‹ Sous les mers; campagnes d'explorations du "Travailleur" et du "Talisman,"Chapitre 69 sur 99 · RER CA EN · texte numérisé non relu

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d'exploration à travers l’Afrique équinoxiale; le

ministre de la marine, M. Barboza du Boccage, le savant éminent si bienveillant et d’une si parfaite bonté, et quelques autres hommes de science portugais... Charmante intention qui eut un plein

succès; la soirée s’écoula sous le charme des plus

intéressantes conversations.

Nous quittâmes l’ambassade le cœur pénétré de toutes ces délicates et aimables attentions, emportant un souvenir plein de gratitude de celui qui s'était montré si bon pour nous.

Nous n’en avons rien perdu...

Le 23, à $ h. 52 du matin, le Travailleur

levait l'ancre et faisait route pour sortir du Tage.

Vers 10 h. 30, nous trouvant au large du cap Espichel, à peu près aux environs du point où nous . avions fait la pêche aux squales l’année précédente, la sonde nous donne 2000 mètres; à 11 h. 30, envoyé le grand chalut sur le fond; à 3 h. 15,

Fig. 20. — Setosella Folini, Jullien.

sondé de nouveau par 1500 mètres; à 4 heures, lancé une seconde fois le chalut, il est de retour à 6 heures; résultats médiocres les deux fois. A 7 h. 30, un troisième sondage donne 1900 mètres.

Le 24, perdu de vue le feu du cap Espichel à 2 heures du matin, il restait au N. 61° O. En même temps, celui du cap Sinès se relevait au S. 72° E. À 4 heures, sondé, 460 mètres; envoyé le chalut à l’eau, il est de retour à bord à 6 h. 42. Parmi le butin qu’il a rapporté nous avons découvert un Bryozoaire fort remarquable, une Seto-

sella d’espèce nouvelle que M. le D' Jullien a décrite, en lui donnant le nom de S. Folim (fig. 20). Renvoyé le chalut sur le tond à 7 h. 25, puis à 9 h. 40, par 450 mètres. À midi, la sonde accuse 560 mètres. Mis le chalut en pêche à midi 21, il rentre à 2 h. 10; relevé pendant l’opération le feu du cap Saint-Vincent au S. 38° E., Monchique au N. 68° E. Les quatre coups de chalut ont été assez fructueux; la brise pendant l'après-midi fut trop fraiche pour permettre le dragage. À 11 h. 40 du soir, le feu du cap Saint- Vincent restait au N. 36° ©.

Le 25, à 5 heures, sondé par 780 mètres, fond de sable. Mouillé le chalut à $ h. 20, il est rentré à 7h. 55 à 7 h. so, sondé, fond à 770 mètres. A 8h. $, mouillé le chalut en vue de la pointe Carvoeiro, des monts Sebral et Foia, dont la coupure de séparation nous reste au N. 31° O. La côte s'étend vers le sud. On distingue, mais avec quelque peine. les environs de Faro, le mont Figo que nous relevons au N. 14° E., puis une pointe près de laquelle se trouve Albufeira, mais ce n’est que vers 2 heures que nous nous trouvons par le travers de cette ville. À ro h. 15, rentrée de l’appareil; pendant l'opération, on immerge 2 bouteilles à puiser et 2 thermomètres; 11 h. 15, sondé, fond par 770 mètres; à 12 h. 30, nouveau coup de chalut, immergé de nouveau les bouteilles et les thermomètres; à $ h. 15, la sonde n accuse plus que 440 mètres, fond de sable; à s h. 30, qua-

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trième coup de chalut, il rentre à 6 h. 35. Enfin chaluté une cinquième fois. Comme résultats, peu de chose en animaux d’assez grande taille pour être jugés à première vue, mais les résidus après lavage paraissent importants.

Le 26, à 6 heures du matin, le feu de Cadix

nous reste au S. 88° E. Nous courons dessus. Vers $ h. 30, à petite distance de la rade, nous prenons le pilote et vers 6 heures il nous mouille vis-à-vis des quais de cette ville.

Cadix, que nous avions déja vue en 1846, ne pouvait avoir beaucoup changé depuis cette époque; nous la retrouvons blanche et coquette, se mirant toujours dans les eaux qui l’entourent presque complètement. Nous reconnaissons cette même rade ou plutôt cette grande baie avec tous ses détails. Au fond, les Salines, l’Arsenal, la Caraque, le Trocadéro; en face, sur ses rives, Santa Maria avec son immense cirque destiné aux combats ou courses de taureaux; un peu plus loin, Porto Real, et à l’extrémité, formant la pointe nord, Rota.

Pendant la soirée du 27, un fort coup de vent de Levante, ainsi qu’on nomme les vents de S.-E. en ce pays, s’élève assez rapidement; c’est avec la plus grande peine que le canot major regagne le bord, après avoir lutté contre le mauvais temps pendant plus d’une heure et demie.

Dans la matinée du 28, la rade présente un coup d'œil fort curieux. Les grands bateaux, qui

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n’ont pas cessé de circuler avec leurs longues antennes sur lesquelles s’enverguent des voiles triangulaires, labourent la mer partout hérissée d’écume, sous toutes les allures possibles. Leur course rapide trace un long sillage qui brode de blanc les volutes jaunâtres de la lame, teinte dénotant le bouleversement qu’elle produit sur le fond. Les goélands et les mouettes volent dans tous les sens, s’abattant brusquement sur la proie que l'agitation des eaux amène à la surface, puis la brise mollit peu à peu, le spectacle perd son charme et redevient ce qu’il est d’ordinaire. N’y trouvant plus le même attrait, nous cessons de nous en occuper.

À 10 heures du soir, nous appareïllons et faisons route pour la côte du Maroc. À 2 h. 50, perdu de vue les feux de Cadix; à 3 h. 30, aperçu celui de Trafalgar que nous relevons:; 14 bjau/5.767E

A midi 18, sondé, par 112 mètres, sable et gravier; à midi 30, filé le chalut et une petite drague; àrh.1s,sondé, 115 mètres; à 3 h. 20 m., sondé, 136 mètres; à 3 h. 30, mouillé la drague; à 4h. $0, sondé, 150 mètres; à $ h. 20, 300 mètres; à sh. 34, envoyé le chalut sur le fond, il rentre à 8 h. $. Les résultats sont assez satisfaisants.

Jusqu'à midi la brise de S.-E. est demeurée très fraîche, la mer grosse, surtout devant le détroit de Gibraltar, le temps est brumeux; c’est à peine si nous pouvons distinguer le cap Spartel. Vers midi,

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