‹ Sous les orangersChapitre 4 sur 24 · ET D'UN CANARD · texte numérisé non relu

ET D'UN CANARD

Savez-vous un des soucis des romanciers que Ton accuse si souvent d'épouvantables inventions? — quelle flatterie ! — C'est de choisir entre les choses et les gens qu'ils voient ce qu'il y a de plus vraisemblable, en rejetant un nombre infini de portraits et de faits que l'on laisse à l'histoire. En effet, l'histoire a beau être le recueil des mensonges convenus et acceptés, elle passe pour vraie à priori; elle n'a pas besoin de la vraisemblance. Quand vous doutez, elle vous appelle ignorant ou vous dit : « Allez-y voir. » — Le roman, au contraire, est l'histoire éternelle et vraie de tous les siècles et de tous les pays, puisque c'est l'histoire du cœur humain et des passions, et que

chaque lecteur peut en vérifier lui-même l'exactitude, car l'auteur peut lui dire avec le poëte latin : C'est vous qui êtes le sujet de ma fable, — de te fabula narratur, — et avec l'apôtre: « Ferme les yeux et tu verras. » Néanmoins, le roman étant réputé fausseté et invention, doit nécessairement être vraisemblable, ce qui l'oblige à n'admettre qu'un petit nombre des faits et des gens qu'il voit dans le monde.

Par exemple, je n'aurais jamais osé écrire dans un roman un fait récent d'ingratitude et d'avidité de la part d'héritiers, qui vient de paraître par deux fois devant les tribunaux.

Une dame *** meurt à Paris dans un âge assez avancé. Elle laisse à des parents éloignés et déjà riches une grosse fortune à se partager. Sur cette fortune, elle avait cru pouvoir disposer de 200 francs de rente, et voici pourquoi et comment : Madame *** avait perdu successivement sa mère et ses trois filles. Elle avait acheté un terrain dans un cimetière, avait fait construire un tombeau entouré d'un jardin, et s'était réservé et préparé une place entre ses chères mortes pour le jour où elle espérait les aller rejoindre dans un monde meilleur. — S'il y en a un autre, il serait difficile qu'il fût plus mauvais, et la présente

histoire en est une nouvelle preuve ajoutée à bien d'autres. — Madame *** aimait les fleurs; jusqu'à sa mort, elle en avait soigneusement orné et couvert le terrain sous lequel reposaient les objets de ses affections.

A l'âge où l'on se complaît dans des tristesses vagues et imaginaires, en attendant mieux, — comme les athlètes s'exercent avant la lutte, — qui n'est parfois entré dans un cimetière à la fin de la journée, et n'y a recueilli, comme un funèbre bouquet, les pensées et les rêveries qui y croissent en foule sur les tombes? L'herbe s'est étendue sur les morts épaisse et drue, en même temps et presque aussi vite que l'oubli dans le cœur des vivants. La pervenche, la violette des morts, comme on l'appelle à la campagne, et le chèvrefeuille surtout, y végètent admirablement. Les corps des personnes aimées se divisent, se transforment et deviennent ces plantes, et le parfum du chèvrefeuille semble être leur ame qui s'échappe et s'exhale.

Madame *** s'inquiéta en mourant. — Qui soignerait les fleurs de la tombe de sa mère et de ses fil! es ? — qui lui en apporterait à elle, lorsqu'elle serait à son tour étendue sous le gazon, côte à côte avec celles qu'elle avait tant aimées ?

Elle avait ouï parler des héritiers, elle savait qu'elle laissait plus qu'il ne faut pour faire des ingrats. Elle connaissait un jardinier, honnête homme et pauvre ; elle se rappela celte observation : il n'y a que les petits amis qui rendent de grands services. — Elle lui légua le soin du jardin du cimetière; — elle ordonna à ses héritiers de lui payer pendant toute sa vie une rente de deux cents francs à cet effet, en chargeant ledit jardinier de désigner son successeur, lequel le remplacerait dans les soins et dans la rente, et léguerait l'un et l'autre à son tour.

