‹ Sous les mers; campagnes d'explorations du "Travailleur" et du "Talisman,"Chapitre 15 sur 99 · CE QUI FIT NAÎTRE L'IDÉE · texte numérisé non relu

CE QUI FIT NAÎTRE L'IDÉE

fifient et dont les traces. ne disparaissent qu’à la

longue. C’est ce qui semble expliquer l’élan avec

lequel on s’occupa-de la météorologie. Les pro-

grès rapides qu’elle fit comme science d’observation la mirent bientôt en état de rendre d’impor-

tants services. On se sentit presque satisfait.

De l’autre élément il ne fut pas question, on n'y songea pas plus que s’il n’y eût aucune utilité à soccuper de ses influences, de la participation qu'elles pouvaient avoir dans la question de l'air.

Cet oubli de la mer nous parut alors se présenter comme une négligence avec laquelle nous

pensions qu'on pourrait bien avoir un jour à

compter, Nous en rapportant à ce que nous avait appris la Géographie de la mer, nous étions persuadé que les effets qui s'y trouvaient démontrés

devaient entrer comme facteur dans le grand pro-

blème de la prévision du temps, qu’ils devaient surtout remplir un rôle important dans la recherche des lois régissant les mouvements de l'atmosphère. Et nous en concluions que l’élimination de ce terme entraïnerait à des solutions dont l’exactitude ne pourrait être rigoureuse.

La pensée que l’étude de la mer devenait aussi

indispensable que celle de Pair naissait naturelle-

ment de cette conséquence, et nous l’envisagions

de suite telle qu’elle devait être pour remplir son

but, c’est-à-dire exécutée de telle sorte qu'aucune

surface du fond des mers ne demeurât inexplorée,

et que tous les secrets de ses abimes, tous leurs DE FoLIN. — Sous les mers. 3

mystères parvinssent à être dévoilés et révélés. Ce serait alors, pensions-nous, que les choses ainsi apprises pourraient être utiles aux progrès de la météorologie.

L'étude des mers... Quelle immense entreprise! quel vaste programme elle comporte! c’est en effet l’histoire naturelle de toute la partie du globe submergée. Elle comprend l’orographie, la bathymétrie, la géologie, la lithologie, la zoologie, la botanique, la physique des océans.

Ce fut d’abord avec épouvante que fut considérée cette série, dont chaque terme s’étend en détails infinis. Comment satisfaire aux exigences qu’ils nécessitent, pourvoir à tout ce qu'ils réclament ?

Nous nous rassurons cependant en réfléchissant que pour sonder ces immenses profondeurs, fouiller toutes ces masses d’eau, scruter tous ces rivages, nous avions le temps devant l’œuvre, et que comme elle serait celle de tous les peuples, chaque rivage aurait ses chercheurs, chaque étendue ses explorateurs. Nous nous disions enfin que si, déjà hors du berceau, la météorologie parvenait en grandissant à obtenir des résultats non complètement rigoureux, mais cependant suffisants, sans avoir besoin de se servir des données que l’étude des mers pourrait lui fournir, la science générale n’en profiterait pas moins des découvertes qui seraient faites et dont quelques-unes pourraient devenir la source d'immenses richesses.

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Ce fut pendant cette première période de conception que nous eûmes la bonne idée de communiquer notre pensée à un homme dont l'esprit élevé en saisit de suite la portée. Dès ce moment, notre ami le professeur Léon Périer devint un col-

- laborateur sympathique. Immédiatement en com-

munion de vues, nous recherchions les moyens de vaincre les obstacles qui entravaient l’exécution de ce que nous regardions comme nécessaire, une inauguration de l’œuvre méthodique et complète. Si nos efforts furent d’abord vains, le temps qui leur fut consacré ne fut pas perdu. Il nous servit à discuter quels systèmes d'investigation seraient les plus efficaces, quelles méthodes de recherches seraient les plus pratiques. Nous ou-

- vrions des voies, et en même temps nos aperçus

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sur le plan et ses divisions s’élargissaient. Nous élaborions la théorie des recherches sous-marines et nous l’établissions.

II, — Les précurseurs.

Cette étude des mers, grâce à l’esprit d’investigation que possède l’homme et qui le pousse à

reconnaître ce qui l’entoure, avait été entreprise

dès les premiers âges de la civilisation.

Nous ne devons rien négliger pour atteindre le

but propose, pas plus les efforts des premiers piro-

guiers qui, luttant contre un courant ou profitant du retour de la marée pour regagner la terre, obser-

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