‹ Souvenir de mon voyage aux Etats-Unis et au Canada [microforme]Chapitre 26 sur 49 · ENT · texte numérisé non relu

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n'avais point de famille au Canada, je reçus de

} | i | | . . . . ' . , t1f nombreuses invitations que je fus obligé de refuser, il | ayant promis à M"° Beardmore d'siler passer la | 41 Journée avec elle. Nous fimes un diner monstre : qe dindon, roast-beef, pudding, vin, etc., rien n'y . { manquait. Mon jour de Noël fut donc complet. il! | Sur ces entrefaites, je fis la connaissance d'une LEA Va 1h | charmante famille irlandaise, la famille Foy. Là 44 encore, J'ai été reçu comme un fils, et ma recon- LH naissance est acquise à Ja mère, qui à été si || | 1 affable, y a quatre jeunes filles et quatre Jeunes | M i gens. Les jeunes filles sont spirituelles au possible, | | dl possèdent au plus haut degré lart de la conversa- = | l lion, ete. se craindrais d'être partial en les exami- | | À nant l'une après l’autre; j'aime micux dire de suite : | elles sont toutes adorables. ( A 4 Les jeunes gens occupent de belles positions dans | | | ; la magistrature et le haut commerce. Ils se sont toul (a jours mis à ma disposition pour me procurer tous TT les agréments et distractions possibles.

qu L'un d'eux, Vincent, ne m'a guère quitté durant 2 hi? mon séjour à Toronto; il avait une grande amitié

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pour moi, et J'ajoute que c'était réciproque. Du reste, il m'a prouvé par son caractère jovial que ce vieux dicton était toujours vrai : « Si vous grattez l'rlandais, vous trouverez le Français. »

Enfin vint le premier jour de l'an, Aux États-Unis et au Canada, ilest d'usage ce jour-là que les messieurs fassent des visites aux dames: aussi, dès dix heures du matin, je partais en (raineau, accompagné d'un de mes amis, et nous fimes plus de quatre-vingts visites jusqu'à huit heures du soir, Nous restions deux ou trois minutes dans chaque endroit, et partout nous trouvions une table dressée et chargée de mets, dont la jeune fille ou la dame que nous visitions faisait les honneurs. Aussitôt après les compliments d'usage, nous allions dans une autre maison, où la mème cérémonie se répétait, Vous voyez d'iet quelle tête nous aurions eue le soir, si nous avion: accepté de boire et manger dans nos quatre-vinges visites. Le soir, comme le jour de Noël, un grand diner réunit tous les membres de la famille,

La population étant presque toute protestante, et

le dimanche chez les protestants étant, comme je Fai

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déjà dit, exclusivement consacré à la prière, il s'ensuit que la fête de Noël et la célébration du jour de l'an sont renvoyées au jour suivant quand elles tombent un dimanche.

J'assistai à un service protestant, dans la nuit du 31 décembre, à minuit précis. Toutes les cloches furent mises en branle, et on entonna le God save the Queen, chant national anglais. Il faisait un froid atroce, horrible, trente et trente-cinq degrés audessous de zéro ; un petit thermomètre que j'avais emporté de France, ne descendant pas plus bas que vingt-cinq, fut done bien des fois insuffisant.

Malgré ce iroid terrible dont on a aucune idée dans notre pays, les maisons sont si bien chauffées qu'on n'est nullement incommodé par la température, et j'aime bien mieux ce beau froid que les temps pluvieux qui règnent souvent en France à cette époque.

Le moment de mon départ de Toronto approchait ; il fallait me rendre à New-York pour affaires.

La réception qu'on m'avait faite au Canada était

si chaleureuse que je me demandais si je pour-

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