LE SAUVEUR
“ Homme au pouvoir étrange et qu’on nomme Messie, Venez-vous relever notre gloire obscurcie,
Et, prenant notre cause en vos puissantes mains,
Du sol aimé de Dieu balayer les Romains ?
Avez-vous mission d'étendre nos frontières
Et de prouver à Rome aux allures altières
Que le drapeau vainqueur du pays d’Amalec
Peut encore aujourd’hui la tenir en échec ?
Accourez délivrer Jérusalem souillée
Par le pied des Gentils. Que soudain réveillée,
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Toute la nation, par de nouveaux exploits, Devienne libre encore et reprenne ses droits.
Si vous êtes vraiment l’homme que la patrie Attend pour relever sa puissance flétrie,
Si les prophètes saints ne nous ont pas trompés, Voici l’heure fatale aux trônes usurpés.
Que Juda, défiant les soldats du prétoire, Rachète d’un seul coup cent ans de son histoire. Armez-vous, ô Sauveur, et venez commander Tout un peuple debout, prêt à vous seconder.
D’Hérode renversez le pouvoir éphémère,
À Dieu rendez son temple et les fils à leur mère, Et que notre drapeau, du Romain respecté, Porte encor dans ses plis l’antique liberté.
Parcourez en vainqueur le sol de la Judée
Sous un infâme joug si longtemps dégradée.
Nest-ce pas le moment, noble envoyé du eiel,
De frapper un grand coup pour sauver Israël ?”
Ainsi parlaient les Juifs. Mais le Christ sans faconde, Souriant, répondait :
“Je viens sauver le monde! ”