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DEUXIÈME PARTIE

les gamelles de campement enfin, transformées en tnhs dans lesquels, aux jours héroïques, les chefs éparpillaient les squames de leurs corps glorioleux. Linge mensuel, effiloqué, teinte de lavis marginale, concrétion cérumineuse dans les ruches auriculaires, incurable abandon des dessous, c'est tout cela qui démolissait le rabâchage « propre comme un vieux, comme un ancien soldat ! »

Après tout, ils avaient peut-être, ces grognards, cette supériorité subsidiaire sur la jeune armée, et Favières regrettait qu'il n'en restât,comme d'eux-mêmes d'ailleurs, nulvestige dans les nouveaux régiments. Briscards raboteux, chevronnés légendaires, moustaches grises, soldats laboureurs... Dire qu'on avait dorloté son enfance avec ces types!... Il lui était bien permis de se récrier devant le soliveau, tombé du cadre des grands magasins modernes dans les cadres de l'armée et ravalant la fraction à instruire jusqu'au rayon à diriger.

Un soir d'avril, Favières aperçut Vaubourgeix au Stai^ ; huit jours après, il le rencontra au Grand-Océan^ une brasserie à femmes de la place Gambetta; plusieurs fois enfin il le retrouva dans les beuglants, les établissements spéciaux où viennent échouer les veuvages et les célibats militaires.

— Tiens! est-ce qu'il y aurait de la brouille? pensa le fourrier.

11 inclina plutôt vers une innovation de l'adjudant, lorsque, flânant à sa fenêtre, après l'exercice de l'après-midi, il vit Généreuse parlementer avec le sergent de planton, puis traverser la cour, un grand panier de blanchisseuse au bras. Elle ressortit une demi-heure plus tard, son panier toujours vide.

— Une frime, conclut Favières. Vaubourgeix ne veut plus aller rue de Montivilliers, à cause de Tétrelle qui le compromet. Alors il fait venir sa maîtresse au quartier.

Il voulut en avoir le cœur net et retint Chuard à la cantine, en lui offrant un champoreau.

— Est-ce que Tétrelle n'a pas eu une visite, tantôt?

— Si... Ali! je crois bien qu'il y a du nouveau!... Je m'en doutais, car, à la dernière distribution, Vaubourgeix étant de semaine, a, paraît-il, traité mon Tétrelle comme un simple bibi de 2® classe, parce qu'il arrivait en retard sur les rangs. Donc, cet après-midi, j'entre dans le bureau... sans frapper... (j'y travaille quand j'ai un moment à perdre) et j'y trouve qui?' ton ancienne causant avec le fourrier. Elle disait, en ayant l'air de se plaindre : (( Rien... rien obtenu... pas d'explications... » Et il répondait : « Je vous avais prévenue;... une rosse. » Naturellement, ils se sont tus en me voyant, et j'ai battu en retraite discrètement. Mais ils sont restés ensemble pendant dix bonnes minutes. Moi, je crois qu'elle a cherché à raccommoder Tétrelle et l'adjudant et que Vaubourgeix l'a rembarrée.

— Possible.

La semaine suivante, dans le désœuvrement d'une après-dînce, Favières, paresseux de s'habiller pour sortir sans nécessité, s 'étant allongé sur son lit, y glissa doucement au sommeil et ne fut réveillé que par nn coup frappé à sa porte. Il entr'ouvrit les yeux sur la nuit descendante et, se rencognant, cria : « Entrez! » persuadé que c'était son brosseur qui venait allumer la lampe. Mais la porte ouverte, refermée, dans le silence immanent, Favières ressentit l'inquiétude vague d'une présence circonspecte auprès de soi. Il se retourna, aperçut une ombre droite, laquelle, aussitôt, fit mine de se dérober, en balbutiant :

— Le sergent-fourrier de la 3% s'il vous plaît?...

Il ne rêvait pas, c'était bien la voix de Généreuse ; il se redressa et dit pourtant :

— C'est moi... qu'y a-t-il?

Alors, se rapprochant :

— Je ne te voyais pas. ..j'allais partir... on m'a bien renseignée. . .

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