‹ Souveniers sur la vie privée du général LafayetteChapitre 29 sur 58 · AMERICAN STAR, VICTORIOUS, DEGEMBER 9TH · texte numérisé non relu

AMERICAN STAR, VICTORIOUS, DEGEMBER 9TH

Les rames sont placées en sautoir de chaque côté de la barque, qui est soutenue par quatre supports.

Les whitehaUers, après leur victoire, n'avaient pas voulu céder pour trois mille dollars au capitaine de la frégate anglaise ce canot avec lequel ils conduisirent Ijafayette à rentrée dé la baie de New-York.

Ce petit monument devant vous intéresser, commeAméricain , je voUs en donne une esquisse dans laquelle j'ai supprimé les piliers et les grilles du devant, afin de mieux voUs faire voir le canot. Que les braves marins qui montaient ce dernier ne peuvent-ils visiter Lagrange ! Ils y verraient le cas que Lafayette faisait de l'esquif léger qui , en fendant rapidement les eaux sous les efforts de leurs bras vigoureux, leur avait servi tout-à-la-fois d'instrument de victoire et de char de triomphe !

La ferme. Les terres de la ferme sont en général fortes. Cinq cents arpents sont mis en labour; le reste est en bois ou en prairies. Les terres arables sont coupées en pièces de vingt arpents, entourées chacune de pommiers et de poiriers. Outre l'étang de la Garenne, il y en a un autre beaucoup plus considérable, placé sur la route de Goulommiers à Nangis. Il est parsemé d'îlots couverts d'arbustes. Une petite barque à voile et à rames permet d'y faire d'agréables promenades.

Lesbois ^plantés d'arbresmélangés, et sur-tout de chênes et de hêtres, comprennent à-peu-près deux cent trente arpents; ils sont exploités par coupes régulières à vingt ans de crue.

La ferme est divisée en deux grandes cours : dans la jpre- ^

mière, qni est la plus considérable, se trouvent toutes les bergeries, les étables, les écuries, les poulaillers, la volière, la laiterie, une immense g^'ange pour serrer le foin, et le loge^ ment du fermier.

Les bergeries sont spacieuses, bien aérées et dun^ij^ande propreté. Elles renferment de mille à douze centtb^êfil^Les unes sont pour les brebis et leurs,agneaux, lesautresifMiCîr les moutons ou les agneaux séparément. Il y en a aussi une pour les animaux malades, ou infirmerie qui est presque toujours vide. Les étables , les écuries , etc. , sont construites et entretenues avec le même soin.

La volière est xme espèce de faisanderie grillée, oil sont renfermés de beaux oiseaux donnés à Lafayette, et parmi lesquels on peut remarquer la Grue à couronne, des Faisans dorés et argentés, des Poules chinoises, des Canards branchus de la Caroline , des Oies de la Ijouisiane , des Hoccos du Mexique , des Perdrix particulières à l'Amérique, etc.

Il y a deux grandes laiteries avec une machine à battre le beurre.

Les bâtiments de ce corps de la ferme renferment aussi un four, un pétrin mécanique, et une Machine à vapeur avec ses cuves en bois , donnée par M. Morris. Cette dernière machine sert à cuire des masses de pommes de terre destinées à lengrais des bestiaux et des porcs en particulier.

Le logement du fermier est dCune propreté remarquable. Son ameublement est simple, mais indique une grande aisance. Dans son bureau , les registres de la ferme sont rangés dans un casier et tenus avec beaucoup d ordre.

Les personnes les plus délicates dîneraient volontiers à la longue table, gfarnie de carreaux de faïence, sur laquelle les gens de service prennent leurs repas.

Dans l'autre cour de la ferme, on trouve, i"" un grand bâ* timent qui contient la récolte du blé, et dont le milieu est occupé , à ses deux étages, *par une belle madiine à battre; 2** une grande porcherie qui peut contenir cent à cent cinquante animaux : elle est fort propre, ne donne aucune odeur désagréable , ce qui est assez rare dans de semblables lieux; 3^ un bâtiment qui renferme le pressoir à cidre et les cuves à vin : des tuyaux souterrains conduisait ces boissons dans les caves, qui scmt à environ vingt-cinq toises de ce bâ* timent; 4^ de belles remises pour les voitures, les diarrues; et au-dessous, d'immenses celliers pour conserver les récokes, de betteraves et de pommes de terre.

