‹ Sous les pins [microforme]Chapitre 38 sur 69 · LE POETE ET LA CIGALE · texte numérisé non relu

LE POETE ET LA CIGALE

SONNET

Cigale du bon Dieu, virtuose si frèle,

Jamais l'écho lointain ne redit ta chanson,

Car le bruit gracieux de ta voix douce et grèle

Qu’entend sen] l'Eternel se Perd dans le buisson,

Je te ressemble, amie; à la muse fidèle, J’ai chanté comme toi l’agréable saison Sans jamais demander si l’essor de mon aile

M'emporterait un jour vers un autre horizon.

Rivale de mes chants, toi qu’au bord de la route Plus d’un passant rêveur avec amour écoute,

Au printemps qui revient seule tu vas chanter.

Eparpille dans l’air ta note familière,

Et quand j'aurai fini ma tâche journalière,

Emu, près du buisson, je viendrai t’écouter.

Page 1