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I. Institutions, p. i

INTRODUCTION XXIIT

ques de trouble, à s'atlirrner dans le pays. Eh bien ! 11 en est de même pour l'Eglise. Gardienne d'un idéal moral et religieux, qu'elle évite, en éducation, les méthodes maladroites ou les erreurs de tactique dont l'effet serait d'éloigner la société du but vers lequel elle a mission de la guider. Placer un obstacle devant un train lancé à toute vapeur, afin de l'arrêter, est enfantin : c'est sur la machine même qu'il faut agir, cl de l'intérieur, en se rendant maître des appareils et des rouages qui commandent la marche.

Or, l'éducation est une puissance sans doute, mais combien faible si on la compare à celle des tendances sourdes de la société, dont les milieux familiaux ou autres sont l'écho. Les opposer, vouloir conduire et diriger celles-ci par celle-là, c'est jeter, dirait volontiers Cournot, le pot de terre contre le pot de fer, c'est prétendre arrêter le train lancé à toute vapeur en se laissant traîner à sa remorque ou en se ruant à l'avant contre lui. Autrefois, les Jésuites ont cru par l'éducation mener le monde selon leurs vues ; « ils se trompaient ; c'était le monde, la grande société, qui se servait d'eux en fait d'éducation, sauf à se tourner contre eux quand ils s'en prévaudraient pour la mener là où elle ne voudrait pas aller ^ ».

Il y a là un péril et une illusion pour l'Église. Nous venons de voir l'illusion ; le péril consiste à se figurer que l'Eglise est une nourrice mercenaire au lieu d'une mère tendre et digne ; et qu'il est loisible de la congédier dès qu'on n'a plus besoin d'elle. Et Cournot après avoir signalé d'autres dangers encore, qu'on pourra lire dans ses Institutions^, dégage des conclusions. Une grande prudence est nécessaire à l'Église comme à l'État « dans l'usage de l'influence que les Institutions ou les mœurs peuvent leur donner sur l'éducation publique » ; « les abus de cette influence portent avec eux leur châtiment ou leur coercitif » ; « la société ou le siècle, toujours disposés à se prêter à cette influence quand ils n'y voient qu'un service rendu, ne le sont pas moins à s'y soustraire et à l'annuler dans tout ce qui paraît tendre à leur imposer une direction dont ils ne veulent pas ».

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