Eh bien ! les héritiers ont chicané les fleurs à la morte, ils ont refusé d'acquitter le legs, ils ont remplacé les fleurs par du papier timbré. Ils sont allés marmoter des paroles confuses sur la tombe, mais ce n'étaient ni des prières ni des regrets : — c'étaient des considérant, des attendu que, des nonobstant ; — ils l'ont arrachée au sommeil éternel, et l'ont traduite devant les tribunaux comme une personne qui voulait leur prendre deux cents francs sur leur bien ; — ils ont voulu la faire déclarer folle, insensée et voleuse.

On nous dépouille, on nous gruge, on nous assassine ! Deux cents francs, ça ne se trouve point dans le pas d'un cheval. Deux cents francs pour des fleurs !

c'est immoral, c'est indécent, c'est contraire à la dignité que les morts doivent conserver. — Les prodigues, on le sait, sont des gens qui volent leurs héritiers ; mais ordinairement ils ne le font que pendant leur vie. — Mme *** les vole après sa mort. — Ils demandent qu'elle soit déboutée de sa prétention d'avoir des fleurs. — Des fleurs quand on a pour âge l'éternité !

Il s'est trouvé pour dire ces choses un avocat payé avec l'argent laissé par Mme ***.

Il est vrai qu'il aurait aussi volontiers plaidé le contraire, de même que celui qui plaidait pour la morte eût sans hésiter plaider contre elle si on l'en avait prié.

Les premiers juges ont accordé des fleurs à la morte. — Les héritiers ont appelé de ce jugement de spoliation.

Là ils ont fait représenter leurs arguments avec une force nouvelle. — Ils ont fait injurier la morte : ils en ont le moyen depuis qu'elle leur a laissé sa fortune. Ma foi, ils y ont mis le prix, — ils l'ont fait houspiller, — car les honoraires de l'avocat, c'est encore de l'argent dont elle leur fait du tort, de l'argent qu'elle leur vole. — Les morts n'ont pas le droit de faire ces choses-là. — Au secours ! à l'aide ! à la garde !

La cour d'appel a décidé que la morte aurait ses fleurs, — qu'elle attend depuis plus d'un an.

Un médecin a été condamné à l'amende comme coupable d'homicide par imprudence : — il avait laissé entre les mains de sa servante une fiole contenant de l'acide sulfurique concentré, et une autre contenant une médecine. — Faute d'indication suffisante, la domestique avait livré la première fiole à une personne qui en avait bu le contenu et était morte empoisonnée. L'organe du ministère public a requis les peines contre le médecin en se fondant principalement sur ce que la fiole n'était pas étiquetée. Un des témoins, le frère de la victime, jeune personne de dix-huit ans, qui avait eu la triste chance d'aller chercher le médicament chez le docteur et de l'apporter à sa sœur, vient cependant dire aux débats : « Quand il y aurait eu sur la fiole, en latin et même en français : acide sulfurique, cela ne m'aurait inspiré aucune défiance : je ne suis ni chimiste, ni médecin, et d'ailleurs je sais que ces derniers emploient, et avec succès, les préparations les plus dangereuses dont la dose es/ confiée à leur sagacité et à leur science. »

Il y a longtemps déjà que j'ai proposé contre des

accidents de ce genre, qui sont plus fréquents qu'on ne pense, une précaution qui les rendrait à peu près impossibles.

Il s'agirait tout simplement de prescrire aux chimistes, droguistes, pharmaciens, etc., de ne se servir pour contenir des substances dangereuses que de fioles en verre d'une couleur déterminée, avec le mot poison gravé en relief sur la fiole et dans la matière même du verre. Rien n'est si facile dans l'application. Déjà on se sert de fioles bleues ou vertes pour renfermer des substances que l'action de la lumière pourrait altérer ; d'autre part, plusieurs marchands d'eaux minérales ont des bouteilles auxquelles un cachet, appliqué pendant que le verre est encore fusible, imprime un mot, une adresse qu'on ne peut faire disparaître qu'en cassant la bouteille.

