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vandy, venait de me nommer Inspecteur général en titre. Il me fàcliait de quitter un pays que j'aimais, des occupations qui me plaisaient, et de changer, dans un moment peu opportun, des arrangements pris. J'allai trouver MM. Poisson et de Salvandy, qui parurent, l'un peiné, l'autre piqué de m'avoir servi contre mon goût en croyant si bien me servir. La chose était faite. Un an plus tard, en iSSg, M. Poisson dont la santé dépérissait, me fit choisir pour présider à sa place le concours d'agrégation de mathématiques, mission que j'ai rempHe quatorze ans de suite, et qui m'assimilait presque, dans l'opinion de mon corps, aux membres du Conseil royal. C'est ainsi que les circonstances et la confiante amitié d'un homme illustre m'avaient fait regagner rapidement le temps perdu, et que je me trouve aujourd'hui, sans être bien vieux, et quoique je sois entré tard dans la milice enseignante, un des plus anciens dignitaires de l'Université. Il y a de ces veines dans la vie et surtout dans la jeunesse.
J'avais fait imprimer, étant à Grenoble, mon opuscule sur les principes mathématiques de la théorie des richesses. Revenu à Paris, j'ai publié, de i8/io à i85i inclusivement, mes divers ouvrages scientifiques et philosophiques. J'ai fait tout à l'heure, et nullement feint de la modestie : je vais maintenant faire de l'orgueil, en déclarant que ces divers ouvrages, accueillis avec estime, mais qui se sont pour la plupart peu vendus, en France surtout, contiennent tous plus ou moins d'aperçus neufs, propres à élucider, plus qu'on ne l'avait encore fait, le système général de nos idées. Ce sera à la postérité de voir s'il lui convient
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de ratifier ce complaisant témoignage que l'auteur se rend à lui-même, ou de laisser ses rêveries dans l'oubli.
Il me semble que quelques notes sur les principaux personnages qui se trouvaient alors à la tête de l'Université, et que j'ai eu mainte occasion de voir de près, trouvent naturellement leur place ici. Je commencerai, comme de raison, par celui à qui je dois le plus.
M. Poisson* joignait à beaucoup de rondeur dans les formes une grande finesse d'esprit, un grand fond de bon sens et de tolérance qui l'inclinaient aux idées conservatrices. Grâce à la haute réputation dont il jouissait dans le monde savant, le parti royaliste n'avait pas demandé mieux que de prendre son esprit conservateur pour du royalisme, et il s'y était prêté. On l'avait mis au Conseil royal sous la Restauration. Malgré le sans-gêne de sa conversation, les abbés Frayssinous et Nicole, aussi bien que ses collègues jansénistes du Conseil, vivaient avec lui sur le pied d'une amitié mondaine, comme avec un homme dont il serait trop malaisé d'entreprendre la conversion, et
I, Né à Pithiviers le 21 juin 1781, mort à Paris le 26 avril i84o. Reçu le i*"" à l'École Polytechnique en 1798, il est nommé professeur à la même Ecole en 1802, puis en Sorbonne en 1816, et devient membre de l'Institut en 1882, après être entré au Conseil de l'Université en 1820. Il fut créé Pair de France en 1887. Il a écrit plus de trois cents mémoires j son grand ouvrage est le Traité de mécanique (181 1.) (N. E.)
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qui laisserait du moins semer la bonne doctrine, s'il n'en profitait pas pour lui-même. On croyait alors qu'il fallait passer bien des choses aux géomètres, gens gâtes en fait de démonstrations, et que leurs abstractions rendent trop étrangers aux choses de l'ordre moral. La révolution de i83o survenue, M. Poisson ne trouva pas qu'il y eût de motifs pour cesser de prêter son concours à un gouvernement qui voudrait être sensé et modéré, et il prit le parti de tolérer le formulaire philosophique de M. Cousin, comme il en avait toléré d'autres, à condition qu'on ne les lui imposerait pas à lui-même, et que les affaires, comme les mathématiques, n'en iraient pas moins leur train.
