‹ Sous les pins tranquillesChapitre 38 sur 132 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

— Je ne vous cacherai rien, Adrienne. Dites-vous aujourd'hui que vous avez trouvé une famille de vieux amis qui ne demandent qu'à vous aimer. Ne pleurez plus, une vie nouvelle commence.

— Est-ce que mes u autres oncles » sont aussi bons que M. Maraval?

— Vous savez donc qu'il est bon?

— Oh! Cela se sent... Et Mlle Dorothée, elle ne sera pas sévère ni grondeuse?

— Personne à la Maison -Blanche n'est grondeur ni sévère, même le colonel Bréchart qui vous enseignera la géographie et les mathématiques.

— Vrai? J'aime tant le calcul : j'étais toujours première pour les problèmes!

— Tant mieux, dit Mme Sabattet, contente de la voir montrer une naïveté et une fraîcheur d'enfant; mais il me semble que j'entends notre ami dans le petit salon à côté.

Maravaî attendait en effet Adrienne avec l'impatience affectueuse d'un matin d'étrennes.

— Déjà transformée! dit-il en apercevant la jeune fille; mais je croîs qu'il vous manque, Adrienne, quelque chose qui vous fera peut-être plaisir.

Il lui présenta une petite boîte nouée d'une faveur. Frémissante de plaisir, elle ouvrit avec des doigts qui tremblaient.

— Oh! la jolie montre, une montre en or, avec sa chaîne! Comment vous remercier, « oncle Elie » ? Est-ce que je puis vous embrasser? Est-ce que c'est convenable, marraine? Tant pis, je me risque!

Se jetant ensuite dans les bras de Mme Sabattet, elle lui disait :

— C'est un cadeau très joli... et que je ne mérite pas.

lit sous LES PINS TRANQUILLES

•>— Eh bien, dit Maraval, peut-être tiendrez-vous à honneur de le mériter, voilà tout!

Et il avait Tair si heureux du bonheur qu'il causait, que Mme Sabattet n'eut pas le courage de le gronder.

Il ajouta :

— Je reviens de la gare, nos places sont retenues.

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