La paiUe, le fui^ier, qui dcnvent former les engrais, sont arrosés par une pdmpe.

LETTRE ONZIEME

Piaurts, le i'' novembre i834-

Parmi les animaux de la ferme de LagraDge, le troupeau de mérinos est ce qull y a de plus remarquable. C'est an des premiers et nn des plos beaox qni aient été introduits en France. Il a toujours été perfectionné depuis, et à plusieurs reprises il a obtenu le prix de la finesse des laines : cependant sa taiUe est assez élevée. Il se compose d^environ miHe bêtes.

U y a à Lagrange trente à quarante Taches; une partie est originaire du canton de Schwitz en Suisse; qudqnes Jtnes. sont de la belle race normande ; deux vaches et nn taureau sont de la race anglaise de Devon, et ont été domiés à La* fayette par le célèbre agriculteur M. Coke dHolkam; il y a aussi quelques vaches de la même race, venues des États-Unis.

Les cochons sont de diverses races. Il y en a de très gros «ivoyés de Baltimore. D autres sont an^o-chinois. Beaucoup sont croisés de la race du pays avec ceOe de Baltimore.

U y a qudques années, im beau verrat chinois se battit à outrance avec un rival de Baltimore, et resta sur la place. Le vaincjneur fan-même mourut peu de jours après des blessures qull avait reçues. Lafayette r^rett&it principalement le premier, qni était jeune et de la plus grande e^>éce.

I^es chevaux an service de la ferme forment quatre atte-

SOUVENIRS SUR LAFAYETÏE. 235

lages. Dans une des écuries, on trouve le cheval blanc que Lafayette montait en i83o, aux jours de revues de la garde nationale. La vieillesse commence à trahir la bonne volonté de ce vieux serviteur, mais il a trouvé dans les pâturages et les écuries de Lagrange une retraite assurée jusqu à la fin de sa vie.

Si des bestiaux nous passons aux récoltes, nous verrons quelles consistent principalement en grains, foin, luzerpe, pommes de terre, betteraves, pommes et poires à cidre.

Vous avez pu juger, d'après ce qui précède, que pour lui , Lafayette préférait la vie des champs à celle de la ville. Dès qu'il pouvait se retirer à sa ferme, il y jouissait dune tranquillité d esprit qui rafraîchissait ses forces excédées par les occupations qu'il avait à Paris. Néanmoins il ne. faudrait pas croire qu'il donnât au repos le temps qu'il passait à Lagrange ; devenu cultivateur , il se délassait de ses fatigues par des occupations différentes de celles qui les avaiept produites.

Sa famille et ses amis ne craignaient pas pour lui les exercices du corps, mais seulement les peines de l'ame. Ils savaient que ceux-là ne faisaient que le fortifier, tandis que celles - ci altéraient visiblement sa santé , et commençaient par déterminer presque constamment chez lui une toux nerveuse.

Lafayette ne dormait ordinairement que sept heures, mais dun sommeil doux, paisible, rarement agité par des rêves. Il pensait avec raison que là. vie matinale était favorable à. la santé, et qu'un trop long sommeil, au lieu de reppser les

forces y les affaiblit par Fespéce de torpeur qull produit. Il se faisait éveiller à cinq heures du matin , et avait Thabitude de rester encore une ou deux heures dans son lit , à lire ou à écrire. Dès qu il était levé , il faisait sa toilette, rendait à la mémoire de sa femme le touchant hommage dont j'ai parlé, et s occupait ensuite dans son cabinet jusqu'à dix heures. Il descendait alors pour le déjeuner. Après ce premier repas, il parcourait les journaux français ou étrangers, et vers midi^ il allait à la ferme ;- il y restait au moins deux heures tous les jours. Il ne rentrait chez lui que vers trois heures, s occupait de sa correspondance et de ses autres travaux de cabinet jusqu à six, où la cloche se faisait entendre au loin, pour annoncer le dîner aux personnes qui se trouvaient au château et- à celles qui ^e promenaient dans le parc. •

