LES GRANDES EXPLORATIONS
fère les petites, elles ramènent moins, maïs de meilleure qualité. Tout à l'heure, je dirai pour-
quoi.
La drague est destinée à courir sur le fond en
le labourant de manière à faire entrer la couche
superficielle dans un grand sac envergué sur le châssis en fer qui est la partie essentielle de l’ins- trument, celle qui laboure. On la promène donc sur les surfaces pendant un certain temps, et théo-
riquement elle ne devrait que les écrémer, les animaux qui les habitent ne s’enfonçant jamais profondément. Lorsqu’on a affaire à un fond dur,
c’est ainsi que cela se passe; mais s’il s’agit de
draguer sur des vases molles, les engins lourds pénètrent et se remplissent sur place. On traine alors inutilement l'instrument, qui n’a pris qu’une très minime quantité de ce qui est utile. Avec de petites dragues, cet inconvénient est au moins évité en grande partie.
Parfois, on substitue le chalut à la drague; sur certains fonds, il donne de meilleurs résultats.
Remarquons qu’on aurait bien étonné les chalu-
tiers de nos côtes si on leur avait parlé, il y a
quelques années, d'opérer avec leurs filets par des
profondeurs de 2000 ou 3000 mètres, et cependant il n’a fallu qu'un peu de hardiesse pour y
arriver.
Jamais chaluts ou dragues ne sont envoyés sur
les fonds sans qu’on leur adjoigne un certain nom-
bre de fauberts, c’est-à-dire des réunions de vieux
cordages effilés, dont les effets comme collecteurs sont très puissants. Des balais de bruyère sont également employés, mais ils sont beaucoup moins efficaces. Et ce n’est pas tout, car lorsque l’on est en pêche, l'esprit surexcité s’ingénie à trouver le moyen d’accroitre les chances de succès, et on use alors de tout ce qui peut être utilisé comme innovation ou comme perfectionnement.
Pour faire usage de tous ces engins, on les fixe sur des cordages auxquels on donne le nom de funes : nous en avions près de 40 000 mètres de toutes espèces. Environ 10 000 mètres des plus fortes en un seul bout étaient toujours disposés par glènes de 200 mètres sur des cabillots ou chevilles en fer fixés tout le long de la muraille du gaillard d’arrière à tribord.
Lorsque le moment d’opérer est venu, la fune se garnit sur un treuil de déroulement qui est muni d’un frein au moyen duquel le mouvement de descente peut être ralenti ou arrèté subitement. Le bout du cordage passe ensuite dans une poulie supportée par des bigues qui surplombent le couronnement du navire, puis il vient s’amarrer sur la drague ou sur le chalut, en faisant une patte d’oie si c’est sur ce dernier. On ajoute quelques fauberts ou balais sur les flancs de l'instrument,
un thermomètre au point d'amarrage et les pré-!
paratifs sont terminés.
Tout est en ordre, la machine est stoppée, et, aussitôt que la marche est interrompue, l’appareïl
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