Cependant, à côté de cette tolérance, voisine de l'indifférence, il y avait en lui un grand amour de la justice et de l'ordre, dans le département administratif dont il était chargé. Rien ne lui coûtait pour remplir ses fonctions avec la plus scrupuleuse conscience, malgré l'airaiblissement prématuré de sa santé, et quoiqu'il n'eût pas distrait, pour de simples convenances ou pour le soin de cette même santé, la moindre parcelle de son temps aux travaux scientifiques, dont la multiplicité l'épuisait. Un jour que je venais de l'entendre faire une leçon à la Sorbonne, en prodiguant des forces qui allaient s'éteindre, et que je lui. reprochais cet oubli de lui-même, il me fit cette réponse remarquable : « Vous ne savez donc pas qu'une leçon de mathématiques est un plaidoyer, et qu'il faut forcer l'ennemi à s'avouer vaincu .►* » Tout à fait sur la fin de sa vie, lorsqu'il ne parlait plus qu'avec peine, je l'ai vu presque verser des larmes, du chagrin qu'il
venait d'éprouver en présidant un concours où il s'était convaincu, disait-il, que nos jeunes professeurs n'avaient que le désir de gagner une place, nullement l'amour de la science, et que tous les efforts qu'on faisait pour le leur inoculer étaient perdus. Il s'exprimait à peu près de même après les examens de sortie de l'Ecole Polytechnique. (( Encore, me disait-il, si l'on était sûr qu'il y en a un, pourvu d'une véritable vocation pour les sciences, et ayant ce qu'il faut pour les cultiver! » Quant à lui, il est mort, on peut le dire, martyr de cet amour qu'il aurait tant voulu communiquer aux autres. Sa constitution excellente avait été ruinée avant le temps, par une application excessive. Chargé de beaucoup de places, qu'il tenait à garder toutes, par amour de sa famille, et à remplir toutes, par sentiment du devoir, il ne voulait pas que ses propres travaux en souiTrissent ; et, à cet égard toutes les représentations étaient vaines, même celles que l'on tirait de l'intérêt bien entendu de sa famille et de sa propre gloire. Il exprimait son enthousiasme à sa manière, en répondant avec une bonhomie familière : « J'aime mieux cesser de vivre que de cesser de faire ce qui m'amuse. » Il est mort effectivement à l'âge de 69 ans, en i8/io.
Dévoué à la mémoire de Laplace, dont il se regardait avec raison comme le continuateur, il portait sur les géomètres, ses contemporains, des jugements curieux à connaître, mais que je ne reproduirai pas, parce qu'il faudrait trop de temps pour expliquer, à qui nest pas du métier, de combien de manières différentes on peut entendre la culture des mathématiques; et puis, de tels jugements entre rivaux ne
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doivent peut-être pas sortir du cercle des communications amicales.
L'analyse de M. Poisson vise plus à la clarté qu'à l'élégance ; personne n'a montré plus d'abondance, de souplesse, de ressource dans les hauts calculs ; il écarte tout pédantisme et toute singularité ; il aborde, dans sa fécondité, toutes les questions et de préférence celles qui ont des applications à la philosophie naturelle. Malgré cela, ou à cause de cela, on doit le reconnaître, il n'a pas eu le rare bonheur de rencontrer une de ces conceptions tout à fait neuves et saillantes, qui fixent à perpétuité dans l'histoire des sciences le nom de l'inventeur ; et il a avancé dans la route, c'est-à-dire dans les routes diverses que la facilité de son génie lui a fait parcourir, plutôt qu'il n'y a marqué des étapes.
Lorsque je vis M. Poinsot appelé, sous le court ministère de M. Cousin, à succédera M. Poisson au sein du Conseil royal, je jugeai que mon crédit était fini, ainsi que le petit surcroît de besogne et de responsabilité qui en était la conséquence. Je m'étais complètement trompé ; sans doute l'amitié de M. Poisson n'était pas tout à fait un titre à celle de M. Poinsot qui ne m'a jamais parlé de mon ancien protecteur; mais apparemment que la confiance vint d'elle-même, d'autant plus facilement que le nouveau Conseiller aimait par-dessus tout son repos, et ne demandait pas mieux que d'avoir un vicaire. J'eus donc encore la chance d'être prôné par M. Poinsot et accueilli par lui avec la plus gracieuse courtoisie, ce qui a duré jusqu'à ce qu'un astre nouveau parût sur l'horizon, dans des conjonctures nouvelles.
Homme du monde, esprit fin, conteur aimable.
écrivain plein de goût et philosophe toujours plein de raison, M. Poinsot a cultivé les mathémaliqucs, plutôt comme un amateur de la plus haute distinction, que comme un géomètre proprement dit. Il a pris le contrepied de M. Poisson : il s'est attaché à quelques idées simples, ingénieuses, qui lui étaient bien propres, les prenant et reprenant à son loisir, sans se soucier de produire beaucoup, ni même (tranchons le mot) de savoir beaucoup. Quand ses idées l'ont conduit au delà des éléments, il s'y est laissé conduire, et alors il a été étonné par la simplicité, la netteté des résultats auxquels il parvenait. La jDureté de la forme l'a uniquement captivé, et il s'est bien gardé de la compromettre en quittant tant soit peu le monde des idées pour les applications aux phénomènes naturels. D'une organisation nerveuse et délicate, il a vu passer devant lui les plus robustes. On lui reprochait sa paresse, et il vient de publier encore un mémoire à 84 ans. On lui reproche de reproduire toujours le même fond d'idées, mais il le reproduit avec bonheur.