Après le dîner, quand le temps était mauvais, Lafayette passait la soirée au salon à causer avec ses enfants et ses amis , et à recevoir les étrangers qui venaient le visiter. Quand il n'y avait que safamiUe, il lui arrivait assez souvent dq se retirer chez lui, à huit heures , pour travailler ; mais , avant dé se coucher, vers dix heureset demie, il rentrait ordinairement au salon pour recevoir le bonsoir de ses enfants et leur donner le sien.-

Pendant son séjour à Lagrange ,. il employait la majeure partie de son temps à diriger les travaux d'agriculture, à s'instruire de ce qu'on écrivait sur la partie pratique de cette science, à perfectionner les instruments aratoires oii à améliorer la culture des terres. Il entendait parfaitement l'art

de cultiver et en parlait volontiers, faisait la plupart de ses expériences en grand, et presque toujours elles lui réussissaient : bien qu il ne s'occupât que de la direction générale de ces travaux, les détails ne lui étaient pas étrangers; il savait que les plus grandes choses se composent de petites, et Ton n'abattait pas un arbre à Lagrange, qu'il n'en eût donné Tordre. Rien au parc et à la ferme n'était accordé au luxe ou à de vains ornements, et l'agrément était toujours, quand il le fallait , sacrifié à l'utilité.

Lafayette n'avait voulu faire de Lagrange qu'une ferme ornée d'allées bien dessinées, de belles et bonnes plajatations , et rien de plus. 11 aimait peu les fleurs , ou plutôt n'avait pas le temps dé les aimer et de les cultiver; d'ailleurs les troupeaux ne les auraient pas respectées : aussi, dans les dernières années de sa vie , on soignait seulement quelques jolies plantes pour les dames de sa famille. Les prairies de son parc n'étaient point fauchées : les troupeaux se chargeaient de les tondre et de remédier à leur exubérante végétation; les bosquets du parc eux-mêmes n'étaient point épar^ gués, et les feuilles des arbres étaient coupées par eux à la hauteur qu'ils pouvaient atteindre.

Les terres de Lagrange étaient les mieux cultivées du canton , et il était facile de les distinguer, par cela même, de celles des voisins , auxquels Lafayette donnait l'exemple. Les paysans qui l'ont imité, ont considérablement amélioré leur position, sur-tout depuis 1816. A cette époque, Lafayette avait planté cinq mille pieds de pommiers et de poiriers : les paysans se rirent d'abord de ses plautattotis ; mais

voyant bientôt (ja'û en obtenait d'abondantes récoltes ; que le cidre qu on faisait à Lagrange était une excellente boisson qui se vendait fort bien, ils commencerait aussi à cultiver ces arbres. Aujourd'hui le pays en est couvert, et le cidre est la boisson ordinaire des habitants.

Dès le matin Lafayette inspectait les travaux de la ferme par lune des fenêtres de sa bibliothèque qui en dominait les bâtiments et les cours ; il voyait distribuer les fourrages aux bestiaux, et le porte -voix que j'ai mentionné lui servait à donner des ordres à son fermier dont les vigoureux poumoDs pouvaient se passer de cet instrument pour lui répondre.

Lafayette savait que l'exercice lui était favorable ; aussi se rendâit-il à pied aux bâtiments de la ferme et présidait à la rentréedes blés, des foins et des autres récoltes. Gomme il ne marcdiait que difficilement, il montait à cheval pour aller viater les travaux des terres plus éloignées, sur-tout à l'^oqoe des moissond et du fanage. Depuis sept à huit ans , il se servait plus habituellement dans ses courses, d'une petite calèche russe , fort légère , qui allait facilement à travers champs.

LescuyeTy homme vigoureux, actif, intelligent, et d'une grande probité , dirigeait comme fermier et conduit encore aujourd'hui l'exploitation de Lagrange. Depuis 1818 La-» fayétte l'avait formé aux travaux agricoles ; il le regardait comme son élève, l'aimait beaucoup et lui avait donné toute sa confiance. ■

Le fermier tenait avec un ordre parfait des registres sur

lesquels les produits et les dépenses de la ferme étaient ré* gulièrement constatés; le château ne prenait pas un pot de lait ou un quarteron d œufs sans y être débité.

