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D'ailleurs, j'avais entendu raconter sur Lafayette tant de choses fausses ou inexactes; j'avais, par expérience , une si profonde conviction que ceux qui le jugeaient mal ne le connaissaient pas, ce qui nest pas surprenant, quand on pense que les hommes en général parlent le plus volontiers de ce qu'ils connaissent le moins, que je regardais presque comme un devoir de conscience, pour les réfuter ou les détromper, de leur présenter simplement Lafayette tel quil était.
Après la mort s'éteignent les passions haineuses ou intéressées qui poursuivent un grand homme pendant sa vie: aussi depuis que Lafayette n'est plus, on commence à lui rendre plus généralement justice, et à reconnaître ses hautes vertus et l'immense influence qu'il a exercée sur la civilisation, sur les libertés de la France et du monde entier. J'ai écarté de ces lettres, autant que je l'ai «pu, tout ce qui se rattache
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spécialement à la politique des temps présents; la partie publique de la vie de Lafayette appartenant à l'histoire, et d'autres écrivains s'en étant déjà occupés. Si j ai parlé de quelques unes des opinions de Lafayette, si j'ai développé, commenté quelques unes de ses idées, ce n'est qu'avec la réserve qui convient à ma position. Loin de moi la pensée d'avoir voulu jamais en faire d'application particulière à personne, sur-tout quand elles auraient pu avoir quelque cJbose de pénible ou seulement de désagréable ! J'ai tâché d'user sans abuser de cette précieuse, de cette inappré* ciable liberté que nous avons de penser et d'écrire^ liberté dont un sage emploi est aussi utile au bien pu-* blic que son abus lui est préjudiciable.
J'ai voulu montrer Lafayette dans sa vie intime , le peindre du moins comme je l'ai vu. On verra , je pense, qu'il devait tout à sa bonne nature, à la pureté de ses sentiments, et au développement de sa haute in-