‹ Sous-offsChapitre 129 sur 199 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

dépouille des sergents tortionnaires, des prévaricateurs circonspects, des redondants etléonins sous-offs, — le piquet d'honneur? Un lâche ! disait deTétrelle, l'Évangile selon Vérignac ; un justicier de soi-même, répondait l'Évangile selon Boisguillaume. N'était-ce pas à la fois sinistre et bouffon, cette controverse poussant comme une usnée humaine, sur le crâne fracassé, ces deux mains guerrières dont l'une profanait la tête que l'autre avait sacrifiée !

Et, tout à coup, il sembla à Favières que le véritable enterrement de sa vie militaire, goujate, cruelle, improbe et pourtant pitoyable, c'était l'enterrement de ce malheureux, et qu'il devait le suivre non seulement pour se donner, en souffletant la consigne, une éclatante preuve d'affranchissement,, mais parce qu'en le suivant, il accompagnait d'abord tous ceux qu'il avait vus tomber sur la route, de lassitude, de faiblesse, de découragement, les obscures victimes des règlements, de l'hôpital, du désespoir, de la promiscuité, des pique-bœufs..

Pouvait-il mieux que par la miséricorde et la charité du souvenir rentrer dans l'humanité, dont un cauchemar de quatre années l'avait exilé ?

Midi! S'il allait arriver trop tard? Il doubla le pas, se dirigea vers l'avenue Rapp...

Une porte était ouverte, un convoi prêt à sortir, solitaire et cahoté, au milieu d'une valetaille irrespectueuse et funèbre, se demandant quel crime avait bien pu commettre celui-là dont la charogne partait dans l'universel abandon...

Favières s'informa rapidement, puis s'eli'aça, se laissa dépasser par le corbillard.

VAf tête nue, il marcha derrière.

Page 1