Lafayette avait emporté ces registres avec lui dans le dernier voyage qu'il fit en Amérique' : il en perdit un à New- York et le regretta beaucoup.

Un jour Lafayette fit voir ces registres à M. H. Say, et lui demanda si, comme négociant, il approuvait sa manière de tenir ses comptes ; ensuite il lui parla longuement des avantages que ragricultnre peut retirer d'une bonne comptabilité , et de l'analogie qu'il y a entre une grande ferme et une manufacture.

Il fit remarquer à M. H. Say que les grandes allées de gazon qui, après avoir traversé sa propriété, en faisaient ensuite le tour, avaient été tracées aussi bien pour Futilité que pour l'agrément; que les troupeaux devaient cheminer en broutant, et se trouvaient ainsi obligés de prendre lexercice nécessaire à leur santé, en faisant le tour du domaine avant de rentrer aux bergeries.

Lafayette voulait que chez lui les animaux fussent bien traités, bien nourris : aussi en prenait-il un soin tout particulier. Une année où les récoltes avaient été peu abocH dantes, il- s'aperçut que le fermier, par une économie mal entendue, ne nourrissait pas assez les porcs, et que ces animaux devenaient maigres et galeux. Il lui recommanda de leur donner une nourriture plus abondante et de ne rien épargner pour leur santé. Il était déjà monté dans sa voi* ture pour revenir à Paris, quand le fermier vint lui répéter

les assurances qu'il lui avait déjà données, qu'il pouvait être tranquille sur le sort de ces animaux ; qull aurait grand soin , pendant son absence, de les laver, de les frotter souvent: Cest sur-tout en dedans, répondit le général, que vous devez bien les frotter, si vous voulez les engraisser, et guérir leur peau.

Pendant ses derniers triomphes en Amérique, Lafayetle n oubliait pas Lagrange, et chaque paquebot rapportait à son fermier des instructions sur les travaux à exécuter : aussi à son retour, put-il jouir de beaucoup d'améliorations et d embellissements qull avait indiqués de Fautre côté des mers.

Ce qui distingue sur-tout la culture de Lagrange, c'est qu on y fait beaucoup de prairies artificielles en trèfle et en luzerne; que les engrais sont parfaitement adaptés à la nature des terres et à celle des récoltes, et qu'il ny a pas de jachères.

Les produits de la ferme sont réguliers^ considérables, et cependant peu d'établissements de cette importance sont aussi bien entretenus avec aussi peu de monde : il n y a que seize à dix-huit domestiques , tels que garçons de ferme, charretiers, vachers, bergers, etc. , et trente à quarante ouvriers journaliers. Pendant les moissons et les récoltes, le nombre des employés de toute espèce ne monte pas audelà de soixante-dix à quatre-vingts.

A l'heure des repas, au son de la cloche^ la famille et les amis du général se réunissaient dans la salle à manger. Chacun prenait sa place accoutumée ou celle que les dames de

la maison , qui faisaient les honneurs de la table , lui avaient désignée.

L appétit était excité par lexercice qu'on avait fait, les distractions qu'on avait prises, l'air vif qu'on avait respiré, et sur-tout par le plaisir qu'on éprouvait de se trouver à la table de Lafayette. Il y avait rarement moins de vingt-cinq à trente convives à cette grande table dont le vénérable chef de la famille occupait le milieu. Dans ces agréables réunions régnaient le bon accueil, les prévenances et une joie douce, mais universelle. Le bonheur était empreint sur tous les visages; la conversation était générale, ou le plus souvent s'établissait de voisin à voisin. Lafayette avait banni de sa table les vaisselles d'argent, les mets et le^ vins recherchés : il n'entrait pas dans ses habitudes de tempérance d'user son temps et sa sanjé dans de longs et splendides repas. La nourriture, sans être recherchée, était variée, délicate et appétissante.

