CHAPITRE VI
| Cérémonies et prières, qui accompagnent et qui suivent l'administration du baptême.
: Le moment solennel approche: écou- :tons le dialogue, si sublime dans sa simplicité, qui s'engage entre le ministre de Jésus-Carisr et le catéchumène : Renon- cez-vous à Satan ? dit le prêtre, en appe- Led l'enfant par son nom.-—-J'y renonce, Fépond celui-ci. — Ft à toutes ses œuvres?
—J'y renonce. — Et à toutes ses pompes? mi — J'y renonce, de Après avoir fait une double onction et nér récité une prière, le prêtre, s'adressant du de nouveau à l'enfant, exige de lui une par profession de la foi catholique, et une mer demande expresse du baptôme: Croyez- cœu veus en Drev le Père tout-puissant, créa- bon! teur du ciel:et de la terre ?—J'y crois.— spec:
Croyez-vous ên Jésus-Christ son Fils unique D mom
notre Seigneur, qui est né, et qui a souf- it fert?—J'y crois.—Croyez-vous aussi au devie Saint-Esprit, la sainte Eglise catholique, turel la communion des saints, la rémission des famil 0 péchés, la résurrection de la chair, et la royat | . vie éternelle? — J'y crois. — Voulez-vous tier (| Le être baptisé ?—Je le veux. « C'e 1 Enfin, tandis que le parrain et la mar- aussit
| h raine touchent légèrement l'enfant, lo |
ministre des divines miséricordes puise dans la fontaine baptismale l’eau régénératrice, et la fait couler sur le front du catéchumène, en. ; pronongant les paroles sacrées. Oht:quels vifs sentiments de foi et de piété pénètrent le cœur des vrais chyéfiéns, qui ont le bonheur d’être témoins, ‘de ce touchant spectacle! ils saveni en effet, qu’en ce moment trois fois ,heüreux, l’âme de
‘enfant, purifiée de Je tache originelle, ass étincelante d’une beauté surnaturelle, et que Drmë--compte dans sa famille un enfant de plus (a), et le royaume des cieux, un nouvel héritier (b).
C’est pour cela que le prêtre lui fait aussitôt une onction avec lesaint chrême,
(a) J Joan III, 1, 2.—(b) Gal. IV, 7.
sur le sommet de la tête ; car c'était par 3
“une semblable cérémonie, que les rois 3 ]
du peuple israélite, et plus tard les
princes catholiques, recévaient la con-
sécration royale, * Le nouveau ‘éhtétien est ensuite re- l
vêtu d’habits “blancs, lesquels repré- RS.
sentent la robé’{’innocence dont son
ême vient d’être crnée (a), la-vie pure 2 et sans tache qu'il devra mener jusqu’à son dernier soupir; et la gloire éclatante dont il sera revêtu pendant la bienheureuse éternité (6).
Le prêtre lui présente aussi un Cierge allumé, pour signifier que son âme est devenue toute lumineuse de foi, toute ardente de charité, et que, pendant son séjour sur la terre, ildevra briller comme
(a) Apoc. II, 18.—{(b) Apoc. VII 14.
un flambeau céleste, au milieu des ténèbres d’un monde plein d'erreur et de péché (c). ss
Enfin, le prêtre intrit dans les registres de l’église militante le nom de l'enfant qu’il vient d'introduire dans la famille de Drev (d), etla cloche annonce au loin cette heureuse ïouvelle, invitant
les fidèles à 60 réjodir! et à prier pour
lui; tandis que les: anges, fcrivent le
même nom dans le-divre de vie, et
: chantent au plus :haut des cieux un \cantique d’allégresse et de reconnais-
sance. * NE
(e) Phil. I, 15.—(d) Luc. X, 20.
CHAPTERE VIL
Devoirs des parrains et des marraïnes ; — Noms de, Baptême,
Les saintes fonctions de parrain et de marraine sont trop! aquvent considérées par des âmes mondasines et frivoles, \ comme une simple-cérémonie, après lauelle on n’a plus à s'occuper de son filleul, que pour lui faire quelques cadeaux au commencement de chaque année. Ah! ces fonctions saintes sont bien autrement importantes et sérieuses.
En répondant pour leur enfant spirituel ( au jour de son baptême, ils se sont obli- E 8 gés à contribuer, autant qu’il sera né- | ie cessaire, à lui procurer une éducation M à digne de ses engagements solennels,+ | Ê c'est-à-dire solidement chrétienne ; et, si Li 8 les parents ne paurent pas ou ne veulent O pas remplir leur devoir, les oblig :tions =
du parrain et de à tharraine deviennent plus graves encore. Ce n’est donc qu'après y avoir réfléchi devant Drev, | que les parents doivent choisir parmi
les personnes vraifabnt vertueuses le + 3 parrain et la marraine de leut enfant, | 3 et que ceux-ci doivbnt accepter une À charge, glorieuse et méritoire sans doute, 4 mais toujours sainte, et parfois pleine t de responsabilité.
C'est au parrain et à la marraine
qu’il appartient d'imposer un ou plusieurs noms à leur enfant spirituel, après s'être entendus pour cela avec le père et lamère. L'Eglise désire que les fidèles soient placés, au jour de leur baptême, sous le glorieux patronage, soit de Mario ou de Joseph, soit de quelque grand saint ou de quelque illustre sainte (a), qui par ses nobles exemples les anime à
vivre pieusement, et par sa puissante
intercession les protège et les fortifie, Aussi les plus beaux noms de baptême sont évidemment ceux que tous les fidèles connaissent, célèbrent et glorifient d’un commun concert ; et ce serait bien mal comprendre l'esprit du christianisme et les véritables intérêts de l'enfant, que d’inventer des noms nou-
(a) Riluale Rom.
veaux, ou de feuilleter les livres païens etles romans modernes, pour y chercher des noms profanes ou impies, et même des noms de scélérats infâmes, ou de fausses divinités, (a) qui ne sont que desdémons. Si le parrain et la marraine voulaient s'éloigner sur ce point des règles du bon sens catholique, les parents ont le droit et le devoir de s'y opposer, et de veiller à ce que chacun des noms qui seront donnés à leur enfant, et surtout celui par lequel il sera désigné dans le commerce de la vie, soit digne d’un chrétien,
(a} Ps. 95, v. 5.