‹ Souvenirs - 1785-1870 - du feu duc de Broglie (volume 3)Chapitre 16 sur 31 · PREMIERS MOIS DE · texte numérisé non relu

PREMIERS MOIS DE

Avant de reprendre en main le lil de nos affaires intérieures, il peut être bon de rappeler, mais à grands traits et en peu de mots, quelques-uns des événements contemporains.

J'ai fait mention en son temps de la révolution belge qui suivit la nôtre à trois semaines environ de distance (29 juillet, 25 août). J'ai rapidement indiqué son origine, ses causes et ses premières vicissitudes; comment nous l'avons protégée diplomatiquement contre les conséquences éventuelles du traité de Vienne, et militairement contre l'invasion de la Prusse; comment enfin nous avions concouru, avec le gouvernement anglais, à la mettre à flot, en conférant l'arbitrage entre le roi des

Pays-Bas et ses sujets victorieux à la conférence qui siégeait à Londres depuis plusieurs mois pour le règlement des affaires de Grèce.

Sitôt dit, sitôt fait. Le premier acte de cette conférence fut d'imposer une suspension d'armes aux belligérants.

« Les troupes respectives, était-il dit dans ce premier acte, devront se retirer réciproquement, dans l'espace de dix jours, derrière la ligne qui séparait, avant le traité du 30 mai 1814, les possessions du prince souverain des Pays-Bas de celles qui ont été jointes à son territoire pour former le royaume des Pays-Bas. n

C'était préjuger indirectement le fond même du litige, tout en affectant de le laisser en suspens; c'était admettre provisoirement les arrêtés du gouvernement insurgé, déjà maître, en fait, de toutes les places fortes, à l'exception de la citadelle d'Anvers.

Aussi , iiQoins de six jours après, ce gouvernement improvisé s'empressait-il d'installer à Bruxelles un congrès de députés, par lui convoqués ad hoc, d'en recevoir les insignes du pouvoir exécutif et de s'en adjuger les fonctions, en attendant le rapport de M. Van de Weyer sur la négociation

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