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INTRODUCTION XXXIII

notqui l'entraîna à prendre rang parmi les élèves de l'Ecole normale, dans la section des sciences.

Or, à l'époque où il vint à Paris, il se trouva que l'attention des savants était singulièrement attirée vers le calcul des probabilités. Au xvni'' siècle, Euler et son disciple Nicolas Fuss avaient ouvert la voie. Laplace en 1796 publie son Mémoire sur les naissances, où il exprimait cette loi : dans les régions où les décès sont aussi nombreux que les naissances, la population étant à peu près stationnaire, le nombre d'années qui indique la durée moyenne de la vie est le vrai rapport de la population aux naissances annuelles. Si l'on multiplie ensuite ces naissances par ce rapport, on aura le chiffre de la population totale.

L'année précédente, Gondorcet avait édité 1' « Essai sur lap~ plicaùon de l'analyse à la probabilité des décisions rendues à la pluralité des voix ». D'après lui, les sociétés sont régies par un rigoureux mécanisme, comme la nature d'ailleurs ; et il appelle « Mathématique sociale » la science capable de révéler au savant le retour précis des révolutions, avec la même rigueur que l'astronomie calculant à l'avance les éclipses. L'idée, jetée dans le public, fit son chemin. On voit en 1812, puis en iSiZjj Laplace reprendre la question. Il écrit alors, sous forme de vulgarisation, r « Essai philosophique sur les probabilités », long développement d'une conférence qu'il avait faite à l'Ecole normale en 1795. C'est là qu'il expose les grands principes de la théorie des hasards, et montre qu'elle s'applique naturellement à la vie des individus comme à celle des nations. L'ouvrage eut un retentissement considérable. Poisson, dont il est tant parlé dans les Souvenirs, était l'élève de prédilection de Laplace. 11 suivit le chemin tracé par le maître. Ce ne fut pourtant qu'en 1887 que parut son volume intitulé : « Recherches sur la probabilité des jugements en matière criminelle et en matière civile. » Les savants se divisèrent ; les discussions furent vives, jusqu'au sein de l'Académie où Charles Dupin taxait l'entreprise de Poisson d' a aberration de l'esprit' ».

On comprend donc sans peine, que Cournot, de bonne heure, ait été initié à ce mouvement d'idées. Il ne connut personnelle-

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