‹ SouvenirsChapitre 3 sur 50 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

profanes, mais capables do plaire à la gens. Tout ce qui a trait à la famille est ainsi amplifié. Or, on ne voit guère cette préoccupation chez Cournot. Il nous entretient de sa famille avec réserve, et juste assez, soit pour nous expliquer comment se fit son éducation, soit pour nous mettre au courant des événements de l'époque auxquels ses parents furent mêlés, soit enfin pour donner du relief à quelque idée générale. Mais il est muet sur son frère, ses neveux et nièces ; il ne fait même pas allusion à sa sœur Judith qu'il aimait beaucoup, et à laquelle étant à Paris, il rendait visite chaque jour. D'ailleurs, un fait qui nous a été rapporté par la famille du philosophe prouve suffisamment à lui seul que Cournot avait envisagé avec sérénité l'hypothèse d'une édition posthume. Il en avait en effet touché un mot à son fils Pierre, pour lui laisser à cet égard la plus grande liberté d'action'.

Pierre Cournot (iSSg-iSg/t), son fils unique, ne jugea pas à propos de publier les Souvenirs. Tout au plus, permit-il qu'on en tirât quelques copies manuscrites qui n'excédèrent pas, semble-t-il, le nombre trois. La seule qui reste, est celle d'Eugène Cournot, frère cadet d'Augustin. 11 nous a été donné de pouvoir la comparer avec la copie primitive. Il appert, d'après les notes marginales, qu'elle a été écrite entre 1877 ®^ t88o. Certaines parmi ces notes ont retenu notre attention. On les retrouvera dans la présente édition, à titre d'éclaircissements ou de compléments. Pour éviter toute confusion, nous appellerons document A, la copie sortie des mains de M. L., le secrétaire de Cournot en iSSg, et qui mit au net le manuscrit du philosophe; et nous appellerons document B la copie d'Eugène Cournot-.

Disons-le sans tarder, on ne saurait élever aucun doute sérieux sur l'authenticité du document A. Retrouvé dans la famille de Cournot qui le gardait avec un soin jaloux, il se compose de deux carnets in-12 reliés et dorés sur tranches. Les plats de l'un sont de couleur bleu-sombre, et ceux de l'autre vert gazon.

2. Les notes qui nous sont propres sont suivies de N. E. (note de l'Editeur) ; celle d'Auguàtin Cournot ne sont suivies d'aucune mention.

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