quoique occupée de ses amis, miss Célia ne pouvait s'empêcher de se demander comment les deux garçons s'arrangeaient, et quand la cloche du thé sonna elle attendait avec anxiété leur retour, sachant bien qu'au premier coup d'œil elle saurait à quoi s'en tenir.

— Tout va bien jusqu'ici, pensa-t-clle en les voyant revenir tout souriants, car Sancho était gravement assis dans la chaise que poussait Ben, tandis que Thorny cheminait à côté, appuyé sur une canne nouvellement coupée. Ils causaient vivement et par moments Thorny riait de tout son cœur, comme si le babil de son compagnon eut été plein d'intérêt.

— Vois donc la jolie canne que Ben m'a faite. Il est très-amusant quand on ne le prend pas du mauvais côté.

— Qu'avez-vous fait là-bas? vous avez l'air si gais

que je soupçonne quelque malice, dit miss Gélia en étudiant leurs physionomies.

— Nous avons été sages comme des images, nous avons causé et Ben a appris quelque chose pour te plaire. Voyons, jeune homme, récite-nous ce que lu sais, dit Thorny dont les traits exprimaient un vertueux contentement.

Ben ayant ôté son chapeau , obéit avec un grand sérieux, heureux de voir les joues de sa bienfaitrice se colorer d'une vive rougeur à mesure qu'elle l'écoutait, et il se trouva amplement payé de sa peine en voyant le regard de satisfaction qu'elle lui adressa, quand il eut salué en Unissant.

— Je suis très-lière de penser que tu as choisi cela et de te l'entendre dire d'une manière qui montre que tu le comprends. Je n'avais que treize ans quand je l'ai écrit, mais cela venait du cœur et cela m'a fait du Lien. J'espère que ça t'en fera aussi.

Bon balbutia qu'il l'espérait, mais il se sentait embarrassé de parler de ces choses «levant Thorny, puis il se retira pour rentrer la voilure et bs autres allèrent prendre le thé.

Plus tard dans la soirée, lorsque miss Gélia se mit à chanter comme un rossignol, le jeune garçon quitta Babet Betty pour se glisser dans le seringa et écouter, le cœur plein de pensées nouvelles et de sentiments heureux, car il n'avait jamais passé un pareil dimanche. Lorsqu'il se coucha, pour prière il dit la troisième s tance de Célia qu'il préférait aux autres, car son amour pour le père qu'il avait connu lui lai— sait paraître doux et naturel d'aimer et de chercher sans crainte le Père qu'il n'avait p;is vu.

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