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car il est bon d'ajouter qu'en voyage, un mari a parfaitement le droit de se coucher sous le même rideau que sa compagne.
Enfin tout tombe dans un silence complet ; plus que le bruit de la machine avec accompagnement de ronflements parfois trop sonores.
N'étaient le bruit et la fumée, on dormirait trèsbien dans ces lits improvisés. Le matin, à son réveil, on a le spectacle de la nature qui se déroule devant soi, Vos souliers ont été cirés par le nègre qui est chargé du service du car. Deux magnifiques lavabos sont établis à chaque bout du wagon, un pour les dames et un pour les messieurs. Si le trajet est long, il y a un dining car, espèce de restaurant où l’on est très-bien nourri moyennant 3 fr. 75.
Les chèques à bagages sont une ivention qui mérite d’être mentionnée; on en importe tous les jours
qui ne la valent pas. Le mot chèque, très-détourné
dans ce cas de la seule acceptation qu'on lui connaisse encore chez nous, désigne ici deux rondelles
: de cuivre portant toutes deux le même numéro;
l'une nous est remise, l’autre est attachée à notre
malle. À l'approche de la station où vous devez descendre, un employé, parcourant le train, prend votre chèque et note l'hôtel dont vous avez fait choix. Vous y trouverez vos colis. Quelle simplification !
Tout est donc fort bien aménagé pour donner au voyageur le moins de fatigue et d’'embarras possible.
Les locomotives sont un peu plus fortes que les nôtres par cette raison que les wagons sont beaucoup plus lourds; elles ont une cheminée en forme d’entonnoir et une cloche fixée au-dessus de la chaudière. Chaque fois qu'un train se met en
marche, la cloche sonne; de même lorsqu'il arrive
ou qu'il passe dans une rue.
De New-York à Philadelphie, nous traversämes plusieurs villes importantes. Le chemin de fer est installé dans les principales rues, sans que pour cela il existe une barrière pour protéger les passants. Les trains passent donc à toute vapeur dans une foule de monde, dans un marché, au milieu des voitures, etc, La cloche sonne, il faut l'entendre.
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France et en Angleterre. Il y a tellement eu de catastrophes en Amérique, causées par l’excessive vitesse des trains, que maintenant leurs allures sont plus raisonnables. La mauvaise construction des lignes est la cause de ces nombreux accidents. Je n'oublierai jamais dans quel effroi j'étais un jour que, traversant une rivière, je voyais le méchant pont qui nous portait balancer d’une façon fort peu rassurante,
De New-York à Philadelphie il y a quarante lieues, et nous avons mis trois heures.
Quand on a vu une ville américaine, on a vu toutes les autres; je n’entrerai donc pas dans de longs détails sur la ville de Philadelphie. Elle a beaucoup de rapports avec New-York, quoique cette deraière soit beaucoup plus belle. Deux grandes rivières traversent Philadelphie : la Delaware et le Schuy-Kill, La population est de 800,000 habitants : jy remarque sept ou huit rues magnifiques, mais c'est toujours le rouge qui y domine, tellement la pierre est rare et la brique abondante. On ren-
contre aussi beaucoup de tramways ; loin d'accé-
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lérer la circulation, ils la gènent considérablement.
Dans quelques années, Philadelphie sera décoré d’un hôtel de ville qui sera un des plus beaux monuments de l'Amérique : il sera construit tout en marbre.
L'Exposition de Philadelphie est étonnante, surtout sous le rapport des machines. Les produits exposés sont d'une perfection que l'Europe ne pourra bientôt plus dépasser, Pour dire toute la vérité, ajoutons que les meilleurs exposants américains étaient pour la plupart des Européens récemment établis dans le pays.
Les bâtiments de l'Exposition, au nombre de cinq principaux et d'une multitude de petits, sont trèsvastes. Chaque spécialité d'industrie a son bâtiment
particulier; c’est peut-être plus commode pour
l'observateur, mais plus fatigant pour le pauvre
promeneur. Pour se rendre à un bâtiment voisin, il lui faut traverser ur espace de 300 ou 400 mètres par une température de 45 degrés.
L'Exposition est établie au milieu d’un immense
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mieux entretenu, Les abords de l'Exposition sont sales ; les routes pour y arriver, mal empierrées : le seul moyen de locomotion (car l'Exposition a le tort d'être à deux lieues de la ville) sont les tramways, où il y a vingt places à peine et où l’on entasse jusqu'à cinquante personnes. Les voitures sont hors de prix : 25 et 30 francs la course, Il me serait bien difficile de décrire ce que j'ai vu, ce serait interminable.
En un mot, l'Exposition est très-belle, plus belle qu'on n'aurait supposé pour un pays si nouveau. Geux qui ont entrepris cette grande œuvre seront récompensés par le profit qu’en retirera l'Amérique, au point de vue industriel ; quant au succès pécuniaire, il est loin d'être satisfaisant, Comptant sur cinquante mille personnes par jour, ils en ont eu à peine vingt-cinq mille, le déficit fut donc énorme. Les Américains pensaient voir accourir de toutes les parties du globe des milliers de peuples, et, à cet effet, ils avaient construit des hôtels immenses et
tout en bois. Maisles peuples ne sont point accourus
en foule et les hôtels n’ont point été remplis. Heu-
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reusement pour eux, les propriétaires auront la ressnuree très-accréditée en Amérique, ou de fairo faillite, ou de »rûler, moyens ingénieux de faire fortune.
L'Angleterre ect la puissance la mieux r nrésentée, en raison de ses nombreuses et faciles communications avec le Nouveau-Monde. La France eût pu être mieux partagée, quoiqu'elle soit en première ligne
parmi les autres pays ; mais je suis un peu de l'avis
de ceux qui n'ont pas voulu exposer dans un pays
où l’on ne se faisait aucun scrupule de copier les
-modèles,
Voilà tout ce que je veux retenir de l'Exposition de Philadelphie : plus de détails deviendraient monotones et fastidieux.
La plus grande partie de mon temps était donc pris par l’Expositien. Quant aux soirées, elles ont été très-attrayantes ; nous avons eu la chance, mes amis et moi, de nous trouver à Philadelphie avec celui qui à fait danser tout l'univers : j'ai nommé
Offenbach.
Outre les concerts magnifiques qu'il dirigeait,
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il faisait jouer, par une troupe française, les meilleures pièces de son répertoire : la Vie parisienne, la Jolie parfumeuse, ete. Gela a naturellement beaucoup contribué à nous rendre agréable, quoique bien chaud, notre séjour à Philadelphie. De plus, quelques excursions que nous fimes à la campagne nous donnèrent un aperçu des sites pittoresques et de la végétation active du pays.
La veille de mon départ de Philadelphie, je vis la fête du 4 juillet.
La célébration du centenaire de l'indépendance
des États-Unis est une des choses qui m'ont le plus
surpris dans le Nouveau-Monde. Je comprends la
joie que peut éprouver un peuple à l'anniversaire de sa liberté, mais je fus stupéfait de la façon grotesque dont les Américains la manifestent. Dès la veille au soir, 3 juillet, une foule considérable se pressait dans les rues de la ville. Passe encore pour les maisons, qui disparaissaient sous d'innombrables drapeaux et qui étaient avec cela brillamment illuminées. Mais l'interminable procession! Elle commença
à dix heures du soir et continua toute la nuit. Les
Un À sn.