Je tiens au mot poison, qui choquera les savants, et je tiens à la couleur du verre, qui pourrait être rouge ou jaune, puisque le bleu et le vert sont déjà employés.

Et voici pourquoi :

Comme le disait le frère de la dernière victime, les noms des substances ne disent rien au plus grand

nombre. Usage externe que l'on met d'ordinaire sur une étiquette, est insuffisant. Quelques personnes peuvent ne pas comprendre, et l'étiquette peut se détacher. Il faut donc mettre un mot net, intelligible pour tout le monde, fùt-il un peu incorrect. Voilà pour l'étiquette.

Je maintiens la couleur parce qu'il y a des gens qui ne savent pas lire. On ne mérite pas plus la mort pour ne pas savoir lire que pour ne pas être chimiste. La couleur serait une indication suffisante qui ne permettrait pas de confondre la fiole avec les autres qui se trouvent auprès d'un malade.

Il n'y a pas que la médecine qui se trompe : la justice humaine est exposée parfois à des erreurs qui ne sont pas moins graves.

Un agent comptable perd sur une grande route un sac contenant 16,000 fr. Des apparences, des présomptions, de malheureuses coïncidences, font tomber les soupçons sur l'agent comptable lui-même. Il établit qu'il n'aurait pu prendre et cacher le sac sans se confier à l'homme qui conduisait la voiture. — Observation judicieuse, dit la justice humaine: cet homme

est votre complice ; on va l'arrêter. — Pendant quatre mois ils restent, tous deux en prison sous le j oïds d'une accusation flétrissante. — Mais le hasard les sauve : on découvre que l'argent a été trouvé p ar un voyageur qui se l'est approprié. Mais c'est, seulement il y a quelques jours que les deux accusés ont été mis en liberté. Et Dieu sait ce qu'il peut tenir de désespoirs, d'inuuiétudes , pour deux prisonniers dans l'espace de quatre mois? Comme ils ont dû, malgré leur innocence, se rappeler et Calas, et Lesunjues, et la servante de Palaiseau ! Comme leur famille a dû être livrée aux angoisses, à la malveillance, à la honte !

Le ministère public et le président du tribunal ont donné à la réhabilitation des deux victimes de cette déplorable erreur toute la solennité qui dépendait d'eux. — Mais je trouve que la loi ne leur donne pas assez de pouvoir en pareille circonstance; — la réhanlitation doit avoir au moins la notoriété et l'éclat de f accusation. Les accusés innocents, qui sont sortis de chez eux, publiquement emmenés par des gendarmes, devraient y rentrer publiquement, ramenés avec pompe par le chef de la justice, en grand costume officiel. Une indemnité proportionnelle devrait leur être payée. — On ne doit rien négliger, en un

mot, de ce qui peut faire éclater leur innocence. — N'ayez pas peur de trop faire : leur njalheur leur fera toujours un peu de tort; grâce à la malice humaine, l'accusation aura toujours plus de notoriété que L'acquittement.

C'est encore aux tribunaux que j'emprunte le sujet dont je vais vous entretenir.

Un duel qui a causé la mort d'un homme va prochainement amener l'un des combattants et les quatre témoins devant la justice. Je n'ai pas assez de loisirs, pour traiter cette question sous toutes ses faces. Selon moi, les témoins ne devraient pas être accusés et exposés à une condamnation pour avoir assisté à un duel, mais seulement dans le cas où le duel se serait passé d'une manière irrégulière. Grisier, le célèbre maître d'armes, l'a dit avec raison : Les témoins ont tué plus de monde que les épées. Il faut que les témoins soient responsables, mais des irrégularités du duel et non du duel lui-même, sans cela, dans les rares occasions où un duel est inévitable, les combattants ne pourront pas se faire assister par des hommes honorables, et ils confieront leur honneur et leur vie

aux premiers venus n'ayant rien à perdre et rien à conserver.

