CHAPITRE VIII
Célébration de l'anniversaire du baptême, et des fêtes de l'ange gardien et des saints patrons.
Les pauvres infidèles qui n’ont jamais reçu le baptême, et plusieurs chrétiens qui n’en comprennent pas l'excellence, célèbrent var de grandes réjouissances l'anniversaire du jour, où ils sont nés à cette vie de souffrance et de péché, qui doit se terminer bientôt par la mort et par la pourriture du tombeau. Mais les
enfants de Dieu savent que la naissance à la vie présente ne leur aurait servi de rien, si, par le sacrement de la régénération et par une nouvelle naiïssance, ils n'avaient reçu le germe précieux d’une vie pure, divine, immortelle et bienheureuse (a); aussi l'anniversaire qu'ils célèbrent, c'est celui de leur baptême.
Les Israélites solennisaient chaque année avec magnificente, pendant une semaine entière, la mémoire de leur sortie d'Egypte, et de leur passage miraculeux à travers la Mer Rouge (b).
Avec quelle joie et quelle reconnaissance devons-nous célébrer le jour à jamais
béni, dans lequel Dieu nous a délivrés
de la puissance des ténèbres, pour nous
(a) Offic. Sabbali Sancli.—(b) Exod: XI,
ns ban = fm MO nm = ee PM bem M "M
faire passer sous le doux empire de son Fils bien-aimé (a) !
Deux ou trois jours de recueïilement ; quelques pieuses considérations; une communion fervente; une visite à l'église où nous avons reçu le baptême, si c’est possible, ou du moins à une autre église ; la rénovation sincère de nos pro:
messes baptismales; des invocations fréquentes à notre ange gardien età nos saints patrons; des effusions de joie, de gratitude, d'amour de Dreu, de désir du
‘ciel, de mépris de tout ce qui passe, de baine du péché; serait-ce trop pour célé-
brer un si saint jour ?
N'oublions pas non plus de marquer parmi nos jours de dévotion particulière
\ les fêtes de notre ange gardien et de nos
(a) Coloss. 1, 13.
saints patrons. Si notre cœur est sensible aux inspirations de la reconnaissance, nous nous ferons un bonheur de payer spécialement, une fois chaque année, notre tribut d'amour et de gratitude à ces princes du ciel, qui daignent s'occuper de nous avec tant de tendresse et de fidélité.
O Dreu, mon céleste père! 6 Jésus, mon rédempteur et mon frère! 6 Marie ma tendre mère! & Joseph, nourricier de mon âme! ô mon cher ange gardien 6 mes saints patrons ! soyez temoins de la réçolution que je prends aujourd’hui, de ne jamais parler du saint baptême qu'avec respect et amour, de célébrer tous les ans le jour trois fois heureux où je l’ai reçu, et de mener une vie digne de ma noblesse et de ma vocation
V j Oui, en présence âu ciel et de la terre, je renonce à Satan, à ses pompes et à | ses œuvres; et je ne veux plus vivre eh que pour Drev seul, en union au Cœur
de Jésus, pour la vie, pour la mort, et pour l'éternité |
SHAPITRE IX.
L'enfant chrétien est confie à ses parents, afin qu'ils l’élèvent pour le Ciel.
Père chrétien, mère pieuse |! le jour du baptême de votre enfant est justement regardé par vous comme l’un des plus beaux de votre vie. Après avoir prié Jésus et Marie avec tant de ferveur, pendant plusieurs mois, pour obtenir à cette chère âmo le bienfait de la régénération, après avoir veillé sur son berceau avec une sainte inquiétude, pendant les
quelques heures qu'il a fallu attendre avant de le porter à l’église, vos vœux sont enfin exaucés. Jouissez donc de votre bonheur; couvrez de vos baisers et pressez sur votre Cœur, avec un r'edoublement de tendresse mêlée d’un religieux respect, cet uzge gardien.
visible de votre maison, dont la grâce baptismale semble rayonner sur son visage et exhaler un parfum du ciel,
Cependant permettez-moi de vous in.
viter dès aujourd'hui à jeter un coupd'œil sur l’avenir, et à mesurer l'étendue et la sublimité de la vocation qui s'ouvre devant vous.
La vivacité de votre fni vous préserve de l’aveuglement des mondains, qui semblent s'imaginer, que cet enfant adoptif de Dreu, racheté au prix des
larmes et du sang de Jésus-CaRisr, ne leur est rendu que pour être, pendant ses premières années, un jouet vivant, dont les aimables caresses les amusent, et plus tard, l'instrument et la victime de leurs projets d’ambition et de vanité.
“Non: vous le savez, c'est un héritier du paradis, que son père céleste vous confie (a), pour que vous le prépariez, par une éducation digne de sa noblesse, à une couronne qui ne se flétrira jamais, Gardez-vous donc d’une sollicitude excessive pour ce qui concerne ses intérêts temporels : pour lui, comme pour vous, cherchez avant tout, le royaume de Drixv et sa justice, et tout le reste sera donné par surcroît (b).
Heureux l’enfant qui, au jour où son
(a) Exod. II, 9.—{b) Matth. VI, 33.
âme sort de son long sommeil, se trouve comme dans une école de sainteté, dans une église domestique, où tout ce qu'il 5 voit, tout ce qu’il entend, l'atmosphère |
même qu’il respire, contribuent à déve- | lopper les germes précieux, cachés au je fond de son cœur, et qui n’attendent, |
pour produire des fleurs et des fruits, \ qu'une culture intelligente, pieuse et |
persévérante (a)! Les sacrifices les plus | aéroïques lui deviendront doux et fa- | ciles (b), et il s’élèvera avec une facilité admirable à une vertu éminente. Ouvrez à la première page la vie des martyrs, des hommes apostoliques, des saints prêtres, des illustres vierges honorées
par l'Eglise: vous lisez presque touours, que le foyer paternel fut le pre-
(a) 1 Cor. III, 9.—(b) Thren. LIL 27.
Miér noviciat de leur sainteté. N’a-t-on pas même vu des maisons entières, dont chacun des membres s’est rendu digne d’an culte public? Saint Grégoire de Nazianze et saint Basile, ces deux grands docteurs, ces parfaits modèles d’une amitié chrétienne, appartenaient à des familles de saints: Grégoire avait pour père un saint du même nom, pour
mère sainte Nonne, pour frère saint
Césaire, laïque et médecin et pour sœur sainte Gorgonie; Basile était frère de saint Grégoire, évêque de N ysse, de gaint Pierre, évêque de Sébaste, et de sainte Macrine, vierge; il était fils d’un autre saint Basile et de sainte Emmélie, et petit fils d’une autre sainte Macrine, qui fit elle-même l'éducation de cette admirable famille.
D'où vient que l’on rencontre, même dans certaines familles qui se glorifient d'être chrétiennes, si peu d’obéissance, de mépris du monde, d'horreur du péché, d'amour du devoir, en un rot si peu de vrai christianisme ? Ah! c’est que, parmi les parents, plusieurs n'ont jamais considéré sérieusement la valeur et l’efficacité de la grâce du baptême, l'obligation qui leur est imposée de conserver ce trésor à leurs enfants, la mesure abondante de grâces que Dreu met à leur disposition, les consolations ineffables qui adoucissent ordinairement leurs travaux, la récompense éternelle préparée à leur fidélité, et les châtiments dont la justice divine les menace, s'ils se rendent coupables de négligence.