‹ Souvenir de mon voyage aux Etats-Unis et au Canada [microforme]Chapitre 16 sur 49 · ST BASS · texte numérisé non relu

ST BASS

Avant de le traverser et d'entrer dans le Canada, je me permettrai encore quelques critiques sur les Américains, que je ne veux pas quitter si brusquement.

Parlons d’abord des dames, cela est plus galant et plus intéressant. L’Américaine, autant que j'ai pu l’observer, a le caractère viril et efféminé tout à la fois ; cela dépend des heures où vous la rencontrez. Si elle se trouve dans quelque partie de plaisir, elle affrontera les plus grands dangers, elle recherchera les endroits périlleux et tiendra à passer là où l'homme n'aura pas osé se risquer. Si, au contraire, vous la voyez dans un salon, sa toilette sera des plus recherchées; la nonchalance dans son maintien, l'expression de sa physionomie, tout en elle indiquera la coquetterie et le désir de plaire.

Les lois qui protégent la femme sont sévères et chaque jour ajoute plus d'étendue à ses droits. Il

arrivera peut-être un moment où la femme proté-

gera l'homme et où celui-ci lui devra obéissance et

soumission.

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aisée ne voudra pas descendre dans les détails intimes du ménage, et préférera avoir cinq ou six servantes à ne rien faire plutôt que de veiller un peu à son intérieur. Les jeunes filles ont une liberté excessive : elles acceptent toujours d'aller seules avec un jeune homme au théâtre, en voiture, en bateau, etc. On les rencontre tenant toujours leur porte-monnaie bien serré dans leurs mains, afin que le pick-pocket, — car il y en a énormément à New-York, — n'ait pas la tentation indécente de fouiller dans leur poche,

A New-York, je fus présenté à beaucoup de young ladies; mon inexpérience de la langue et des habitudes du pays, loin de me nuire, me donna un certain relief, et on me fit promettre de rendre beaucoup de visites. Quand je me présentais dans le salon, je rencontrais parfois les parents de la jeune fille ; mais après les kow do you do échangés, ils se retiraient précipitamment, de peur de gêner notre entretien.

Le dimanche est ordinairement le jour choisi par

les jeunes gens pour rendre visite aux jeunes filles.

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Les parents s'en vont à la campagne ou ailleurs, et la jeune fille reste seule, attendant ses visiteurs. Les Américaines sont en général jolies et coquettes, et possèdent au plus haut degré l'art de s'habiller,

Je ne critiquerai qu'une chose dans leurs costumes : c'est une poche placée à la bautcur du genou, à l'endroit où pendait jadis l'aumônière des châtelaines. Cette poche a un usage exclusif : c’est le porte-mouchoir. De loin, quand un coin de linge blanc sort de cette ouverture, on se demande si la belle dame que l’on regarde n’a pas été victime d’un accident, et si ce n’est pas le vêtement très-intime que l’on découvre à travers une déchirure de la jupe,

De plus, elles sont fortes sur le jeu de la phy-

sionomie, et, pendant une conversation, il n’est pas

de regards tendres et provocateurs qu'elles ne lancent. On peut aborder avec eiles les sujets les plus difficiles, elles ne s’en effraient nullement, vous suivent toujours et vous dépassent souvent. Dans les rues, les promenades publiques, on les rencontre ou seules ou accompagnées de jeunes

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