À UNE PETITE AMIE
Lorsque je te surprends au balcon accoudée, Ton beau regard perdu dans le ciel constellé, Où laisses-tu flotter, frêle enfant, ton idée? Où va ton cœur? où va ton beau rêve étoilé ?
À qui donc penses-tu, lorsque tu te reposes ? Quel doux songe d'amour traverse ton esprit ?
Songes-tu lorsque monte à toi l'odeur des roses,
Au poète qui t’aime, à Dieu qui te sourit ?
Ni Dieu ni le poète occupent ta pensée, Car ton rêve enfantin ne monte pas si haut.
Par les riens d’ici-bas ton âme est amorcée; Un poète rêveur n’est pas ce qu’il te faut.
Aussi quand je te vois indolente et distraite, Tu songes, ne mens pas, à quelque beau valseur Qui dans le dernier bal t’aura conté fleurette
Et pris dans ses filets ton brave petit cœur!