L. puis des Roussettes ou Chiens de mer (Scy/lium
canicula), qui viennent pour dévorer le poisson pris et qui demeurent eux-mêmes embarrassés dans les filets sans pouvoir se dégager, malgré les avaries qu'ils leur font subir. À certaines époques, on prend aussi assez abondamment des Daurades (Chrysophrys aurata), enfin assez fréquemment des Langoustes, des Homards et des Crabes tourteaux.
Deux petits cours d’eau de très peu d’importance, le Bouret et le Boudigau, en se réunissant, forment ce que l’on appelle le chenal ou port de Cap-Breton, sans largeur, sans profondeur, juste ce qu'il faut pour que les pinasses puissent s’y placer. La marée s’y fait bien sentir : il en résulte qu’avec les courants de jusant les embarcations peuvent facilement opérer leur sortie, de même que ceux de flot leur permettent de rentrer sans difficulté.
On a songé à profiter d’une situation qui tout d'abord parait fort séduisante. On a eu l’idée de créer un port à Cap-Breton, et l’un des points visés par ce projet était la perspective d’avoir une en-
PO ie LA FOSSE DE CAP-BRETON
trée plus commode que celle du port de Bayonne. Si l’on considère en effet qu'on trouverait un
chenal tout tracé, un immense bassin presque déjà creusé dans le vaste espace qui était encore, il y.
a quelques années, un grand étang d’eau douce, l'étang d’Ossegor, on peut être séduit par les avan-
tages d’une telle position, que rehausse également
la proximité de la Fosse. Sa profondeur atténue
en effet la force des vagues, de sorte qu’à sa sur-
face il n'y a jamais de grosse mer et que les navires peuvent y trouver un abri relatif.
Mais le côté séduisant de l’idée a seul été aperçu; on n’a pas réfléchi que les inconvénients que l'on reproche au port de Bayonne seraient bientôt aussi ceux du port de Cap-Breton. Que l’on envisage en effet ce qui se passe sur la côte de la Gironde, sur celles des Landes et des Basses-Pyrénées. On comprendra que la configuration du littoral ne se
modifiant pas, demeurant avec toute la raideur.
d’une ligne droite, sans pointes ni caps pour la fléchir, de la pointe de Grave au cap Saint-Martin, il ne peut y avoir qu’un seul et même régime sur toute cette étendue et que ce qui a lieu sur un
point doit se produire nécessairement sur tout .
autre. Toute cette longue plage est formée par des sables si peu fixés que les courants ont toute facilité pour éroder sans cesse les rivages, dont ils entraînent les éléments vers le sud. Mais si cette descente rencontre l'embouchure d’un cours d’eau, le mouvement du courant se trouve contrarié par
ceux de marée; il en résulte des remous dans lesquels les sables ne sont plus dirigés par une force unique : ils tourbillonnent, finissent par se déposer et, en s accumulant, forment un banc qui s’allonge en regard de l’entrée de l'estuaire à une distance plus ou moins grande du littoral selon la force que possède le courant de jusant. Ce banc ainsi formé est ce que l’on appelle une barre, dont la situation n’est fixe ni comme position, ni comme élévation, ces exhaussements du fond étant soumis aux variations que subissent les causes produisant l'effet. Cette barre existe devant l’entrée du chenal ou port de Cap-Breton. Il est évident qu'on accroîtra son importance en proportion de celle qu’on donnera à celui-ci, et en conséquence le point visé, qui mériterait d’être pris en considération, sil pouvait être réalisé, n’est pas susceptible de l'être.
D'ailleurs les inconvénients qu’on attribue à l’entrée de l’Adour sont loin d’être aussi sérieux qu’on veut bien le dire; ils ne peuvent motiver des appréhensions, qui, si elle subsistent encore, résultent plutôt d’une vieille réputation un peu exagérée que de ce qui existe actuellement. Autrefois la marine à voiles pouvait rencontrer des difficultés et courir des dangers, lorsqu'il lui fallait entrer ou sortir du port de Bayonne. Aujourd’hui ceci n’est ni plus difficile ni plus dangereux que dans tout autre, par la raison que la marine à vapeur se substitue à l’ancienne. Avec les moyens d’action que possède un bateau à vapeur, franchir
la barre n’est plus rien : il suffit d’être bien piloté, et les voiliers qui restent peuvent jouir du même avantage en se servant des remorqueurs. On n'a du reste qu’à consulter les statistiques et on aura la preuve que proportionnellement il y a moins de naufrages à l'entrée de l’Adour qu'ailleurs.