CHAPITRE V
Cérémonies et prières qui précèdent l'administration du baptême.
La sainte Eglise, sous la direction de
; l'Esprit de Drru, a voulu que, hors le ; } cas de nécessité, l'administration du bap-
tême fût précédée, accompagnée et suivie de plusieurs cérémonies et prières, vénérables par leur antiquité, pleines
». de salutaires instructions, et: que per-
sonne ne pourrait mépriser Sans se ren-
dre coupable d'impiété, ou sans faire | de:
preuve d’une ignorance profonde (a). rez cæ
L'enfant n’est pas d’abord introduit est
dans la maison de Dreu, parce que son
âme est souillée de la tache originelle : & c’est à la porte de l’église que se font .
les cérémonies préparatoires : son par- Ge rain et sa marraine le représentent, et e répondent en sa place. …
Le prêtre s’avance vers lui, et l’inter- de.
: ‘roge en ces termes: Que demandez-vous ver à l'Eglise de Dixu?—La. foi, répond | aus l'enfant.— Que vous procure la foi ?—La teu
vie éternelle. —Oui, reprend le prêtre, | hor pourvu qu'elle soit vivifiée par les VE œuvres: si donc vous voulez entrer en |
cette vie bienheureuse, gardez les comman-
(a) Conc. Trid, sess. V., can. 13.
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dements, dont voici l'abrégé : Vous aimerez le Seigneur votre Dreu, de tout votre cœur, de toute votre âme, el de tout votre esprit, et votre prochain comme vous-même.
Alors,soufflant doucement sur le visage de l'enfant, il commande à l'esprit immonde de faire place à l'Esprit-Saint.
… Cette cérémonie mystérieuse montre la puissance admirable du sacerdoce chrétien, puisque le souffle d’un prêtre chasse le démon avec la même facilité que le vent emporte une paille légère. Ce fut aussi par un souflle divin, que le Créateur communiqua la vie- au premier homme (a), et que Jésus-Cxrisr donna l'Esprit-Saint à ses apôtres (b).
Les signes de croix si souvent répétés signifient : que c’est par sa croix que le
: (a) Gen. I, T.—(b) Joan X1, ?2.
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Sauveur nous a mérité la grâce inestimable du baptême; et que le chrétien, s'il veut vivre selon sa noblesse, et ap-
partenir vraiment à Jésus-Crrisr, doit
aussi embrasser sa propre croix, et la porter tous les jours à la suite de son adorable maître (a). Voilà pourquoi ce signe vénérable est tracé sur le.front et sur la poitrine du catéchumène, afin
que cette croix sainte soit désormais sa gloire (b) et son amour; et, quelques
moments après, une onction en forme de croix sera faite sur ses épaules et sur sôp
cœur, avec l'huile consacrée, pour signi
fier les consolations et les ineffables douceurs, qui rendent le joug du Seigneur doux et léger pour ses fidèles disciples(c),
21; Mallh XI, 30.
(a) Luc. 1X, 23.—(b) Gal. VI, 14.—(e) Is. X,
sert
aux
-et soutiennent leur Courage jusqu'au der-
nier soupir.
Le:sel bénit, que le prêtre met dans la bouche de l’enfant (a), est l'emblème de la divine sagesse ; car, de même que le
- sel matériel préserve de la corruption les aliments auxquels on le mélange, et les rend savoureux, de même l’ême,
purifiéo par le saint baptême, sera préservée de la corruption du péché, et ne
trouvera plus de goût et de plaisir que
dans la prière, l’obéissance, et la fidélité aux devoirs de sa vocation.
Le prêtre, revêtu de la puissance et de la majesté du juge suprême des vivants et des: morts (6), multiplie -les exorcismes, affaiblissant ainsi l'empire, que,
(a) Marc. 1X, 49; Coloss. III, 2.—(b) Marc.
IX, 24; Luc. VIIL ?9, eic.
par suite du péché originel, Satan:avait usurpé sur cette créature de Div. L'enfant est introduit par le prêtre jusqu'aux fonts baptismaux, pendant que l’on récite pour lui le Symbole des
apôtres, qui est l'abrégé de tout ce que
nous devons croire, et l'Oraison dominicale, où 8e trouve renfermé tout ce que nous pouvons désirer et demander à Dieu. | |
tout, sa vie mortelle, le chrétien est obligé de tenir les oreilles de son cœur ouvertes à la parole de Dieu et aux inspirations intérieures de sa grâce (a), et qu'il doit répandre autour de lui la bonne odeur des plus pures vertus (6),
(a) I Reg. II, 10.—1(b) 11 Cor. IL, 15.
Enfin pour lui apprendre que, pendant
le prêtre, à limitation du Sauveur, touche avec son doigt humecté do salive (a), les oreilles et les narines de l'enfant. |
(a) Marc. VII, 33, 34.