‹ Sous les mers; campagnes d'explorations du "Travailleur" et du "Talisman,"Chapitre 57 sur 99 · Mairé, la mère; T'iboulins, les petits · texte numérisé non relu

Mairé, la mère; T'iboulins, les petits

plus ou moins de notoriété qu’elles ont. Nous apercevons ainsi : La Ciotat, le Bec de l’Aigle, le cap Canaille, le Pilon du Roi, la Sainte-Baume, les Caumes, Bandol, Saint-Nazaire, Sixfours, la montagne de Coudon, celle de Pharon, le cap Sicié, le cap Sépé, lesiles d'Hyères, le cap et la tour de Drummond, le cap Roux, les montagnes de l’Estérelles, qui ont eu leurs brigands tout comme les Abruzzes et les Calabres, l’île Sainte-Marguerite, entre elle et la pointe de la Garoube dans le fond, le golfe Jouan, puis Antibes, Cannes, Nice, Villefranche.

Nous mouillons en rade de Villefranche pour y passer la nuit, le 7 juillet au soir.

Le lendemain nous retournons draguer au large, puis nous rentrons encore coucher au mouillage, pour le quitter de nouveau le 11 juillet au matin.

Ce jour-là, nous reprenons notre course non loin des rivages et nous recommençons à voir défiler

sous nos yeux les terres accidentées de la côte.

Les points les plus remarquables qui se montrent tour à tour sont : la chapelle et la tour de San- Ospizio (Saint-Hospice), sur la presqu'île Saint- Jean, dominée par des terres plus élevées, vers les sommets desquelles on découvre, de temps en

temps, une ligne blanche qui coupe les flancs des”

croupes supérieures : c’est la route de la Corniche perchée en Pair et qui court ainsi jusqu'à Gênes sans perdre la mer de vue. Ensuite vient le village d'Ezza, placé comme un nid d’aigle au flanc de roches rudement découpées, puis c’est la Turbie,

CR RO ER CORTE EN PR PQ PT Ou

PAR RALT

la Tête de Chien, et enfin Monaco sur son pro- montoire dont les falaises verticales se détachent de la rive. Elles sont couronnées par les remparts et les blanches maisons de la ville, capitale d’une principauté dont les habitants n’ont aucune charge d'impôts, situation curieuse et exceptionnelle assurément. Par le beau temps qu'il faisait, le spectacle était grandiose et ravissant, malgré quelque monotonie dans les nuances résultant de la nature uniforme des terrains, des roches et de la végétation elle-même, car l'olivier et le pin d'Italie effacent par leur multiplicité tout ce qui nest pas eux. Néanmoins l’œil saisissait avec quelque satisfaction certains détails qui, de temps à autre, ressortaient davantage, des bois, un fort, un phare, cette route de la Corniche reparaissant toujours, un viaduc de chemin de fer disputant le rivage à la mer, des villages s’étalant sur les flancs des montagnes, de profonds ravins, des masses imposantes de rochers bizarrement découpées, et bien d'autres choses encore. Nous n'avions pas le temps de dessiner tout ce qui nous frappait, malgré le grand désir que nous avions de prendre toutes ces vues; cependant nous fimes un assez grand nombre de croquis. S’il est donné à tout le monde de prendre la vue d’un site à terre, si la photographie vulgarise encore davantage tout ce qu’une ville, une région présentent d'intéressant à reproduire, il n’en est pas de même des aspects maritimes; il est encore fort rare de trouver une vue prise ainsi du

large, et la chose est d’autant plus précieuse que généralement les situations apparaissent beaucoup plus pittoresques de la mer que lorsqu’on les voit de terre. Nous n’étions pas seul à penser ainsi; cette opinion devait être partagée par notre ami le professeur Léon Vaillant, qui n’a pas manqué pendant toute la campagne de prendre force vues photographiques, toutes les fois qu'il a pu le faire.

Ainsi qu'on peut le remarquer, notre exploration avait un double charme. Indépendamment des récoltes dont l'examen nous présentait toujours quelques curieux spécimens à observer, et nous fournissait à chaque instant de nouvelles preuves de la connexion qui existe entre la faune de cette mer et celle du golfe de Gascogne, preuves qui s’accentuaient constamment et qui la rendaient de plus en plus frappante, aussitôt que nous abandonnions la loupe et les tamis dans lesquels les

vases avaient été lavées et sur la toile desquels :

demeuraient les résidus des dragages, nous avions le spectacle des côtes qui recréaient nos yeux.

Le 12 juillet, après avoir reconnu les cimes neigeuses du col de Tende, interrompant notre course dirigée vers l’est, nous changeons de route, mettant le cap au large et nous dirigeant vers la Corse.

Sur notre chemin, nous rencontrons des fonds situés par plus de 2000 mètres et sur lesquels la drague est envoyée. Nous allons donc voir ce qu’ils sont au point de vue zoologique. L’instrument ne ramène que des vases dans lesquelles nous

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