FTIT CONTE DE NOEL
L'autre jour un enfant, la figure fanée,
Les habits en lambeaux, toute la matinée Auprès d’un étalage, avait mangé des yeux Des cônes de bonbons frais et délicieux.
Sous le coup de l’appât haletait sa poitrine; Il était là, le front collé sur la vitrine,
Et n’avait de pensée et n’avait de regard
Que pour ces riens dont il n’aura jamais sa part. Je m’approche de lui. “ Quel est, dis-je, ton père?”
— Monsieur, je n’en ai plus; je vis avec ma mère,
Ft c’est avec des pleurs que l’enfant me répond.
“ Sais-tu, pauvre petit, que ce soir c’est la fête
Trois frères, quatre sœurs, à Saint-Roch, près du pont.”
De l’Enfant-Dieu ? — “ Je sais, dit-il, hochant la tête,
Mais pourquoi donc Jésus à qui souffre la faim Ne donne pas ce soir un bon morceau de pain ” “— Il te le donnera si tu le lui demandes; ”
Et le frémissement de ses lèvres gourmandes
Me fit comprendre, hél:s! que le pauvre petit Mordrait dans un gâteau de fort bon appétit; Et l’entraînant de suite à la confiserie,
Je l’attablai. Ce fut comre une griserie!
Et de le voir ainsi dévorer les pâtés,
Les gâteaux engloutis avant d’être goûtés,
Me jeta dans le cœur une pitié profonde;
Et je songeai soudain à tout ce petit monde
A la mère là-bas, attendant son enfant
Et qui contre la faim, en pleurant, se défend.
Je jurai de leur faire une douce surprise.
Sa dernière bouchée était à peine prise Que je dis à l'enfant: “ Si tu pendais ton bas, Petit Jésus est bon, il ne t'oublierait pas.
A ton lit suspends-le ce soir; qu’il soit solide, Car il sera bien plein.” Mais le petit, candide, Me dit d’un ton dolent, les Yeux sur moi fixés:
“ Monsieur, je voudrais bien, mes b:s... ils sont percés !