MON MAITRE D'APPRENTISSAGE
Toi qui as vécu et vécu honorablement, je puis le dire, de cette rude et difficile existence de l'ouvrier ; homme du peuple , brave homme enfin, à l'âme droite , au cœur aussi solide que les bras; toi, qui méprisais si franche-
ment les viugt-cinq lettres de l'alphabet, que tu ne voulus jamais les connaître ni de figure, ni de nom, si tu étais encore de ce monde, je n'aurais pas un lecteur de plus ; mais a-t-on besoin d'être lu par ceux qui nous aiment ? Or, j'en réponds, ta précieuse amitié , qui me vint en aide autrefois, ne me manquerait pas aujourd'hui.
De ton vivant , cher maître , je me serais bien gardé de te dédier ce livre . car alors tu aurais pu me supposer une intention injurieuse pour ta parfaite ignorance; mais à présent que l'intelligence de Voltaire n'est pas mieux éclairée que la tienne, à présent que ton savoir est égal à celui de Cuvier, je n'ai plus malheureusement à reculer devant la crainte d'êti-e accusé d'un oubli de res pect, et c'est pourquoi je me permets d'offrir à ta mémoire ce témoignage de reconnaissance et de bon souvenir.
c4bic(Jet' c4bcWc.c.;.
28 dTril 1858.
LE IIOÏEN DE UmUl
Sans être positivemei)teuclin à lu misaiillnopie, il est cependant des jours où j'éprouve un impérieux besoin d'isolement; quoi <{ue je fasse alors pour demeurer fidèle à ma nature d'animal éminemment sociable , quelque puissance d éuer^^ie que je déploie pour lutter contre le démon du triste qui me possède . c'est toujours