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La puix descend du ciel. La gaité, que Dieu donne
Aux jours si pleins du paysan, Luit sur ces jeunes fronts. Déjà le père ordonne tre, : A l'aîné de ses fils, qui, tout joyeux, fredonne,
D’atteler les grands bœufs au chariot pesant.
Puis la troupe s'ébranle, et la lourde charrette
Suit lentement l’étroit sentier,
Broyant sous ses essieux la pâle pâquerctte
Et l’inscete rampant qui sort de sa retraite ]
Pour mordre au point du jour la fleur de l'églantier.
De mon logis voisin je les regarde faire,
Moi, le rêveur qu’on croit savant. Aux langueurs de la ville, oh! combien je préfère Le réveil matinal de la famille austère,
Debout pour le travail aux clartés du levant!
Eux seuls savent goûter l’heure déliciense D’un calme lever de soleil.
Et tandis que, perdus dans la plume soyeuse,
Nous dormons agités, une troupe joyeuse
Se découpe là-bas sur l’horizon vermeil.
Je laisse sans regret le souvenir d’un rêve,
Sylphe aimé, fantôme riant,
Povr regarder passer les brunes filles d’Eve
Qui vont, ivres d’air pur, sur le bord de la grève
Plonger leurs pieds frileux dans le flot gazouillant.
Devant leurs pas légers volent de blondes ailes. Rêveur, je les suis du regard,
Et je les vois, courant ainsi que des gazelles,
Franchir les frais ruisseaux, et fières d’être belles,
Jeter sur l’eau limpide un coup d’œil au hasard !
Et moi qui les ai vu de ma fenêtre sombre Courir de sillon en sillon,
Ignorantes toujours de mes soucis sans nombre,
Je compare ma vie hélas! si pleine d’ombre
Aux jours ensoleillés des filles du vallon.
Et si ma muse alors soupire une élégie, L’écho de leurs vives chansons
Arrive à mon oreille et, puissante magie,
Trouble soudain mon rêve, et l’amour en vigie
Crie à mon cœur: “Prends garde au doux temps des [moissons.”
a A Re