M. Poinsot avait un peu boudé la Restauration, ou la Restauration l'avait boudé et mis à l'écart. En ce moment il lui survenait un retour de fortune. On l'appelait au Conseil royal, on le mettait à la Chambre des Pairs, on le chargeait de faire subir au jeune duc de Montpensier son examen d'artilleur, la Reine le comblait de caresses. Un autre Gouvernement l'a récompensé d'une manière encore plus solide en le nommant Sénateur, et il a abandonné à de nouveaux expérimentateurs les affaires de l'Université et les systèmes d'enseignement dont il ne s'était jamais que médiocrement tourmenté.
Les sciences physico-chimiques étaient représentées au sein du Conseil royal par M. Thénard. Associé avec Gay-Lussac aux grandes découvertes chimiques du commencement du siècle, auteur du traité de chimie le plus répandu, recommandé par la popularité de son enseignement, possesseur d'une très grande fortune, due à son habileté en affaires, baron, député, pair de France, M. Thénard réunissait en effet tous les titres pour diriger cette branche de l'enseignement public, devenue de nos jours si importante, et pour exercer sur le personnel enseignant un patronage autorisé. Il avait sans doute plus de netteté et de justesse que de profondeur et d'élévation dans les idées. Ceux qui l'ont entendu professer se rappellent que les moyens auxquels il avait recours pour capter son nombreux auditoire n'étaient pas toujours de bon goût ; mais la fin justifie les moyens, et il était foncièrement pénétré de l'amour de la science, de la jeunesse, de la justice et du bon ordre. Il se plaisait dans l'action, dans les affaires, et chargé de mille devoirs, il les prenait tous au sérieux. Toujours le premier et le dernier à toutes les séances, malgré ses soixante-dix ans, ses honneurs et ses deux ou trois cent mille livres de rente, il donnait à tous l'exemple de l'application, de l'exactitude, et savait bien le dire. Un fond de bonté naturelle tempérait bien vite chez lui le premier emportement du sang; et le respect qui s'attachait à sa personne était un grand frein pour les caprices du pouvoir. Au commencement de i852, de vives instances lui furent faites pour entrer au Sénat ; mais le décret sur les biens de la famille d'Orléans venait d'être rendu, et il ne crut pas pouvoir, dans ces circonstances, donner une accep-
talion qui passerait peut-être pour un acquiescement. Assurément M. Thénard pouvait à tous égards très facilement se passer d'une sénatororie : mais, pour qui a été à même de juger, comme moi, du plaisir qu'il éprouvait à être dans les affaires, ce refus persévérant et secret, fait sans amertume, sans velléité aucune d'opposition, avec une adhésion d'ailleurs complète au nouveau pouvoir, a tous les caractères d'un sacrifice qui honore sa probité politique.
On ne peut pas séparer MM. Villemain et Cousin. Tous deux du même âge, tous deux enfants de Paris, tous deux connus par d'éclatants succès de collège, à la suite desquels devaient bientôt f enir les palmes académiques, on les retrouve comme émules à la Sorbonne, à l'Institut, au Conseil royal, à la Chambre des Pairs, au ministère. Mme de Broglie les appelait (( deux ennemis intimes ». Avec M. Guizot, ils sont la plus brillante expression littéraire de la période qui s'étend de la chute de l'Empire à celle du gouvernement parlementaire. L'un tenait avant tout à son beau talent d'écrivain et de critique ; l'autre avait pris le rôle, bien plus important encore, de fondateur et de chef, d'abordd'uneécolede philosophie, puis d'une philosophie d'Etat. Mais la littérature était vraiment la passion de M. Villemain ; et je suis persuadé que le philosophe, chez M. Cousin, n'a jamais été qu'un personnage. Et comme un littérateur, tel que M. Villemain, ne pouvait absolument séparer la philosophie de la littérature, il s'ensuit que M. Villemain, inclinant avec l'âge vers une littérature plus grave et plus philosophique, est aujourd'hui, si je ne me trompe, plus foncièrement philosophe que M. Cousin ; tandis
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que celui-ci, affranchi de son rôle public et officiel, se laisse aller dans sa vieillesse à ses goûts de curiosité littéraire, à ses fantaisies d'artiste, à ce que l'on pourrait appeler la littérature frivole, si le propre d'un rare talent n'était pas de donner de la valeur, aux yeux de l'homme de goût, môme à des frivolités.
Effectivement le parallèle a encore cela de remarquable, que M. Villemain, écrivain si classique et si pur dans sa jeunesse, a fait peu à peu, peut-être sans le vouloir et sans le savoir, des concessions à son temps ; tandis que M. Cousin, se dégageant des formules techniques, néologiques ou pédantesques, quand cet appareil a cessé de lui paraître nécessaire ou utile, a fini par atteindre une élévation, une pureté, une largeur de manière et de style, qui font de lui, aujourd'hui, l'écrivain dont la langue ressemble le plus à la langue des grands maîtres du xvn* siècle.
