‹ Souvenir de retraite ou Conférences sur le catholicisme prechées à l'église Saint-Joseph de Cahoes, N.Y., dans l'Avent de 1893 [microforme]Chapitre 21 sur 26 · TU M · texte numérisé non relu

TU M

Occident, des communautés religieuses d’hommes et de femmes.

C’est dans ces couvents que s’est perpétuée avec le plus de fidélité la pure tradition des enseignements apostoliques, et on voit dans ces asiles de piété, l’usage du signe de la croix conservé avec un soin jaloux. :

‘ Nos pères, les anciens moines, écrit un de leurs historiens, pratiquaient très fréquemment et très religieusement le signe de la croix. Ils le faisaient surtout en se levant, en se couchant, avant de travailler, en sortant de leurs cellules et du monastère, en y entrant, en se mettant à table, sur le pain, sur le vin, sur chaque mets.”

Saint Bazile, ne dit-il pas aux chrétiens de son temps: ‘Faire le signe de la croix sur ceux qui mettent leurs espérances en Jésus-Christ est la première chose qui a lieu parmi nous et la plus connue ?”?

Saint Ambroise dit encore: ‘ Nous devons faire le signe de la croix à chaque action du jour.”

Le signe de la croix a toujours été en usage dans l’Eglise catholique et elle l’emploie très fréquemment dans les cérémonies religieuses.

Les siècles passent et avec les siècles les hommes passent aussi et changent. Lois, modes, langages, habitudes, manières de voir et de juger, tout se

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modifie avec le temps. L'Eglise seule ne change pas. Immuable comme la vérité qu’elle possède dans son sein, ce qu’elle enseignait 11 y a dix-huit cents ans, elle l’enseignait pareillement hier, elle l’enseigne aujourd’hui, elle l’enscignera demain et toujours, jusqu’à la fin des temps.

Les premiers chrétiens se servaient du signe de la croix pour guérir les différentes maladies. Saint Cyrille, patriarche de Jérusalem, ct saint Jean Chrysostôme, patriarche de Constantinople, nous assurent positivement que le signe de la croix continuait à leur époque, comme au temps de leurs ancêtres, de guérir les maladies et la morsure des bêtes féroees.

Le savant Théodoret raconte de sa mère ce qui suit: “Ma mère avait à l’œil un mal qui défait toutes les ressources de la médecine. On avait feuilleté tous les volumes, interrogé tous les vicux auteurs, aucun ne donnait le remède applicable au mal présent. Nous en étions là, lorsqu'une amie de ma mère vint la voir. Elle lui parla d’un homme de Dieu, appelé Pierre, lui racontant un miracle opéré par lui. ‘“ La femme du gouverneur d'Orient, lui disait-elle, a eu le même mal que vous. Elle s’est adressée à Pierre, qui est de Pergame, et il l’a guérie en priant pour elle et en lui faisant le signe de la croix.”

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‘* Ma mère ne perd pas un instant. Elle va trouver l’homme de Dieu, se jette à ses pieds et le conjure

. de laguérir. “Je ne suis, lui répond-il, qu’un pauvre

pécheur, et je suis loin d’avoir auprès de Dieu le pouvoir que vous me supposez.””—"%*Ma mère redouble ses prières ct ses larmes, protestant qu’elle ne le quitterait pas qu'il ne l’ait guérie.”?

‘ Dieu, lui dit-il, est le médecin de ces maux. Il exauce toujours ceux qui croient. Il vous exaucéra vous-même, non en vue de mes mérites, mais À cause de votre foi. Si donc vous l'avez sincère, vraie, pure et sans hésitation, laissant de côté les médecins et les médicaments, acceptez le remède que Dieu vous donne, ‘ À ces mots, il tend la main sur l'œil, fait le signe de la croix et le mal est guéri.” — Des faits plus rapprochés de nous nous montrent que, dans la suite, à travers les âges, le signe de la croix à opéré les mêmes guérisons.

Saint Eloi, évèque de Noyon, traversant un jour un des ponts de Paris, guérit un aveugle qui lui demanda de faire le signe de la croix sur ses yeux.

Dans la vie de saint Bernard, Mabillon nous dit que plus de trente aveugles de tout âge et de toutes conditions, tant en France et en Allemagne qu’en Italie, furent guéris au moyen du signe de la croix par le thaumaturge de Clairvaux.

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L’Evangile parlant de Notre-Seigneur nous cite cette parole aussi simple que sublime : ‘ Une vertu sortait de lui qui guérissait toutes les maladies.” L'histoire nous démontre que ces paroles s'appliquent également au signe de la croix.

C’est pourquoi tous les Saints et tous les fidèles, de tous les temps et de tous les siècles, employaient pieusement et fréquemment le signe de la croix.

Saint Germain, évêque de Paris, allait un jour rendre visite à saint ITilaire, évêque de Poitiers. Sur son passage, une femme muette et boiteuse lui est amenée avec beaucoup de peine par deux hommes.

Le Saint fait sur elle le signe de la croix : elle recouvre aussitôt l'usage de la parole-et des jambes. Trois jours après, elle vient remercier elle-même son bienfaiteur.

Saint Vincent Ferrier, étant dans la ville de Nantes, en France, un paralytique lui est présenté.

‘Je n'ai ni or ni argent,dit le Saint au malade. Mais

je prie Notre-Seigneur de vous accorder la santé du corps et de l’âme.” Ensuite, il fit le signe de la croix sur ses membres. Aussitôt le pauvre homme fut guéri, se leva, rendit grâce à Dieu et ne ressentit plus rien de son ancien mal. Je pourrais vous citer encore un grand nombre d’autres exemples qui nous prouvent la vertu du signe de la croix.

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