‹ SouvenirsChapitre 42 sur 50 · I. Cf. Institutions, p. i5 et suiv. (N. E · texte numérisé non relu

I. Cf. Institutions, p. i5 et suiv. (N. E

vernement y tient de son côté. Que le Gouvernement s'avise de ne plus exiger aucune espèce de latinité pour aucune espèce de fonctions ou d'emplois, et l'immense majorité des pères de famille abandonnera les établissements cléricaux, comme tous ceux où la base de l'enseignement sera la latinité. Je me souviens d'avoir articulé très nettement cette opinion en i83o à M. de Parieu, alors ministre, qui me faisait l'honneur de me consulter, et qui, tout pieux qu'il est, craignait que ses amis ne le menassent trop loin, au préjudice de l'intérêt politique, dont il avait la garde.

On n'en était pas là en 1802 ; j'aurai à expliquer comment on y est venu. En 1802, la bourgeoisie française tendait à reprendre les anciennes traditions et à ne voir dans la Révolution que la crise qui avait emporté les derniers restes des institutions nobiliaires et féodales. On ne peut pas blâmer le gouvernement consulaire de s'être prêté à cette disposition des esprits, et d'avoir repris les anciens errements en fait d'éducation publique, plutôt que de donner suite aux idées novatrices des philosophes et des savants de l'école révolutionnaire. Mais, d'un autre côté, il est bien clair que l'action du Gouvernement, dirigée dans un autre sens, aurait facilement réussi à donner aux idées courantes la tournure qu'elles ont prise d'elles-mêmes un tiers de siècle plus tard, moyennant quoi 1 influence et les velléités d'antagonisme du clergé sur ce terrain étaient neutralisées et les Gouvernements venus plus tard se trouvaient débarrassés de beaucoup de tracasseries.

l86 A. COURNOT

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