‹ Souveniers sur la vie privée du général LafayetteChapitre 4 sur 58 · VIII AU LECTEUR · texte numérisé non relu

VIII AU LECTEUR

souvent composées pendant la nuit , après les fatigues de la journée, et que j'avais à peine eu le temps de relire; il était douteux pour moi quelles fussent dignes de recevoir les honneurs de l'impression. Dans mon incertitude , je consultai ceux de mes amis que je regardais comme les meilleurs juges et conseillers en pareille matière. Les uns me prièrent de les laisser imprimer, les matériaux quelles renferment ne devant pas, selon eux, être perdus pour Thistoire et sur-tout pour les personnes qui avaient connu Lafayette; les autres ne furent pas de cet avis : ils me firent observer que je sortais de ma ligne; que j'avais plus l'habitude de tenir le bistouri que la plume, et que le public difficile pourrait bien ne pas goûter même de bonnes choses, à moins qu'elles ne fussent écrites d'une manière digne de lui.

Nouvelle incertitude pour moi : je ne doutais ni de l'intérêt que ces amis me portaient, ni de la sincérité

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de leurs avis; et cependant ils étaient loin d'être d accord! Que faire? Mes lettres étaient achevées; elles avaient été reçues avec bienveillance par les Américains; on pouvait les prendre dans leurs journaux , les réimprimer, peut-être aussi les traduire de Fanglais, et y ajouter de nouvelles fautes. Ces dernières raisons me décidèrent; je consentis à leur publication, et, de plus, je promis aux éditeurs de revoir et de corriger mon premier manuscrit.

Une pensée m avait soutenu et encouragé dans la résolution que je venais de prendre; c'était qu'en livrant ces lettres au public, j'avais moins la prétention d'écrire un bon livre, que le désir de faire une bonne action, en payant un faible tribut de ma gratitude à l'homme illustre qui m avait honoré de son amitié et de sa confiance. Ces derniers motifs, je l'espère, me donneront droit à l'indulgence de mes compatriotes auxquels je présente^taon livre.

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