Les petits-enfants et même, les arrière-petits-enfants du général prenaient leur part à ces banquets; et, quelque jeunes qu'ils fussent , ils y tenaient parfaitement^ leur place. Leur excellente éducation, et je dirai aussi leur bonpe nature, les empêchaient de se reijidre importuns, comme nous l'observons malheureusement trop souvent en France, et, je crois, dans bien d'autres pays, où les parents ne s'aperçoivent pas qu'ils fatiguent les étrangers par les efforts de mémoire ou les gentillesses qu'ils exigent de leurs enfants , ou par le trop de liberté qu'ils leur laissent prendre.

Après dîner, dans les beaux jours de l'année la compagnie se rendait sur la pelouse du château : les uns se promenaient; les autres se reposaient à l'ombre de quelque arbre, autour de Lafayette. Au milieu de sa nombreuse famille, d'une famille si pleine de vie et d'espérances déjà réalisées, le général paraissait comme l'arbre antique d'une forêt , entouré de vigoureux rejetons qui semblent destinés, en perpétuant ses bieiifaits, à soutenir leur noble origine.

Vous me demandiez, monsieur, dans Tune de vos letti*es, de vous donner des renseignements sur les aïeux de Lafayette: m'étant peu occupé de cette question^ je vais vous reproduire le tableau qu'en a tracé l'un de nos compatriotes, M. Monneron, lors de la fête que les Français résidant à New-York offrirent au général, le 1 1 septembre 1824, pour célébrer avec lui lanniversaire de la bataille de Brandywine. «Au quatoraième siècle, disait M. Monneron, les La- «fayette, dans la province d'Auvergne, amélioraient déjà le « sort de ceux qu'on appelait alors les vassaux.

« Au quinzième siècle, le maréchal de Lafayette chassa « les ennemis du territoire Français.

<cAu seizième siècle, mademoiselle de Lafayette . était « représentée comme l'image de la beauté, de la vertu, de « la charité.

uAu dix -septième siècle, madame de Lafayette com- « posait ces ouvrages qui passeront à la postérité la plus u reculée.

« Au dix-huitième siècle, le général Lafayette est né en- « nemi de la tyrannie, et amant de la liberté.

« Pendant sa jeunesse il a concouru à soutenir et à dé- « fendre le berceau de la liberté des États-Unis.

M Dans un âge plus avancé , il a paru à la tribune publique : " il a parlé de la liberté en Europe, comme il avait su la « défendre en Amérique.

« De la tribune il est entré dans les rangs des défenseurs « de la patrie. Je l'ai vu dans les dangers révolutionnaires; son « génie et son sang-froid ne labandonnaient jamais. Prompt « à concevoir, ardent à exécuter, îl combattit toujours pour « la véritable liberté.

« Je suis historien oculaire et fidèle; voyez ces trophées, « ces drapeaux , ces étendards , sur tous est écrit :

« LIBERTÉ, VICTOIRE, LAFAÏEITE». »

Vous parler des qualités des enfants du général Ijafayette, et des parents qu'il s'était donnés parleurs alliances, serait chose fort délicate pour moi. Je ne pourriais le faire sans mettre mal à l'aise leur modestie ; d'autre part, ceux qui ne les connaissent pas pourraient prendre pour des compliments les vérités que je vous «n dirais : je m'abstiens donc de toucher cet article. Il vous suffira de savoir qu'ils sont dignes en tout point du chef de la famille. Par un simple tableau, je vais vous les faire connaître sommairement; cette manière de vous les présenter sera plus concise, et suffira pour vous bien faire saisir les rapports de parenté qui existent entre eux. Au moment de sa mort,

'Lafayeiie en Amérique en 1824 et iSaS ; par Levasseur, tom. I, p. a02.

Lafayette avait trois enfants, onze petits-enfants et douze arrière-petits-enfants.

LâFATETTE, marié à Ml'» de NOAILLES, a eu trois enfants : —

M}\e Anastasie LAfayette, mariée à M. Charles de Maubourg; deux enfants.

lO Mll« Célestine(M<°«de Brigode), quatre enfants.

jo ^\\c Jenny (M^n^ Duperon), un enfant.

Il lo M"« Natalie ( M»* Adolphe 1 Perrier), trois enfants.

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I ao MU« MathiMe (Mn« Bureaux ( del>usy),unfils.

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