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XXXVI INTRODUCTION

comme un naturaliste tout court, ou plus précisément comme un vitaliste. Puis il étend cette conception, des faits politiques aux phénomènes de la nature, et il regarde le vitalisme comme la notion première d'où il faut partir afin d'expliquer les sociétés et l'univers. De là, il arrive, après avoir rendu une âme active à la statue de Condillac, à penser que « le vitalisme contient le vrai principe rénovateur de la philosophie du xix" siècle » et de la sienne en particulier ' .

Les Souvenirs nous renseignent donc assez mal sur les lectures qui ont exercé une action au point de vue historique sur Cournot. Pour sortir de l'imprécision où son silence nous laisse, il est nécessaire de le suivre dans son rôle d'historiographe chez le maréchal. Le secrétaire de Gouvion Saint-Cyr dut s'exercer à la profession d'historien. Il vit alors clairement la complexité des causes historiques. Elles lui apparurent « obscures », « fugitives », « problématiques », et « légères » par comparaison avec la gravité des effets produits ^. Or, vingt ans plus tard, il reconnaîtra deux espèces de causalité : l'une, linéaire, dont les termes s'enchaînent bout à bout, caractérise les sciences physiques et chimiques; l'autre, multipolaire, dont les termes s'enchevêtrent, caractérise les sciences cosmologiques parmi lesquelles se trouve l'histoire. La première engendre les lois, la seconde les types. Vingt ans plus tard enfin, il nous dira qu'il a conçu VEssai sur le fondement de nos connaissances à la fin de son séjour chez le maréchal, c'est-à-dire dès i83i ^ Cette année fut celle où parurent par ses soins les quatre derniers volumes des Mémoires de Gouvion Saint-Cyr.

Dans le salon de ce dernier, il eut la bonne fortune de coudoyer des historiens, des diplomates, des minisfres et des financiers. Selon toute vraisemblance, bien des horizons s'ouvrirent devant lui ; plus d'une conversation le fit réfléchir et devait lui revenir souvent à l'esprit, dans la suite, comme il nous le dit lui-même à propos d'un entretien de Guizot avec le

I. Ibid., p. i6o. Cf. Segond : Cournol et la psychologie vitaliste, in-i3. Alcan, 191 I.

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