INTRODUCTION XIII
analogue les Considérations. Ainsi en est-il, par exemple, de son sentinienl sur l'hérédité du pouvoir royal, et sur la Révolution. Il juge que l'hérédité directe, la seule naturelle, est aussi la seule que les masses comprennent; il est d'avis que la Révolution de 1789 était nécessaire, etc.'... Notons-le donc en passant, mais pour nous attacher davantage à des analogies plus importantes, et à des théories générales qu'il a exprimées auparavant ou qu'il développera dans la suite. La conception du hasard historique, des vues sur la politique et sur l'enseignement surtout, rattachent très nettement selon nous, les Souvenirs, soit au Traité, soit aux Considérations, soit aux Institutions d'instruction publique en France.
Le rapprochement, ici, aura ce résultat de rendre plus explicites les doctrines de Cournot exposées dans le présent ouvrage. Elles y sont en ellet à l'étroit. Il ne pouvait guère en être autrement, sans que l'auteur, entraîné hors du cadre tracé, ne rompît l'harmonie et l'unité des Souvenirs. Il se contente donc de procéder par allusions, de résumer ce qu'il a dit ailleurs ou ce qu'il va développer plus tard longuement, de condenser enfin en quelques paroles, ou sous forme d'exemples, quelques-unes de ses idées les plus chères.
Il y a chez Cournot, si nous l'avons hien compris, et à travers toutes ses œuvres, un hasard objectif qui repose sur une contingence essentielle des choses, plus ou moins clairement mise en relief. Tantôt il l'appelle V extra-légal qui brise le déterminisme ; tantôt il l'envisage comme la donnée initiale et le fait, opposés et irréductibles à la loi, au même titre que l'histoire s'oppose à la théorie-. Il écrit ailleurs : « Quand le cours régulier des événements a réuni toutes les circonstances requises pour la maturité
1. Considérations, II, livre VI, p. ^63 et passim. — Souvenirs, p. ^2 ;