La réprobation du duel sans examen des causes et le procès fait aux témoins, comme témoins, amèneraient des duels sans témoins ou avec des témoins de rencontre.

Aujourd'hui on ne peut plus être spadassinm bretîeitr : on serait déshonoré et ridicule ; les mœurs ont beaucoup fait pour la répression du duel; on pourrait citer même plus de gens qui ne se battent pas assez, que de gens qui se battent trop.

Il faut laisser subsister le peu qui reste de duel, pour sauver le très-peu qui reste de politesse. — Supposons le duel réellement aboli, et je refuserais net de donner le bras à une femme pour traverser la rue. Il faut bien laisser quelque gêne à l'audace et à la lâcheté.

Mais ce n'est pas là le point que je veux traiter. Autant je crois qu'il faut maintenir le duel dans certains cas très-graves , — autant je désapprouve ces duels amenés par une sotte vanité, ces duels où les adversaires se battent pour la galerie, sans haine, sans ressentiment pour eux-mêmes. — Eh bien ! ces duels ridicules et féroces sont dus le plus souvent à l'usage du pistolet.

Je m'explique :

Si deux hommes se battent à l'épée, il n'y a pour chacun d'eux que deux chances, une bonne et une mauvaise; un des deux sera touché, lui ou moi.

Au pistolet, il y a trois chances : lui, moi, ou personne.

C'est-à-dire que chacun des combattants a deux chances favorables contre une mauvaise.

C'est ce qui séduit les témoins et ce qui leur fait prêter les mains à des rencontres auxquelles ils refuseraient d'assister si l'un des deux adversaires devait nécessairement être au moins blessé. C'est ce qui amène ces duels pour la galerie, où tout le monde joue sur la troisième chance, le double zéro, où les combattants s'en veulent si peu, qu'ils se contentent d'une opération qui ne prouve qu'une chose, à savoir, que les deux adversaires tirent également mal le pistolet.

Je n'ai assisté que le moins possible à ces sortes d'affaires, — parce que je prends très-sérieusement la responsabilité des témoins.

J'ai lait une fois cesser un de ces duels pour la galerie par une simple observation. — Les adversaires, dont les noms étaient connus et qui se sentaient très-

regardés, avaient tiré chacun deux coups de pistolet ; on rechargeait les armes , lorsque je leur dis : Vous avez montré tous les deux assez de courage et de maladresse; allons-nous-en.

Le pistolet a un peu des effets des circonstances atténuantes devant le jury. De même que dans certains cas les jurés peuvent demander moins de preuves pour une condamnation mitigée par l'admission de circonstances atténuantes, les témoins consentent à assister à un duel sans cause suffisante , en raison de la chance fréquente desrésul ats nuls.

Sous un autre point de vue, je maintiens que le pistolet donne à l'adresse et à l'exercice un avantage que l'épée donnerait presque toujours au courage et au sang-froid. Il se fait sur le terrain, à l'épée, bien peu des choses qui s'exécutent à la salle d'armes.

Jamais à l'épée il ne peuty avoir entre deux hommes l'inégalité qui peut exister au pistolet.

D'ailleurs, l'épée est l'arme française. On s'attaque et on se défend à la fois.

Au pistolet, on cherche à s'assassiner chacun à son tour; chacun à son tour vise un adversaire sans défense.

Grâce au pistolet, les rares duels nécessaires, légitimes, peuvent devenir dérisoires. Grâce au pistolet,

des duels pour des causes futiles trouvent des témoiDs et sont souvent funestes.

