‹ Souvenir de mon voyage aux Etats-Unis et au Canada [microforme]Chapitre 12 sur 49 · AR PR REC D M © PT · texte numérisé non relu

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différentes corporations ouvrières y étaient représentées chacune avec les emblèmes de son industrie. Des chars sans nombre contenaient des ouvriers à l’œuvre : on voyait les uns construisant une maison, les autres forgeant du fer, etc. etc. Ges burlesques imitations étaient de temps en temps interrompues par d’autres imitations aussi peu réussies : d’immenses chars apparaissaient contenant des soldats, les uns en action sur un champ de bataille, les autres dans un camp retranché, ete. On vise au grand; on ennuie ou on fait rire.

Puis des voitures à quatre chevaux, dans chacune desquelles se tenait le gouverneur d'un État; enfin, pour clore cette fanatique procession, on voyait dans un dernier char tout enguirlandé de fleurs et lançant de toutes parts des feux électriques, une plus ou moins déesse représentant la Liberté éclairant le monde. On évalue les spectateurs à trois ou quatre millions. Naturellement tous voulurent voir cette manifestation; vous pouvez juger quelle presse! quelle foule! e* combien de personnes étouffées ou

écrasées! De plus, tout ce monde entassé faisait par-

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tir des pétards et des fusées. Les gens de la procession lançaient une pluie de feu qui éclatait à la figure, mettait le feu aux robes, etc. Tout cela était, parait-il, fort amusant pour ceux qui n'étaient pas brûlés. Mais quand je pense que j'aurais pu être cent fois tué! J'en ai été quitte heureusement pour un chapeau brûlé. Un bohème me lança sur la tête un feu de Bengale!

A minuit précis, la procession s'arrêta; les sifflets des locomotives et des bateaux à vapeur se firent entendre; le canon gronda; les cloches sonnèrent; la foule vociféra : l'heure du centième anniversaire de l'indépendance des États-Unis venait de sonner! L'étranger qui serait arrivé à ce moment dans cette ville sans savoir ce dont il s'agissait aurait certainement douté de sa civilisation et se serait cru dans un monde de fous!

C'en était assez pour la nuit, Dès le matin, autre grande procession militaire, puis la proclamation de l'indépendance, ete.; enfin la journée se passa dans

une effervescence et une exaltalion qui tenaient du

délire,

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