Dans le commerce privé et dans les affaires, on a souvent craint les quintes, les caprices, la mordante ironie de M. Villemain ; on a toujours d'autant plus redouté les mêmes choses de la part de M. Cousin, qu'on était bien persuadé qu'il n'avait de quintes et de caprices que quand il en voulait avoir. Au Conseil et au Ministère, M. Villemain saisissait et exposait les affaires avec une rare lucidité, mais en homme qui se plaît et s'attache aux détails, et qui redoute, peut-être outre mesure, de toucher aux grosses questions. Le Ministre n'oubliait jamais entièrement le rôle de professeur de littérature. Il retouchait les lettres de ses bureaux pour des impropriétés de tournure, et pré-
ferait volontiers, pour l'avancement, l'auteur d'un livre, même mauvais, à celui qui avait eu la sagesse de ne point du tout faire de livres.
M. Cousin est resté bien peu de temps ministre, quelques mois en i8/io, et deux heures le 2 4 février i8;i8. Ne parlons que de son ministère de iS/jo : il s'y est montré décidé, hardi aux innovations, impérieux dans l'exécution, tel qu'il faut être quand on se mêle d'opérer des réformes. Il m'exposait alors ses idées sur ses agrégés de Facultés. « Je veux, me disait-il, leur faire une position pitoyable » ; et l'énergie du reste répondait à la rigueur de l'arrêt. C'était pour les forcer à devenir de grands hommes ; mais on trouvera peutêtre que la recette est peu compatible avec les mœurs et les idées du temps présent.
Comme membre du Conseil royal, chargé de la philosophie, on sait avec quel despotisme M. Cousin gouvernait, ou plutôt commandait, ce qu'il appelait son régiment. On en a fait un des principaux griefs contre l'Université. Et, en effet, cette prétention de constituer une philosophie officielle aurait pu avoir dans d'autres temps et d'autres pays, de graves conséquences. Chez nous, ce ne pouvait être qu'une entreprise éphémère, bonne tout au plus à assurer à un homme de beaucoup d'esprit une importance viagère. Par la tournure des événements, M. Cousin a survécu à la dissolution de son régiment, le philosophe a comme disparu de la scène ; l'homme d'esprit et l'éloquent écrivain sont restés. De ceux qui avaient été ses disciples, ou qui l'auraient été, les tins sont devenus purement allemands, les autres sont revenus à une philosophie française, et l'idée d'une copie française de la philosophie
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allemande a dispanj. Or. cette idée était à peu près toute la philosophie de M. Cousin.
Mais ceux qui ne feront que lire M. Cousin n'auront qu'une imparfaite idée de son prodi^neux talent. Il faut l'entendre dans la conversation ; il fallait l'entendre au Conseil, dans les discussions autour d'un tapis vert, pouvant prendre tous les tons et passer, au gré de sa fantaisie ou des besoins de sa cause, du familier au relevé, du plaisant au sévère. Acteur incomparable, s'il n'eût trop chargé quelquefois son geste, son œil étincelanl donnait à sa parole une étonnante énergie. Il Borvenait au milieu d'une discussion dont il ignorait le sujet, se saisissait de la parole, provoquait des interruptions qui lui apprenaient peu à peu ce dont il s'agissait, et pouvait parler deux heures, en changeant insensiblement de terrain, en abandonnant, sans qu'il y parût trop, les arguments qui ne prenaient pas, les avTS qui n'auraient pas prévalu, et en concluant souvent, aux applaudissements de tous, dans un sens tout contraire à celui d'une bonne partie de sa plaidoirie. n eût été sainë nul doute, notre plus grand avocat, s'il n'était entré de bonne heure à l'Ecole normale, et s'il ne s'était avisé de s'y poser en philosophe. Seulement, de telles Béanc<?s, ravissantes pour un nouveau venu, finissaient par fatiguer, tant on voyait de temps perdu dans ces joutes de paroles.
Si M. Cousin était, sans comparaison aucune, l'orateur le plus éloquent du Con>^eil. M. Saint-Marc- Cirardin en était le parleur le plus disert, depuis que M. Villemain n'y siégeait plus. Sa faconde spirituelle, gracieuse, quoique un peu dédaigneuse, doucement épigrammatique, rappelait à la fois le rhéteur applaudi
à la Sorboiinc et le journaliste goûté par les lecteurs des Débats. Un moment, Joulï'roy avait remplacé au Conseil M. Cousin, devenu ministre, mais il ne s'y prodiguait pas et sa philosophie circonspecte n'avait pas les mêmes instincts de domination. Sa parole grave et méthodique, ralentie par son accent comtois, avait quelque chose de froid, de dédaigneux et même de terne, nesc'io quid plumbeatn, comme disait M. Cousin.