M. le vicomte d'A... est le plus heureux des hommes; il a fait des livres qui ont fait beaucoup de bruit en leur temps; ces livres ont été traduits en trentedeux langues, en toutes les langues, excepté en français. L'auteur raconte volontiers que l'empereur de Russie, le recevant à Pétersbourg, fit trois pas au-devant de lui et lui dit: — Monsieur le vicomte, la Russie, par ma bouche, vous remercie de l'honneur que vous lui faites de fouler son sol. A l'appui de cette anecdote, il a coutume de montrer une très -grosse perle que l'empereur le pria d'accepter. Il a ainsi un petit musée entièrement composé de témoignages d'admiration des divers souverains. Je ne parlerai pas des tabatières enrichies de diamants, on ne les compte pas, mais on peut citer un portrait en pied de la reine deTaïti, vêtue d'une paire de boucles d'oreilles; — une dent de l'empereur du Mogol que ce puissant prince se fit arracher exprès pour donner au vicomte une preuve d'estime qui n'eût pas été prodiguée; — une bague faite de six poils tressés de la barbe du kan des Tartares Mantchoux; — un diamant bleu

offert par le sultan de Visapour après la lecture d'Ips... Mais, hélas! il n'est pas de bonheur parfait en ce monde. Depuis quelque temps, lorsque le vicomte après ces mots : « de l'honneur que vous lui faites de fouler son sol, » fouillait à la poche gauche de son gilet et tirait un morceau de papier, le dépliait et montrait la fameuse perle, il lui semblait que la perle pâlissait, jaunissait; — enfin cela devint si marqué qu'il n'y eut plus moyen d'en douter : — la perle était malade. On sait que les perles sont sujettes à des maladies qui altèrent leur émail et détruisent leur éclat. On évite, assure-t-on, cet accident, en les portant toujours sur soi à même la peau, jour et nuit, au lieu de les renfermer dans des écrins comme on fait pour les diamants, les rubis, les topazes, etc. Le vicomte était désespéré, il consulta diverses personnes : enfin on lui dit : Il y a un moyen bien simple de rappeler votre perle à la santé et de lui rendre tout son éclat : vous savez les facultés digestives du canard , ce sont celles de l'autruche, mais très-modi fiées et très-amoin- Iries. Il ne faudrait pas faire avaler votre perle par une autruche, vous ne la reverriez jamais ; l'autrjcheh digérerait et se l'assimilerait, mais faites-la avaler par un canard; son estomac ne pourra absorber que l'espèce de rouille qui s'est attachée à votre perle; il vous

rendra le lendemain votre joyau parfaitement nettoyé.

Le vicomte se procura un canard et lui fit avaler la perle; puis, il s'enferma avec le canard en attendant les résultats promis. Le lendemain point de perle; le surlendemain point de perle. La perle est digérée, la perle est assimilée et changée en la substance du canard. Quel malheur! pendant ces deux jours-là, le vicomte ne raconte pas une seule fois l'histoire de sa présentation à l'empereur de Russie; cela inquiète ses amis. Le moins qu'il l'eût jamais contée auparavant était trois fois en un jour; il n'allait nulle part, il ne parlait plus, il pâlissait, il jaunissait comme sa perle, mais il n'y avait pas moyen de le faire à son tour avaler par un canard.

Vous ne pouvez plus montrer votre perle, lui dit un ami, mais qu'à cela ne tienne; après ces mots : de '.'honneur que vous lui faites de la fouler, vous direz : Et voici le canard qui a mangé et digéré la perle que l'autocrate me pria d'accepter. Cela excitera doublement la curiosité, et renouvellera et rajeunira un peu l'histoire. Le quatrième jour, le soir, le vicomte consentit à retourner dans le monde, il parla comme de coutume; il raconta sa présentation à l'empereur de Russie, et après ces mots : de l'honneur que vous lui faites de fouler son sol, — il prit dans la poche gauche

de son gilet un petit papier qu'il déplia et dont il sortit la fameuse perle, mais, hélas! diminuée de la moitié. Le canard l'avait gardée trop longtemps.

Cette histoire, confiée seulement à deux amis intimes, devait rester secrète, et l'on n'a jamais su lequel des deux l'avait racontée. Toujours est-il qu'à quelque temps de là, le vicomte, prié à dîner, vit paraître suï la table un canard qui, au lieu d'être entouré d'olives, était entouré de perles, ce qui fit beaucoup rire tout le monde, excepté lui.

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