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Depuis ce jour fatal plus de paix au ménage;
Il agit à sa tête, et, voisine, j’enrage
De le voir gaspiller et son temps et son bien.
Il fait tout à la hâte; il ne calcule rien,
Et les mauvais marchés, les pertes, ça foisonne Comme les blonds épis qu’en juillet on moissonne, Il faut bien l’endurer; me plaindre n’est plus temps. Il fallait dire: non! quand j’avais dix-sept ans. Le contrat, c’est heureux, me donne sans partage La moitié de la ferme avec tout le ménage,
Et le sot qui lui prête, ami trop obligeant,
Sur le chemin du roi courra pour son argent !
Qui l’a réduit ainsi? Rien que la politique, Véritable fléau du bonheur domestique.
Hélas! sur ce chapitre il n’entend pas raison; Pour la moindre assemblée il laisse la maison, Discute avec chaleur, se démène, s’emporte
Et, l'esprit à l’envers, vient frapper à ma porte,
EE —
Puis, employant les si, les comment, les pourquoi, Le malheureux! il veut discuter avec moi
Et plein de son sujet n’admet pas de réplique, Mêle la question bien plus qu’il ne l'explique. Mais c’est surtout lorsque paraît le candidat Qu'il exagère encor son éternel dada.
Il l’escorte partout, lui prête sa voiture,
Il fait Phomme important, néglige la culture Pendant que le blé mûr pourrit dans les sillons, Par l’insecte rongé. N ai-je pas droit, voyons,
De me plaindre et de dire à qui voudra m’entendre
Que je suis loin d’avoir du bonheur à revendre !
Sur le chemin poudreux deux femmes caquetaient ;
L’abeille était aux fleurs et les oiseaux chantaient.